Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC s'envole de 3% sur les 5.400 pts

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC s'envole de 3% sur les 5.400 pts©Boursier.com
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Boursier.com, publié le vendredi 05 mai 2017 à 17h45

La semaine boursière s'est révélée particulièrement propice sur le marché parisien, le CAC40 s'étant adjugé environ 3,1% pour franchir enfin les 5.400 pts, au plus haut de 9 ans ! Notons qu'il s'agissait d'une semaine de quatre jours sur la place parisienne, puisque cette dernière était fermée lundi... L'indice phare parisien clôturait au plus haut du jour ce vendredi, sur un gain de 1,12% à 5.432 pts.

De multiples facteurs sont venus soutenir les marchés actions, mais la cote française a 'surperformé' notablement dans l'espoir d'une victoire d'Emmanuel Macron, dont le programme économique est jugé plutôt favorablement par les investisseurs.

Statistiques rassurantes en Europe

L'actualité économique française et européenne s'est révélée par ailleurs assez positive dans l'ensemble cette semaine, avec notamment de bons indices PMI...

L'indice PMI manufacturier français d'avril, dont la version définitive a été publiée mardi, est resté à 55,10 points selon Markit. Les industriels hexagonaux ont enregistré la plus forte croissance de la production et des nouvelles commandes depuis six ans, tandis que la situation de l'emploi reste sur une pente ascendante. "Les fabricants se disent de nouveau optimistes quant à une hausse de l'activité au cours des douze prochains mois, tendances suggérant que l'actuel essor du secteur manufacturier français devrait se poursuivre au cours des prochains mois", selon l'économiste de Markit Alex Gill.

La lecture finale de l'indice PMI manufacturier de la zone euro est ressortie légèrement inférieure à la lecture flash (56,7 vs. 56,8), mais elle reste fermement ancrée dans la zone d'expansion. Les données de l'Autriche, de la France et de l'Italie atteignent des sommets six ans. L'Irlande, l'Espagne et la Grèce sont à des pics de deux à quatre mois. En Allemagne, l'indicateur est sur un plus bas de deux mois, mais il reste supérieur à celui de tous les autres pays dans lesquels Markit enquête (58,2).

Le taux de chômage est resté stable dans la zone euro en mars, selon les données publiées mardi par Eurostat. Un an plus tôt, il ressortait à 10,2%. Le niveau, comme en février, est le plus faible depuis avril 2009 dans la région. Cela signifie néanmoins que 15,515 millions de personnes étaient sans emploi fin mars dernier, ce qui reste inférieur de 991.000 au niveau atteint en mars 2016. Sans la zone euro, il va de 3,9% en Allemagne à 23,5% en Grèce.

Le PIB de la zone euro a progressé de 0,5% au cours du premier trimestre 2017, a fait savoir Eurostat mercredi, conformément à ce que prévoyaient les économistes. Ce rythme est identique à celui qui avait été réalisé au quatrième trimestre 2016. Par rapport au même trimestre de l'année précédente, le PIB corrigé des variations saisonnières a progressé de 1,7%. Dans l'UE à 28, le PIB trimestriel était en hausse de 0,6%, et de 1,9% sur un an.

Pétrole en berne

Tous les efforts de l'Opep et ses alliés pour réduire leur production pétrolière et soutenir les cours de l'or noir semblent désormais réduits à néant. Le cours du baril de brut léger américain WTI a ainsi plongé jeudi de 4,8%, pour finir à 45,5$ (contrat à terme de juin sur le Nymex), retombant à son niveau précédant l'accord du 30 novembre 2016 à l'Opep. Ce vendredi, les cours du brut tentent un sursaut technique léger de +2% sur le WTI à 46,5$ le baril.

Le 30 novembre dernier, l'Opep avait décidé d'une baisse de sa production de 1,2 million de barils par jour, suivi le 11 décembre par d'autres pays, dont la Russie, qui ont porté la baisse à environ 1,8 mbj sur le premier semestre 2017. Dans un premier temps, ces annonces avaient fait bondir le baril de brut WTI de près de 20%, lui faisant franchir le seuil des 54$ le 21 février dernier.

Mais plus les semaines passent et plus il apparaît que ces réductions de production, bien que mises en oeuvre avec discipline, sont contrecarrées par l'importance de stocks mondiaux de brut, et surtout, par la hausse rapide de la production de pétrole de schiste aux États-Unis.

