Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC préserve les 4.900 pts au terme d'une semaine hésitante

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC préserve les 4.900 pts au terme d'une semaine hésitante

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Boursier.com, publié le vendredi 13 janvier 2017 à 17h45

La deuxième semaine boursière de l'année s'est soldée par une performance quasiment stable sur le marché parisien, le CAC40 s'étant contenté de préserver la barre des 4.900 pts. L'indice phare parisien grappille 0,3% sur cinq jours. Il clôture ce vendredi à 4.922 pts (+1,2% pour la séance du jour)... L'Euro Stoxx 50, lui aussi, affiche une performance hebdomadaire presque stable et termine ce vendredi à 3.321 pts...

Les valeurs des compartiments pharmaceutiques et automobiles ont connu des évolutions erratiques cette semaine. Le secteur pharmaceutique et celui de la santé ont réagi aux commentaires plutôt virulents de Trump concernant le comportement des laboratoires. Notons tout de même que Sanofi a tenu bon cette semaine, s'affichant même en progression...

Dans l'automobile, le dossier des émissions polluantes s'est épaissi un peu plus, la première victime boursière ayant été Fiat Chrysler, suite aux accusations de l'agence américaine de protection environnementale. Renault a également souffert sur les marchés boursiers, mais le groupe a maintenu sa ligne de défense après l'ouverture supposée d'une enquête en France sur le 'dieselgate'.

En France, l'actualité économique de la semaine a notamment été marquée par de solides chiffres de la production industrielle, et une confirmation des données de l'inflation pour le mois de décembre...

La production industrielle française a nettement accéléré entre octobre et novembre, sur une hausse de 2,2%, alors que le consensus n'était positionné qu'à 0,6%. Sur un an, la production est en croissance de 1,8%, a précisé l'Insee. La dynamique provient notamment de l'industrie manufacturière, créditée d'un gain mensuel de 2,3%, pour un consensus à 0,7%. La progression mensuelle est forte dans les autres industries et le matériel de transport, positive dans les industries extractives et l'agroalimentaire et très élevée dans le raffinage. Elle est stable dans les biens d'équipement.

L'Insee a confirmé par ailleurs les données préliminaires sur l'inflation de décembre, avec des prix en hausse de 0,3% par rapport à novembre, et un glissement annuel à 0,8% en données IPCH. La hausse des prix à la consommation sur le mois résulte du rebond principalement saisonnier des prix des services. Les prix de l'énergie et de l'alimentation augmentent au même rythme qu'en novembre. Enfin, les prix des produits manufacturés sont stables après une légère baisse en novembre.

En Allemagne, la production industrielle a par contre quelque peu déçu les opérateurs... La production industrielle allemande était en hausse de 0,4% entre octobre et novembre, une dynamique un peu plus faible que ce que les économistes anticipaient (+0,6%). Sur un an, elle est cependant en hausse de 2,2%, contre 1,9% attendu, après la révision des données du mois d'octobre.

L'actualité économique européenne était quant à elle marquée par les chiffres de l'emploi et ceux de la production, qui n'ont pas révélé de grande surprise.

Le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s'établissait à 9,8% en novembre 2016, a fait savoir Eurostat, un niveau identique à celui d'octobre. Un an avant, il était de 10,5%. Il s'agit du taux le plus faible enregistré dans la zone euro depuis juillet 2009. Environ 15,898 millions de personnes étaient sans emploi dans la zone euro en novembre, soit une baisse de 15.000 personnes sur un mois et de 972.000 sur un an.

La production industrielle de la zone euro a dépassé les attentes au mois de novembre, comme le laissaient présager les solides performances déjà communiquées par plusieurs économies de la région. La production était en hausse de 1,5% sur un mois et de 3,2% sur un an, contre respectivement 0,6% et 1,6% pour le consensus. La dynamique s'appuie sur des hausses de 2,9% de la production de biens de consommation non durables, de 1,6% pour les biens intermédiaires, de 1,2% pour l'énergie et de 0,1% pour les biens d'investissement, tandis que la production de biens de consommation durables a diminué de 0,1%, a indiqué Eurostat.

La production industrielle britannique a progressé de 2,1% entre octobre et novembre, deux fois plus vite que ce que prévoyaient les économistes. La performance de la production manufacturière était aussi robuste, avec une hausse de 1,3% contre 0,5% anticipé.

