Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC se redresse et vient taquiner les 4.500 pts

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC se redresse et vient taquiner les 4.500 pts

Bourse de Paris

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Boursier.com, publié le vendredi 15 avril 2016 à 17h45

La semaine boursière s'est révélée globalement assez positive sur les places mondiales. Le CAC 40 n'a pas démérité et s'adjuge plus de 4,4% sur cinq séances, de retour dans la zone des 4.500 pts, malgré la consolidation prudente de fin de semaine. Le CAC clôture ce vendredi en repli de 0,36% à 4.495 pts.

Certes, la cote parisienne demeure légèrement dans le rouge (-3%) depuis le début de l'année, mais le chemin parcouru demeure notable depuis les points bas annuels inscrits sous les 3.900 pts en février.

Les cours du brut sont revenus sur les 40$ le baril en cette fin de semaine sur le Nymex, avant la réunion des producteurs pétroliers à Doha ce week-end. La réunion pourrait être l'occasion d'un accord sur un gel de production, afin de faire face à l'excédent d'offre...

Du côté des "produits dopants" monétaires, alors que les vannes de la BCE demeurent généreusement ouvertes, les débats se poursuivent du côté de la Fed, concernant les éventuels durcissements monétaires à venir (deux ou trois hausses de taux cette année ?). Les actions futures de la Fed dépendront bien évidemment de l'évolution de l'économie américaine et de celle de l'inflation...

Dans l'actualité économique cette semaine en Europe, les opérateurs pouvaient suivre, justement, des chiffres de l'inflation plutôt contrastés. La production industrielle européenne a de son côté déçu... En outre, le FMI s'est distingué en révisant en baisse ses prévisions de croissance mondiale.

L'inflation annuelle est ressortie nulle en mars dans la zone euro après avoir reculé de 0,2% le mois précédent. En séquentiel, les prix à la consommation ont augmenté de 1,2% contre une hausse de 0,2% en février, précisait Eurostat cette semaine. Le consensus tablait sur une progression mensuelle de 1,2% et sur un repli de 0,1% en glissement annuel. L'inflation core annuelle atteint 1%.

L'excédent commercial de la zone euro avec le reste du monde a atteint 19 milliards d'euros en février contre 20 MdsE un an plus tôt. Les exportations ont progressé de 1% sur la période alors que les importations ont augmenté de 2%, toujours selon Eurostat cette semaine.

La production industrielle, corrigée des variations saisonnières, a diminué de 0,8% dans la zone euro en février après avoir bondi de 1,9% le mois précédent. Le consensus tablait sur un repli de 0,7%. En glissement annuel, la production affiche une hausse de 0,8% contre +1,2% attendu.

La hausse des prix a accélèré au Royaume-Uni. Selon les données de l'Office national des statistiques, l'inflation a atteint 0,5% en mars, un niveau plus observé depuis décembre 2014. Le consensus tablait sur une inflation de 0,4%. L'inflation 'core' est ressortie à 1,5%. En séquentiel, les prix à la consommation ont affiché une progression de 0,4% le mois dernier contre 0,2% en février et une hausse de 0,3% anticipée par le consensus.

L'inflation allemande a atteint 0,3% en mars après avoir été nulle le mois précédent. En séquentiel, les prix à la consommation allemands ont affiché une hausse de 0,8%. En données harmonisées aux normes européennes, l'indice ICPH a progressé de 0,1% sur un an et de 0,8% en séquentiel. Des données qui confirment l'estimation initiale de l'Office fédérale des statistiques et en ligne avec le consensus.

L'indice français des prix à la consommation a progressé de 0,7% en mars après avoir augmenté de 0,3% le mois précédent. Sur un an, l'IPC a reculé de 0,1%, après -0,2 en février, selon l'Insee. L'ICPH a affiché pour sa part une hausse de 0,8% contre une progression de 0,7% attendue. Des évolutions en ligne avec l'estimation initiale de l'Insee. L'inflation sous-jacente (hors tarifs publics et produits à prix volatils) a atteint 0,1% en mars et affiche une hausse de 0,6% sur un an (+0,7% en février).

