Marchés / bilan hebdomadaire : le Brexit plombe le CAC40

Marchés / bilan hebdomadaire : le Brexit plombe le CAC40©Boursier.com
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Boursier.com, publié le vendredi 24 juin 2016 à 17h45

La semaine avait pourtant très bien commencé... Après avoir aligné cinq séances consécutives dans le vert, le CAC40 a violemment décroché suite à l'annonce de la victoire (surprise au regard des derniers sondages) du Brexit lors du referendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union Européenne. Ce vote en faveur du retrait britannique de l'UE laisse la place à beaucoup d'interrogations et d'incertitudes sur l'avenir du Vieux continent... Au final, l'indice vedette parisien perd 2,08% sur cinq séances (dont -8% aujourd'hui), à 4.107 points ce vendredi soir. Sur le front des entreprises, l'actualité est restée assez calme en cette fin juin. On notera néanmoins l'OPA de Randstad sur Ausy.

ECO ET DEVISES

D'après le Département américain au commerce, les ventes de logements neufs pour le mois de mai 2016 se sont établies au nombre de 551.000, contre 565.000 de consensus de place et 586.000 pour la lecture révisée du mois antérieur (619.000 précédemment évalué pour le mois d'avril). Les chiffres du jour sont donc doublement décevants, puisque la lecture de mai, inférieure aux attentes, est accompagnée d'une révision en baisse pour le mois d'avril.

Selon la National Association of Realtors (NAR) américaine, les reventes de logements existants pour le mois de mai 2016 se sont établies sur un rythme de 5,53 millions d'unités, en progression de 1,8% en comparaison du mois antérieur et de 4,5% en glissement annuel. Le consensus était toutefois un peu plus élevé, à 5,57 millions d'unités.

Selon le rapport gouvernemental américain, les commandes de biens durables pour le mois de mai 2016 sont ressorties en déclin de 2,2% en comparaison du mois antérieur (-0,3% hors transport), contre -0,7% de consensus de place (consensus stable hors transport). Les commandes de biens durables du mois d'avril avaient augmenté de 3,3% selon les révisions du jour (+0,5% hors transport).

Selon le rapport du Conference Board, l'indice des indicateurs économiques avancés américains pour le mois de mai ressort en repli de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de +0,2% et une hausse de 0,6% au mois précédent.

Les indicateurs avancés des directeurs d'achat de la zone euro (PMI Flash) pour juin sont mitigés. Markit annonce un PMI composite à 52,8 points, alors qu'il était attendu à 53 points, après 53,10 points en mai. Si le PMI flash manufacturier signe un plus haut de six mois à 53,8 points, au-delà des attentes, ce sont les services qui flanchent (52,4 contre 53,3 en mai, plus bas de 18 mois).

L'Indice Flash Composite de l'Activité Globale en France se replie de 50,9 à 49,4 en juin, sur un plus bas de 4 mois. L'activité stagne dans le secteur des services après 2 mois de croissance en avril et en mai, tandis que la production diminue pour le 3ème mois consécutif dans le secteur manufacturier, le taux de contraction atteignant son plus haut niveau depuis avril 2015.

Sur le marché des changes, l'euro vaut désormais 1,1115$, en repli d'environ 1,5% sur la semaine. Du côté du pétrole, le baril WTI s'affiche à 48,6$ et le Brent ressort à 48$. L'once d'or s'échange autour des 1.314 dollars (+1,6%).

LES VALEURS

Ausy (+26%) s'ajuste proche du prix d'OPA de Randstad France à 55 Euros par action. Pour Oddo, si le prix proposé, proche de son objectif de cours antérieur à l'offre (53 euros), peut sembler décevant étant donné le niveau du cours de bourse de début d'année, l'offre ressort néanmoins conforme aux multiples de transaction du secteur. Sur le calendrier, l'ensemble des approbations préalablement nécessaires (autorités européennes et américaines de la concurrence, autorités françaises au titre des investissements étrangers), l'examen de l'AMF et la consultation des instances représentatives du personnel devraient signifier une ouverture de l'offre dans le courant du quatrième trimestre 2016.

Eutelsat remonte de 6%. Après avoir atteint des planchers récemment sur fond d'ajustement massif du consensus, le titre de l'opérateur a profité du revirement d'Oddo Securities sur le dossier. Le broker est passé de "neutre" à "achat" sur la valeur, malgré un objectif de cours abaissé à 23 euros, au lieu de 25 euros visés précédemment.

Ingenico gagne 4,4%. Le spécialiste des terminaux et solutions de paiement a bénéficié d'un coup de pouce de Goldman Sachs. Selon nos informations, la banque d'affaires américaine a intégré Ingenico dans sa liste de valeurs préférées, avec un objectif de cours rehaussé de 115 à 134 euros et une recommandation "achat" reconduite.

Sanofi prend 2,4 %. Les dirigeants de Medivation ont envoyé aux actionnaires de la société un courrier fournissant des informations détaillées "de nature à corriger les demandes erronées de Sanofi dans sa tentative d'acquérir Medivation de façon opportuniste et à vil prix". Ils accusent aussi le laboratoire français, qui a formulé une offre à 9,3 milliards de dollars, de vouloir renverser un conseil d'administration expérimenté pour le remplacer par un assemblage d'administrateurs dont l'expérience dans les biotechnologies est faible.