Dans ces conditions, les chances de l'Arabie saoudite, membre le plus influent de l'Opep, d'éponger les excédents sur les marchés mondiaux, et de faire remonter les cours vers la barre des 60$, semblent désormais presque nulles. Les accords actuels entre l'Opep et ses alliés devraient cependant être prolongés au second semestre, estiment les analystes. Mais ces derniers doutent de l'efficacité de ces mesures, à moins que les coupes ne soient revues nettement à la hausse, une hypothèse jugée improbable.

Mercredi, l'agence américaine de l'Energie (EIA) a annoncé que la production de pétrole des Etats-Unis avait augmenté à 9,29 millions de barils par jour la semaine dernière, son plus haut niveau depuis août 2015.

Statu quo de la Fed

Comme prévu par la quasi-totalité des analystes financiers, la Réserve fédérale n'a pas modifié mercredi sa politique monétaire. Elle a maintenu son principal taux directeur, le taux des 'fed funds', dans une fourchette de 0,75% à 1%. La banque centrale américaine a en outre jugé "transitoire" le ralentissement de la croissance économique américaine au premier trimestre, qui a chuté à seulement 0,7% en rythme annuel. Rappelons que lors de sa précédente réunion, les 14 et 15 mars, la Fed avait relevé ses taux d'un quart de point, et laissé entendre que deux autres tours de vis étaient à attendre en 2017.

Dans son communiqué publié à l'issue de sa réunion de politique monétaire de deux jours, la Fed a souligné mercredi la solidité du marché de l'emploi américain, ce qui devrait conforter les anticipations de la poursuite du cycle de hausse des taux, probablement lors de la prochaine réunion des 13 et 14 juin prochain.

"Le comité considère que le ralentissement de la croissance au premier trimestre est vraisemblablement transitoire", a écrit la Fed dans son communiqué adopté à l'unanimité. Le marché du travail a continué de se renforcer alors que la croissance de l'activité ralentissait et "les fondamentaux soutenant la croissance continue de la consommation demeurent solides", a poursuivi la banque centrale américaine.

Selon le baromètre FedWatch du CME Group, qui mesure les attentes des traders, la probabilité d'un nouveau relèvement d'un quart de point le 14 juin prochain était ce vendredi de 83%, contre 17% pour la probabilité d'un nouveau statu quo.

LES VALEURS

EDF (+14% sur la semaine) s'est fortement redressé en bourse cette semaine, retrouvant enfin un courant acheteur après ses planchers historiques inscrits fin avril à 7,3 euros. Emmanuel Macron pourrait décaler en effet la réduction de la part du nucléaire en France, par rapport aux ambitions de la loi de transition énergétique adoptée en 2015. Il pourrait ainsi reporter en cas de besoin l'atteinte des objectifs fixés en matière nucléaire, selon son entourage, qui s'est confié à l'agence Reuters.

L'Assemblée générale mixte annuelle des actionnaires d'EDF se tiendra par ailleurs le 18 mai 2017 à 10 heures à la Salle Pleyel, à Paris. Le dividende au titre de l'exercice 2016 s'élève à 0,90 euro par action, avec option de paiement en actions nouvelles, soit un taux de distribution de 60%. La période d'exercice de l'option de paiement en actions nouvelles ira du 6 juin au 20 juin 2017 inclus. La mise en paiement du solde du dividende et règlement-livraison des actions se feront le 30 juin.

Air France-KLM (+9% cette semaine) poursuit son ascension à la Bourse de Paris. La compagnie continue à profiter de la publication de ses résultats du premier trimestre, en particulier des indications positives sur les réservations et les rendements sur le reste de l'année. Le titre est soutenu par une série de révisions en hausse des attentes des analystes. C'est le cas chez Oddo, qui évoque une amélioration certaine de l'environnement, mais conserve un biais neutre compte tenu des incertitudes persistantes sur les mesures structurelles. L'analyste a malgré tout relevé de 6,60 à 7,90 euros son objectif de cours. Société Générale, pour sa part, est le premier bureau d'études à revenir à un objectif de cours à deux chiffres, puisqu'il vise désormais 10 euros, contre 9 précédemment. L'analyste reste acheteur du titre. HSBC a relevé de conserver à acheter son opinion et vise 9,50 euros, contre 6 euros précédemment.

Avant la publication des trimestriels, le bilan des analystes laissait apparaître un objectif moyen de 6,77 euros. Ce matin, l'objectif moyen ressort à 7,20 euros.