Le Fonds monétaire international a abaissé pour la quatrième fois en un an ses prévisions de croissance mondiale du fait du ralentissement de l'économie chinoise, de la faiblesse persistante des prix du pétrole et de la fragilité de la reprise dans les économies développées. Dans ses dernières perspectives économiques mondiales dévoilées cette semaine, le FMI table sur une croissance de 3,2% cette année et de 3,5% en 2017 contre des prévisions de respectivement 3,4% et 3,6% en janvier.

Il met en garde contre un risque de stagnation généralisée et dit s'inquiéter du risque de voir une croissance plus faible rendre l'économie mondiale plus vulnérable à des chocs comme la dépréciation des devises ou l'aggravation de conflits géopolitiques.

L'Institution a notamment réduit ses prévisions concernant les Etats-Unis et l'Europe. Outre Atlantique, la croissance est désormais anticipée à 2,4% (contre 2,6% précédemment), en raison de l'impact attendu de l'appréciation du dollar sur les exportations américaines et de celui de la faiblesse des prix du pétrole sur les investissements dans le secteur de l'énergie. Le PIB américain devrait progresser de 2,5% en 2017 contre 2,6% espéré en janvier. Sur le Vieux continent, l'économie devrait enregistrer une croissance de 1,5% cette année et de 1,6% l'an prochain contre +1,7% attendu en janvier pour les deux années. Le FMI a également fortement réduit ses estimations pour le Japon, où le PIB n'est plus attendu qu'en hausse de 0,5% cette année (contre 1% auparavant).

A l'inverse, l'Institution basée à Washington a revu en hausse ses prévisions de croissance pour la Chine, à 6,5% cette année et 6,2% en 2017 contre 6,3% et 6,0% respectivement, pour tenir compte notamment des récentes mesures de soutien à l'activité annoncées par Pékin.

A +6,7% au T1, l'économie chinoise a progressé au rythme le plus faible depuis sept ans au premier trimestre 2016, mais des signes d'amélioration sont visibles, en particulier dans le secteur de la consommation et de l'industrie. Les ventes au détail (+10,5%), la production industrielle (+6,8%) et les investissements (+10,7%) ont progressé plus fortement que prévu... La croissance sur un an était de 6,8% au quatrième trimestre 2015.

Aux États-Unis, les statistiques ont été diversement appréciées cette semaine, avec notamment de bons chiffres hebdomadaires de l'emploi, un solide indice manufacturier new-yorkais, mais aussi des déceptions concernant par exemple les ventes de détail ou la production industrielle...

Les ventes de détail aux Etats-Unis pour le mois de mars 2016 se sont inscrites en baisse de -0,3% en comparaison du mois antérieur, contre +0,1% de consensus de place. Hors automobile, les ventes de détail sont ressorties en progression de +0,2% en mars, contre +0,4% de consensus. Enfin, hors automobile et essence, les ventes ont augmenté de +0,1%, contre +0,3% de consensus.

D'après la Fed ce vendredi, la production industrielle américaine pour le mois de mars 2016 est ressortie en repli de 0,6% en comparaison du mois antérieur, contre -0,1% de consensus de place et -0,6% pour la lecture révisée du mois de février. La production manufacturière a décliné de 0,3% en mars, en comparaison du mois antérieur, contre +0,1% de consensus et -0,1% en février. Le taux d'utilisation des capacités de production est enfin ressorti à 74,8% en mars, contre 75,4% de consensus.

Le Département US au Travail a annoncé que les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage, sur un rythme ajusté des variations saisonnières, avaient reculé de 13.000 en comparaison de la semaine antérieure, à 253.000. Un chiffre meilleur qu'attendu puisque le consensus tablait sur 270.000... Les inscriptions au chômage ressortaient même au plus bas depuis décembre 1973.

L'indice d'activité manufacturière régionale dit 'Empire State' de la Fed de New York pour le mois d'avril 2016 est ressorti positif, à 9,56, contre un consensus de place de +2 et un niveau de 0,62 un mois auparavant. L'indicateur du jour traduit donc une accélération de l'expansion de l'industrie manufacturière de la région. Mieux encore, l'indice ressort sur son meilleur niveau depuis le mois de janvier 2015...