Aux Etats-Unis, les marchés étaient surtout à l'écoute de Donald Trump, qui tenait mercredi sa première conférence de presse depuis son élection. Le président élu américain est resté fidèle à lui-même, s'attribuant le rapatriement récent des productions de certaines entreprises aux USA, et envisageant modestement de devenir "le plus grand producteur d'emplois que Dieu ait jamais créé"... Trump a fait trébucher le secteur pharmaceutique et biotechnologique cette semaine en bourse, promettant à l'avenir des prix plus compétitifs pour les médicaments... Le président élu a accusé les laboratoires d'agir "en toute impunité de manière criminelle" en renchérissant excessivement les prix de leurs traitements.

Les groupes pharmaceutiques ont "beaucoup de lobbyistes et beaucoup de pouvoir et il y a très peu de mise en concurrence" dans ce secteur, a-t-il critiqué. Le futur président républicain, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a aussi assuré qu'il ferait revenir aux Etats-Unis les sièges de nombreux laboratoires. Ces dernières années, les fusions-acquisitions dites "fiscales" se sont multipliées dans le secteur. Des groupes américains ont profité de ces opérations pour déménager leurs sièges dans des pays où les bénéfices sont moins taxés...

Donald Trump a estimé qu'il y avait eu de grandes nouvelles récemment, sur le plan économique, insistant sur sa volonté de faire revenir des emplois aux USA. Il a salué les décisions prises par certaines entreprises ayant déjà choisi de rapatrier une part de leur production aux USA depuis l'élection...

Au sujet de l'emploi, le futur dirigeant américain affirme ses ambitions. Trump juge qu'il sera en mesure de devenir "le plus grand producteur d'emplois que Dieu ait jamais créé". Une perspective d'autant plus réjouissante que les États-Unis ont déjà rejoint un niveau très proche du plein emploi sous l'administration Obama.

Évidemment, Trump n'a pas évité les sujets plus controversés comme sa relation avec Vladimir Poutine et la Russie, qu'il présente plutôt comme un atout...

Lors de sa conférence de presse new-yorkaise, Trump a annoncé avoir confié les rênes de son empire à ses deux fils aînés, Eric et Donald Jr, pour la durée de son mandat... "Mes deux fils ici présents, Don et Eric, vont diriger la société. Ils la dirigeront de façon très professionnelle. Ils ne m'en parleront pas", a dit M. Trump. Sa fille Ivanka, a-t-il précisé, coupera aussi ses liens avec l'empire économique Trump, en se concentrant sur son installation familiale à Washington. Il a aussi estimé que la loi américaine exclut le président des questions de conflit d'intérêts...

Le président élu a laissé la parole à son avocate, Sheri Dillon... Cette dernière a expliqué que le président élu lui avait "demandé de mettre en place une structure qui l'isolerait de la société. Tout sera réuni dans un trust. Donald Trump démissionnera de toutes ses fonctions. Il n'en entendra parler qu'à la télévision ou dans les journaux".

LES VALEURS

Nexans (+9% sur cinq jours) s'est bien repris en bourse cette semaine, grâce à l'appui de la Société Générale, qui a relevé sa recommandation de conserver à acheter sur le titre, en augmentant son objectif de cours de 53 à 61 euros. Le bureau d'études affiche désormais le second objectif le plus élevé de la place, derrière AlphaValue, acheteur avec une valorisation à 63,30 euros.

Casino (+7% sur la semaine). Bank of America Merrill Lynch a soutenu le dossier Casino cette semaine. Le broker a relevé de neutre à achat sa recommandation sur le distributeur, qu'il valorise 54 euros par action. Le consensus sur le dossier est encore clairsemé, mais a tendance à se renforcer à l'achat... Le groupe Casino publiera ses comptes le 17 janvier.

Kering (+7% sur la semaine). Le dossier Kering a bénéficié d'avis favorables de brokers cette semaine. Bernstein pense que 2017 sera un meilleur millésime pour l'industrie du luxe, sans pour autant constituer la nouvelle norme sectorielle. Le bureau d'études apprécie toujours Kering (objectif 230 euros) et LVMH (objectif 195 euros).

En amont des résultats du quatrième trimestre de Kering, dont la publication est prévue le 10 février prochain avant bourse, Barclays a pour sa part affiné ses projections tout en actualisant son modèle de valorisation. L'objectif de cours est porté à 235 euros pour le groupe de luxe, contre 205 euros dans le viseur précédemment, tandis que la recommandation 'surpondérer' est reconduite.

Cette semaine également, JP Morgan a livré un avis à 'surpondérer' sur Kering, en visant 240 euros. Enfin, UBS fixe maintenant un objectif de 236 euros, contre 212 euros auparavant...

LVMH (+5% sur cinq séances). Bernstein apprécie LVMH (objectif 195 euros), ce dernier étant son dossier préféré compte tenu de la bonne dynamique de certaines marques, Louis Vuitton en tête... Les chiffres prometteurs de Richemont ont également soutenu le secteur du luxe cette semaine en bourse...

