Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC40 rechute avec les banques

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC40 rechute avec les banques©Boursier.com
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Boursier.com, publié le vendredi 05 février 2016 à 17h45

Après avoir concédé 4,75% en janvier, l'indice phare de la Bourse de Paris a démarré le mois de février du mauvais pied. Le CAC40 redonne 4,9% à 4.201 points en rythme hebdomadaire, pénalisé notamment par des nouvelles mitigées sur le front économique outre-Atlantique et les inquiétudes croissantes entourant le secteur bancaire en Europe. En Chine, les statistiques se suivent et se ressemblent avec la divulgation en début de semaine d'un PMI sans relief qui reflète l'incapacité de Pékin à relancer la croissance industrielle de l'Empire du Milieu. Aux Etats-Unis, la publication d'une batterie d'indices en ligne ou inférieurs aux attentes a montré l'essoufflement en cours de la première puissance économique mondiale. De quoi faire flancher le dollar par rapport à l'euro, avec une parité revenue vers les 1,115 en fin de semaine. Toujours très volatil, le baril de brut a donné des signes de reprise malgré un nouveau gonflement des stocks américains. Sur le terrain microéconomique, l'actualité a été marquée par les résultats rassurants de LVMH, de Vinci et de BNP Paribas, notamment. Le compartiment financier a souffert d'une défiance exacerbée en liaison avec les pertes affichées par quelques mastodontes comme Deutsche Bank ou Crédit Suisse, les difficultés des établissements italiens ou encore l'exposition supposée au secteur pétrolier.

ECO ET DEVISES

L'économie américaine créée moins d'emplois que prévu. Selon le rapport du Département américain au travail, les créations de postes non-agricoles aux États-Unis pour le mois de janvier 2016 se sont établies au nombre de 151.000, contre un consensus de place logé à 188.000. Le taux de chômage est ressorti pour sa part à 4,9%, contre 5% de consensus, et 5% en décembre.

Toujours aux Etats-Unis, les commandes industrielles du mois de décembre 2015 ont chuté de 2,9% en comparaison du mois antérieur. Une baisse supérieure au consensus de place qui tablait sur -2,8%.

L'indice ISM manufacturier américain du mois de janvier 2016 est ressorti à 48,2, contre 48,3 de consensus de place et 48 pour la lecture révisée du mois antérieur. Inférieur à 50, l'indicateur traduit une poursuite de la contraction de l'activité manufacturière américaine en janvier.

L'indice Markit PMI final des services américains pour le mois de janvier 2016 est ressorti à 53,2, contre 53,7 de consensus de place et 53,7 pour la lecture préliminaire dite 'flash'.

Sur le front du pétrole, les stocks commerciaux de brut aux Etats-Unis, hors réserve stratégique, ont bondi de 7,8 millions de barils lors de la semaine close au 29 janvier, à 502,7 millions de barils. Les stocks restent proches de leur niveau le plus élevé à cette période de l'année depuis au moins 80 ans ! Le consensus tablait sur une hausse de 4 millions de barils.

En Europe, le taux de chômage, corrigé des variations saisonnières, s'est établi à 10,4% en décembre dans la zone euro, contre 10,5% un mois plus tôt et 11,4% en décembre 2014. Il s'agit du taux le plus faible enregistré dans la région depuis septembre 2011, souligne Eurostat. Le consensus tablait sur un taux de 10,5%.

L'Indice PMI Final Markit Composite de l'Activité Globale dans l'Eurozone se replie à un plus bas de 4 mois en janvier, reculant de 54,3 à 53,6. L'indice, supérieur à son estimation flash (53,5) et au consensus (53,5) reste au-dessus de la barre des 50 et indique, pour le 31ème mois consécutif, une croissance économique du secteur privé de la zone euro.

Du côté de la sphère émergente, notons les signaux inquiétants envoyés par le Brésil.. La production industrielle du pays a reculé de 0,7% en décembre contre une stabilité anticipée par le marché. En glissement annuel, la production s'effondre de 11,9% ! Le consensus tablait sur un repli limité à 10,6%. Le PIB du Brésil pourrait reculer de 3% en 2016, selon les économistes.

En Chine, l'activité manufacturière a accentué sa contraction, ce qui renforce la perspective d'un nouvel assouplissement monétaire par la Banque de Chine. Dans le rouge pendant la majeure partie de l'année, l'indice du secteur manufacturier s'est établi à 49,4 contre 49,7 en décembre, selon le Bureau National des statistiques (BNS).