LES VALEURS

CGG (+11% sur cinq séances). Le dossier a profité encore cette semaine du meilleur niveau des prix de l'or noir. La Société Générale avait récemment relevé à l'achat sa recommandation sur CGG. La SocGen était ainsi passée de conserver à achat en fin de semaine dernière, tout en ajustant prudemment en baisse son objectif de cours, de 1,69 à 1,10 euro.

Carrefour (+11% sur cinq jours). La performance trimestrielle de Carrefour a été saluée par le marché. Le groupe a fait état d'une accélération de sa croissance organique au premier trimestre grâce à une forte progression en Europe et au Brésil, tandis que ses ventes en France ont marqué le pas. Le chiffre d'affaires a atteint 20,05 milliards d'euros (en recul de 4,3% en données publiées, pour cause de baisse du real brésilien), en ligne avec les attentes. Hors taux de change, essence et effets calendaires, la croissance a atteint 3,2%, après +2,4% au quatrième trimestre 2015.

Interrogé sur le consensus des analystes sur le résultat opérationnel courant 2016, Pierre-Jean Sivignon, directeur financier du groupe, a déclaré lors d'une conférence téléphonique avec la presse qu'un chiffre d'environ 2,50 milliards d'euros "semblait raisonnable à ce stade".

EDF (+13% sur la semaine). EDF travaillerait à un vaste plan d'économies. Selon le site internet du 'Figaro', qui a publié jeudi soir ces informations, un plan drastique d'économies des charges d'exploitation, de l'ordre d'un milliard d'euros, serait sur la table. Ce plan a été expressément demandé par les pouvoirs publics en contrepartie des garanties apportées par l'Etat pour sécuriser la trajectoire financière de l'entreprise, ajoute le quotidien.

Il y a deux mois et demi, l'électricien public, dont l'Etat contrôle 84% du capital, avait déjà annoncé 3.500 suppressions de postes, soit 5% des effectifs de la maison mère, dans le cadre de son plan à moyen terme (PMT) sur la période 2016-2018. Le groupe compte donc aller plus loin, et travaillerait sur deux pistes en particulier, une réduction accrue des effectifs et une modification de la grille de rémunération de ses agents, précise le journal, qui ne cite pas de sources...

EDF, déjà fortement endetté, doit faire face à de lourds investissements, notamment un projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR en Grande-Bretagne, à Hinkley Point. Le coût de ce chantier est estimé à 24 milliards d'euros, dont 66,5% à la charge du seul EDF.

Axa (+11% sur cinq séances). Axa pourrait se séparer de l'essentiel de ses activités de gestion de fortune et d'assurance vie en Grande-Bretagne. L'assureur serait en discussions avec plusieurs acquéreurs potentiels, selon Bloomberg, qui relayait cette rumeur avant-hier. Le groupe français, qui espère retirer entre 500 et 700 millions de livres sterling de cette cession, pourrait finaliser l'opération d'ici la fin du mois. Les activités britanniques de gestion de fortune et d'assurance vie ont enregistré des revenus de 706 millions d'euros l'an dernier.

JP Morgan a par ailleurs relevé cette semaine sa recommandation sur le dossier Axa, de "neutre" à "acheter".

Scor SE (+10% sur cinq jours). Le Groupe Covéa a procédé à l'acquisition de titres représentant environ 5,64% du capital social de Scor SE, portant ainsi à 7,67% sa participation au capital (représentant 7,94% des droits de vote) de cette société. Dans ce contexte, le Groupe Covéa, actionnaire de Scor depuis 2003, souligne que cet investissement est celui d'un actionnaire de long terme, soucieux de la pleine indépendance et de la totale autonomie opérationnelle de Scor.

Ainsi, au cours des trois prochaines années, le Groupe Covéa ne dépassera pas, directement ou indirectement, le seuil de 10% du capital de Scor, sauf évolution significative de la stratégie ou de la structure actionnariale de Scor susceptible de porter préjudice à ses intérêts, ou changement des instances de gouvernance de Scor.