Seb (+5% cette semaine) bénéficie toujours des derniers résultats financiers publiés fin avril. Au 1er trimestre 2017, le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 1,527 milliard d'euros, en hausse de 37%. Il inclut une croissance organique de 128 ME, soit 11,5%, un effet devises positif de 9 ME et un effet périmètre et reclassement de 275 ME. Ce dernier comprend les ventes sur 3 mois d'EMSA (intégrée à partir du 1er juillet 2016) et de WMF, consolidée depuis le 1er janvier 2017, pour respectivement 24 ME et 274 ME. Il intègre aussi un reclassement de 23 ME de certaines dépenses marketing de Supor en diminution des ventes, sans impact sur le Résultat Opérationnel d'Activité.

Veolia Environnement (+8% sur la semaine). Le groupe a dévoilé hier des résultats appréciés. Veolia a enregistré, au premier trimestre, une croissance soutenue du chiffre d'affaires à 6,27 MdsE, soit +4,6%, contre 5,99 MdsE au T1 2016, retraité. A change constant la progression est de 4,5%. De son côté, l'EBITDA a progressé de 0,9% à 863 ME, contre 855 ME un an plus tôt. L'EBIT courant est ressorti en croissance de 6,1%, à 431 ME et le résultat net courant part du groupe, de 155 ME, s'est affiché en hausse de 3,7% et de 7% hors plus-values. Au regard du démarrage "satisfaisant" de l'exercice 2017, Veolia a confirmé ses perspectives.

Veolia Environnement estime ainsi que 2017 sera une année de transition, avec un redémarrage de la croissance du chiffre d'affaires, une stabilité ou une croissance modérée de l'Ebitda avec un effort accru de réductions de coûts, portées à plus de 250 millions d'euros... En 2018, la société va poursuivre la croissance de son chiffre d'affaires avec une reprise de croissance plus soutenue de l'Ebitda. L'objectif de réduction de coûts sera supérieur à 300 ME. En 2019, Veolia compte poursuivre la croissance du chiffre d'affaires avec le plein effet des économies. L'Ebitda serait compris entre 3,3 et 3,5 milliards d'euros (hors IFRIC 12).

Nokia (+7% sur quatre séances) a bénéficié d'un rattrapage boursier cette semaine, après avoir déçu fin avril par ses comptes du 1er trimestre. Sur cette période, le groupe finlandais d'Espoo avait affiché 520 M$ de perte, soit un déficit de 10 cents par action. Le bénéfice ajusté par action ressortait positif de 3 cents, mais restait légèrement inférieur aux attentes de marché. Les revenus s'établissaient à 5,73 Mds$... Nokia pourrait par ailleurs vendre sa division dédiée aux câbles sous-marins, actif hérité d'Alcatel. L'unité Submarine Network Solutions (ex-ASN) pourrait être valorisée environ 800 ME, estiment les sources de l'agence Reuters...

JCDecaux (-5% sur la semaine). Les commentaires de JCDecaux sur son chiffre d'affaires du premier trimestre et ses perspectives du reste de l'exercice 2017 sont loin d'avoir convaincu les investisseurs, qui sanctionnent le titre. Le chiffre d'affaires ajusté des trois premiers mois de l'année s'est contracté de 1% en données organiques, à 757,6 millions d'euros. Pour le second trimestre, la société pense renouer avec la hausse organique, mais signale en parallèle que le marché chinois ne se redresse pas et que les annonceurs français sont timides dans le contexte des élections présidentielle et législative dans l'Hexagone.

"La prévision du second trimestre peut paraître faible", estime Annick Maas, de Liberum, qui reste malgré tout à l'achat en jugeant que la base de comparaison va devenir plus aisée sur la suite de l'exercice. Société Générale et Morgan Stanley, eux, continuent à passer leur chemin, tandis que Barclays est à pondération en ligne, avec un objectif réduit de 31,20 à 31 euros.

Le groupe a par ailleurs porté le dossier 'Vélib 2' devant le Conseil d'Etat, après avoir été retoqué par le tribunal administratif. JCDecaux et ses partenaires, la RATP et la SNCF, estiment que le contrat a été indûment octroyé à leur rival Smoovengo.

 
2 commentaires - Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC s'envole de 3% sur les 5.400 pts
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    pigeonxxl38 -

    dans la maçonnerie il existe du ciment artificiel les maçons disent "de l'artif" en pensant qu'en anticipant l'élection maintenant assurée de Macron la bourse monte artificiellement comme un bouchon !

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    FelixM -

    Au-dessus de 5 400, la présidentielle actée (dans la mesure où le FN ne passe pas), on peut commencer à réfléchir à des prises de bénéfices :
    - Il n'est pas certain que les législatives aboutissent à une chambre gouvernable,
    - La saisonnalité devient moins favorable, la période de mai à octobre se révélant statistiquement fable.

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