STMicroelectronics (+7% sur la semaine). Barclays a récemment rehaussé son objectif de cours à 9,3 euros. UBS était lui resté 'neutre' sur le dossier auparavant, mais en révisant en hausse son cours cible à 10 euros, tandis que la Deutsche Bank ciblait de son côté un cours ajusté à 8,50 euros...

Liberum est resté acheteur et a rehaussé à 13,40 euros son objectif de cours. Le bureau d'études s'attend à une poursuite de l'embellie pour le groupe en 2017... Il a même relevé ses projections de marge brute pour le nouvel exercice et le suivant, même s'il concède que la visibilité pour 2018 est encore médiocre. Liberum pense que les leviers d'amélioration dont bénéficie le groupe franco-italien sont suffisamment nombreux pour permettre de réduire la volatilité des résultats... L'analyste est celui dont les recommandations sont les plus fiables sur un an sur le dossier, mais celui de Morgan Stanley est classé au 3ème rang en fiabilité des opinions à l'échelle du secteur !

Spie (+5% sur cinq jours). Le dossier a profité du relèvement de recommandation d'Exane BNP Paribas, de 'neutre' à 'surperformance', pour un objectif de cours ajusté de 19 à 24,50 euros.

Ingenico (+6% sur la semaine). Le flux acheteur a notamment été alimenté par un relèvement de recommandation d'un broker influent. Bank of America Merrill Lynch est ainsi passé à l'achat sur le dossier, contre une opinion 'neutre' précédemment. La valorisation est fixée à 87 euros.

UBS reste quant à lui 'neutre' sur le dossier, mais a remonté malgré tout son cours cible à 80 euros. Après avoir lancé l'été dernier un avertissement sur ses résultats, le management du groupe a renoué dernièrement le fil avec les investisseurs en organisant une présentation sur son offre 'omnicanale', au coeur des enjeux de demain dans le marché des services de paiement... Macquarie en avait déjà pris acte en débutant le suivi du dossier à 'surperformance' avec un cours cible de plus de 81 euros.

Pour Natixis, "même si aucun élément de nature à entraîner un 'rerating' ou un relèvement des chiffres n'a été communiqué, nous pensons que l'objectif a été atteint... Ingenico a bien communiqué sur la spécificité de son offre, qui souligne les progrès du groupe dans les services, au travers d'acquisition successives, dont Easycash en 2010, Ogone en 2013 et GlobalCollect en 2014". Verdict : une opinion 'acheter' et un cours cible de 110 euros maintenu...

Vallourec (+4% sur cinq jours). Oddo Midcap est sorti de son forum annuel organisé à Lyon avec de nouvelles convictions sur Vallourec. Le management s'est montré confiant quant à la reprise constatée aux Etats-Unis, qui paraît plus rapide que prévu. Le bureau d'études estime que les taux d'utilisation des capacités de production sont revenus dans la zone des 60 à 70%, alors qu'elles n'étaient que de 25% un an plus tôt. Il ne faut pas croire pour autant que l'embellie est générale, car les autres régions souffrent encore, tandis que le groupe va continuer à subir des pertes car il livre actuellement des commandes engrangées à des conditions tarifaires très défavorables. "Nous confirmons le mouvement de recovery engagé, en dépit d'un premier semestre 2017 mauvais, avec une structure financière mieux maîtrisée", précise Oddo, qui joue le redressement à moyen terme avec une recommandation relevée de neutre à achat et un objectif de cours de 8,50 euros par action, contre 4,50 euros précédemment.

Faurecia (+5% sur la semaine). Le groupe a bénéficié du relèvement de la recommandation d'Exane BNP Paribas, qui est passé de 'neutre' à 'surperformance' dans une vaste étude sectorielle de rentrée. L'objectif de cours a été relevé de 34 à 45 euros. Jefferies apporte aussi sa pierre à l'édifice en confirmant son avis à l'achat et en relevant de 37 à 44 euros son objectif. Enfin, JP Morgan avait recommandé en début de semaine à ses clients d'opter pour les noms les plus défensifs du secteur, en citant notamment Faurecia, valorisé 55 euros par action.

Peugeot (+4% sur cinq jours). PSA va bénéficier cette année de la montée en cadence de plusieurs nouveautés majeures lancées l'an dernier. Le succès commercial du nouveau SUV Peugeot 3008 illustre cette idée avec déjà 60.000 commandes enregistrées en trois mois. La marque Peugeot se félicite d'ailleurs que ce niveau dépasse de 70% ses objectifs fixés avant le lancement.