La société de droit japonais Sompo Japan Nipponkoa Holdings, Inc. a déclaré de son côté avoir franchi en baisse, le 8 avril 2016, indirectement, par l'intermédiaire de la société Sompo Japan Nipponkoa Insurance Inc. qu'elle contrôle, les seuils de 5% du capital et des droits de vote de Scor, et ne plus détenir aucune action de cette société. Ce franchissement de seuils résulte d'une cession d'actions Scor SE hors marché.

Edenred (+9% sur la semaine) a terminé la semaine en trombe, après avoir fait état d'un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 5,2% en données comparables à 249 millions d'euros. Le volume d'émission atteint 4,284 milliards d'euros, en progression de 7,4%. Edenred a confirmé viser pour 2016 une croissance organique du volume d'émission en bas de fourchette de l'objectif historique de +8% à +14% par an à moyen terme.

Pour Natixis, cette publication est légèrement supérieure aux attentes en organique mais toutefois légèrement inférieure en base publiée en raison des effets changes. La banque reste à l'achat sur la valeur avec un cours cible de 19 euros alors que la "valorisation n'est pas outrageuse". Oddo reste également positif sur les fondamentaux du groupe (croissance récurrente et génération de FCF) et rehausse son cours cible de 18 à 20 euros. Le newsflow devrait progressivement s'améliorer, rassurant également sur la structure financière du groupe avec un couple FCF/dividend yield attractif, selon le broker.

Société Générale (+10% sur cinq séances) a bénéficié d'une tendance très favorable sur le compartiment bancaire cette semaine, tout comme Natixis (+9% sur cinq jours), BNP Paribas (+8% sur la semaine) et Crédit Agricole (+7%).

Ipsos (+9% sur la semaine). Dans la foulée de ses comptes du quatrième trimestre 2015, le titre était remonté brusquement, alors que le chiffre d'affaires du groupe s'était établi à 524,4 millions d'euros, en progression de 4,7% par comparaison avec le même trimestre de l'exercice précédent. À taux de change et périmètre constant, l'activité a baissé de 1% soit un niveau un peu meilleur qu'au troisième trimestre (-2%) et équivalent à celui de l'année 2015 (-1%). HSBC cible désormais un cours de 25 euros, alors que Oddo reste "neutre" sur le dossier en visant un cours de 20 euros.

Alstom (+8% sur cinq séances) grimpait donc cette semaine. Oddo reste à l'achat sur le dossier en visant un cours ajusté à 29 euros. "Alstom a détaillé que des charges 'legacy' et des Capex exceptionnels supplémentaires sont à prévoir sur les 2-3 ans à venir", explique le broker. "Les coûts excédentaires seront d'environ 250-300 ME en cumulé et les Capex supplémentaires de 300 ME. Le CA et l'EBIT ajusté / IFO ne sont pas directement affectés... L'EBIT ajusté devrait progresser d'environ 80% entre 2015-2020" Conclusion : "Le titre reste attractif et très décoté par rapport aux comparables"...

Goldman Sachs vise désormais un cours de 23,50 euros, alors que UBS avait auparavant rehaussé son opinion à "achat", contre un avis "neutre"... Le bureau de recherche a en parallèle réduit sa valorisation théorique de 29 à 26 euros pour prendre en compte l'OPRA réalisée en début d'année par le groupe.

Elis (-5% sur cinq jours). Eurazeo a annoncé la cession par sa filiale Legendre Holding 27 (LH27) de 17,1 millions de titres Elis, représentant 15% du capital de la société au prix de 16,45 euros par action, soit un montant total de 281 millions d'euros, dans le cadre d'un placement accéléré auprès d'investisseurs institutionnels. A l'issue de l'opération, LH27 détiendra respectivement 23,47% et 32,27% du capital et des droits de vote d'Elis. Eurazeo détient par ailleurs, directement, respectivement 3,04% et 4,81% du capital et des droits de vote de la société, soit une détention combinée de 26,51% et 37,08% des droits de vote. Economiquement, en direct et via LH27, Eurazeo détiendra 22,6% du capital, contre 35,1% avant l'opération.

 
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