A l'inverse, Genticel s'effondre de 55,7%. Le laboratoire a subi un nouveau revers dans le développement clinique de GTL001. Les analystes intermédiaires à 18 mois ne sont pas vraiment meilleures que celles à 12 mois : le candidat ne démontre pas plus d'efficacité que le placebo. Pire, les analyses par sous-groupe n'autorisent pas encore de conclusions utiles, alors que les premières données étaient plus optimistes concernant le coeur de cible, les femmes à cytologie normale. Plusieurs analystes ont revu leur copie sur la valeur afin d'intégrer cette information. Oddo a par exemple dégradé le dossier d'achat à neutre tout en coupant son objectif de cours de 15 à 2,50 euros.

Solocal redonne 17,3%. Le groupe a une fois encore fait nommer Maître Frédéric Abitbol par le Tribunal de commerce de Nanterre, pour jouer les intermédiaires avec ses créanciers, en tant que mandataire ad hoc. Il avait déjà joué un rôle identique en 2012 puis en 2014. Cette nomination permettra de faciliter l'obtention dans les meilleurs délais d'un accord équilibré prenant en compte les intérêts de l'ensemble des parties prenantes, dont les actionnaires et les créanciers, explique la société, qui doit une fois encore renégocier sa dette, trop lourde pour ses capacités opérationnelles. Cette nomination a une conséquence juridique, puisqu'elle constitue un cas de défaut au titre de la documentation qui régit les obligations garanties senior à échéance 2018 émises par PagesJaunes Finance & Co, ce qui déclenche leur exigibilité anticipée.

Les valeurs bancaires ont été également attaquées. Société Générale perd 12,3%, BNP Paribas chute de 9,2%, Crédit Agricole se replie de 4,9% et Axa trébuche de 7,1%.

Groupe Eurotunnel chute de 7,9%. Malgré le vote pour la sortie de la Grande Bretagne de l'Union Européenne, Eurotunnel a réaffirmé "sa vocation au service des échanges franco-britanniques et comme moteur du développement économique et commercial entre la Grande-Bretagne et le continent européen". L'issue du référendum ne devrait pas affecter les activités de la Concession du tunnel sous la Manche et Groupe Eurotunnel maintient ses objectifs. A savoir 560 ME d'EBIDTA en 2016 puis 605 ME d'EBITDA en 2017. Le tunnel sous la Manche est exclusivement régi par un Traité binational de deux Etats souverains, le Royaume-Uni et la France, signé il y a trente ans. Le Royaume-Uni n'ayant jamais été dans l'espace Schengen, les biens et personnes transitant par le Tunnel sous la Manche resteraient soumis aux mêmes procédures qu'actuellement.

Renault cède 7,8%. Le titre du constructeur a également fait les frais du vote des Britanniques en faveur du Brexit. Dans une étude récente sur le secteur automobile, Barclays expliquait que les constructeurs français étaient ceux qui avaient leplus à perdre en cas de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Air France KLM retombe de 5,2%. Si les titres des sociétés financières apparaissent en première ligne, les actions des compagnies aériennes européennes ont également été fortement secouées après le vote des Britanniques en faveur du Brexit. Au-delà de ses conséquences sur le trafic dans les mois et les années à venir, un Brexit risque de remettre en cause certains droits de survol dont disposent les compagnies britanniques. Le Royaume-Uni fait pour l'instant partie du marché unique européen du transport aérien, qui permet aux compagnies de desservir librement tous les pays membres, mais rien n'assure que ces droits seront maintenus à l'issue des négociations sur le Brexit. Outre l'incertitude générale qui règne sur les marchés,l'avertissement lancé par IAG, maison mère de British Airways, pèse fortement sur le secteur.

Zodiac Aerospace (-4%) subit des prises de bénéfices après avoir nettement progressé ces derniers jours. Les principaux actionnaires familiaux du groupe ont par ailleurs signé un engagement collectif de conservation, enregistré le 20 juin auprès de l'administration fiscale. Il court pour une durée de deux ans, prorogeable tacitement par périodes de 12 mois et porte sur environ 23% du capital et 34% du total brut des droits de vote.

Numéricâble SFR (-3,6%). SFR doit se préparer à une cure d'amaigrissement. Deux ans après le rachat de l'opérateur par Numericable, son propriétaire n'y va pas par quatre chemins. Alors que Patrick Drahi s'est engagé auprès des autorités françaises à ne procéder à aucun licenciement au cours des trois années suivant la reprise de SFR, il estime clairement le groupe en sureffectifs. "On est quand même dans une situation en France où tous nos concurrents ont licencié à tour de bras et nous on a pris une garantie sur trois ans à un moment où on vend à 1 euro par mois des abonnements. Ça n'a ni queue ni tête. Forcément ça crée des tensions parce qu'en fait les gens seraient plutôt d'accord (pour) organiser quelque chose maintenant plutôt que d'attendre encore un an sans savoir comment les choses vont s'organiser", a déclaré à la presse le magnat des télécoms

 
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