LES VALEURS

LVMH rebondit de 3%. Le numéro un mondial du luxe a délivré des résultats robustes au titre du quatrième trimestre 2015, ce qui contraste avec les chiffres mitigés publiés récemment par ses pairs. Les ventes de LVMH sur la période ont augmenté de 12% par rapport à la même période de 2014, dont une hausse de 5% en organique. Le résultat opérationnel courant est ressorti à 6,6 MdsE en 2015, en hausse de 16%, une évolution à laquelle participe l'ensemble des métiers et supérieure aux attentes des analystes. Dans le sillage de LVMH, le holding Christian Dior se distingue avec un gain hebdomadaire de 4,5%.

Vallourec grappille 2,1%. Suspendu vendredi dernier, le titre du fabricant de tubes en acier a été l'un des grands animateurs du marché parisien en début de semaine suite à l'annonce d'un plan de sauvetage incluant une augmentation de capital de 1 milliard d'euros et de nouvelles mesures de réorganisation. Notons que le secteur parapétrolier a été très travaillé ces dernières séances, en liaison avec le rebond esquissé par le baril de brut, avec notamment Technip qui s'adjuge 3,5%.

Casino reprend 2,2%. Sous pression ces dernières semaines suite à la mise sous surveillance de sa note de crédit et à la recrudescence des positions vendeuses dans son capital, le distributeur a bénéficié d'un relèvement de recommandation. Morgan Stanley est passé à " pondération en ligne " sur le dossier, contre un biais neutre précédemment. De son côté, Rallye recule de 2,8% sur les cinq dernières séances.

Le Noble Age s'envole de 7% sur fond d'actualité chargée. Au-delà du point d'activité annuel, qui a fait ressortir un chiffre d'affaires exploitation 2015 de 354,1 ME, en hausse de 17,3% dont une croissance organique de 5,9%, le spécialiste du traitement de la dépendance a levé 20 ME sur le marché obligataire pour financer son développement.

Sartorius Stedim Biotech s'adjuge de 3,8% sur un nouveau pic historique. Le spécialiste des équipements pour l'industrie biophamaceutique a publié un résultat net courant en progression de près de 60% à 139,30 millions d'euros, soit 9,06 euros par action, après 5,68 euros par action un an plus tôt. Fort de sa dynamique de croissance, le groupe a relevé ses objectifs de croissance à long terme pour 2020 définis en 2011. La direction prévoit pour à cet horizon un chiffre d'affaires d'environ 1,5 à 1,6 MdE et une marge d'EBITDA courant d'environ 29 à 30%, à changes constants.

A contre-courant des autres parapétrolières, CGG s'écroule de 19,5%. Les résultats de l'augmentation de capital ont fait ressortir un succès étriqué avec un taux de souscription de 97,8%. Le solde des actions non souscrites, soit 11.932.486 actions nouvelles, représentant environ 2,2% du nombre total des actions nouvelles, devait être cédé sur le marché par les banques du syndicat.

Technicolor flanche de 17%. Le titre a pâti du retrait décidé par le groupe du consortium HEVC Advance pour licencier en direct son portefeuille de brevets HEVC (technologie de compression vidéo) suite à des divergences stratégiques. Un premier contrat avec un fabricant a été annoncé simultanément.

STMicroelectronics concède 14,2% sous le poids d'ajustements de brokers. Deutsche Bank a abaissé son cours cible à 5 euros, tandis que Berenberg a a repris le suivi sur le fabricant de semiconducteurs avec un cours cible de 4,5 dollars et une recommandation "vendre".

Nokia (-17,2%) fait les frais de l'arbitrage rendu concernant le litige de propriété intellectuelle avec Samsung. Les royalties attribuées à l'équipementier finlandais sont moins élevés que ne l'anticipaient de nombreux analystes. Le groupe estime qu'il recevra 1,3 MdE de numéraire sur la période 2016 à 2018 après l'arbitrage.

Les valeurs bancaires ont été particulièrement attaquées sur fond d'inquiétudes sur l'exposition au secteur pétrolier et de doutes sur la solvabilité du secteur financier italien. Société Générale perd 8,7%, Crédit Agricole 6%, Natixis 5,3% et BNP Paribas 4,9%. Ce dernier établissement a plutôt rassuré vendredi avec ses comptes annuels. Hors éléments non récurrents, le bénéfice net de la première banque française ressort à 1,59 MdE pour le quatrième trimestre, contre 1,88 MdE un an plus tôt.

 
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