Lancé dans une trentaine de pays, le déploiement dans toutes les régions du 3008 se poursuit sur le premier trimestre 2017. En France, il était déjà leader du segment C-SUV sur les trois derniers mois de l'année 2016. Ce nouveau 3008 permet aussi de poursuivre la montée en gamme de la marque avec 86% des commandes réalisées sur les niveaux de finition supérieurs. Le nouveau 3008 a été commercialisé à la mi-octobre 2016 après sa présentation au Mondial de l'Automobile de Paris. Il a été distingué par plusieurs récompenses comme le trophée "L'Argus" du meilleur SUV.

Le Groupe PSA a vendu 3,146 millions de véhicules en 2016, soit 5,8% de plus qu'en 2015. En Europe, le décompte atteint 1,93 million d'unités, soit 3,6% de croissance. De quoi compenser en partie le trou d'air en Chine et en Asie du Sud-Est où les ventes chutent de -16% à 618.000 véhicules. La dynamique est forte en Amérique Latine (+17,1% à 183.900 véhicules) et en Moyen-Orient Afrique (+112,8% à 383.500 véhicules avec le retour de l'Iran).

Bouygues (+3% sur la semaine). Les bâtiments qui abriteront les deux réacteurs nucléaires EPR d'Hinkley Point C seront réalisés par le consortium monté entre Bouygues et Laing O'Rourke, qui a décroché le contrat auprès d'EDF. La part revenant au groupe français de BTP est évaluée à 1,7 milliard d'euros. Il prévoit de mobiliser jusqu'à 3.500 salariés en période de pointe sur le projet.

Technicolor (-23% sur cinq jours). Le groupe a lancé un avertissement sur son EBITDA 2016, attendu voisin de 535 millions d'euros, alors que le groupe avait jusque-là communiqué sur une fourchette de 600 à 630 ME.

La direction, tout en insistant sur le respect des autres engagements, a expliqué ce décalage assez important par divers facteurs... Il est un peu moins conséquent si l'on retire les 15 ME d'effets de change et de pertes des activités non poursuivies. Mais il s'explique surtout par le "segment maison" connectée, la branche sur laquelle le groupe fonde le plus d'espoirs : Les revenus n'ont pas atteint les objectifs sur ce segment, dont l'EBITDA s'est limité à 215 ME. La division "Services Entertainment" est en revanche à la hauteur des attentes. Le segment Technologie enregistrera un EBITDA ajusté d'environ 190 ME. Plus inquiétant, jugent les professionnels, la visibilité sur 2017 est mauvaise...

CGG (-13% sur la semaine). La qualité crédit de CGG vient de perdre deux nouveaux rangs chez Standard & Poor's, qui a abaissé sa notation de deux crans cette semaine, de 'CCC+' à 'CCC-', pour intégrer les commentaires récents du management sur la nécessité d'une nouvelle recapitalisation. Il s'agit du 19ème rang le plus bas sur une échelle de 22. La note de recouvrement reste fixée à "2" pour la dette senior sécurisée, notée 'CCC' contre 'B-' jusque-là, ce qui signifie que l'agence estime qu'il y a une probabilité élevée pour les créanciers de récupérer leur mise en cas de défaut (dans le haut de la tranche 70 à 90%). En revanche, elle descend à 6 pour la dette non sécurisée, notée 'C' contre 'CCC' précédemment, signe d'une faible probabilité de recouvrement.

Seb (-7% sur cinq jours). C'est surtout l'abaissement de la recommandation de MainFirst d'achat à neutre qui a provoqué ces dégagements, même si l'objectif de cours de l'analyste, abaissé de 140 à 135 euros, demeure encore au-dessus des cours actuels. L'avis de l'analyste Mourad Lahmidi compte puisqu'il est classé au deuxième rang des recommandations les plus fiables sur le dossier depuis un an...

Sodexo (-4%) sur la semaine). Suite au point d'activité trimestriel du groupe de restauration collective et de services aux entreprises, Oddo Securities a abaissé sa recommandation d'achat à neutre, pour un objectif ramené de 120 à 115 euros. Après avoir analysé à froid les chiffres dévoilés par Sodexo, le broker reste sur sa faim et n'exclut plus désormais une remise en cause des objectifs 2017 à l'issue du premier semestre, si la croissance du chiffre d'affaires de la période ressortait étale. En outre, Oddo Securities n'identifie pas de catalyseurs à court terme, alors que le plan de rachat d'actions pour 300 ME laisse peu de place à de nouvelles (bonnes) surprises.

 
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