Marchés : "il va falloir être patient" selon Pictet Wealth Management

Marchés : "il va falloir être patient" selon Pictet Wealth Management

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Boursier.com, publié le vendredi 16 juin 2017 à 12h48

Pictet Wealth Management est toujours positif sur les marchés actions occidentaux. En dépit de valorisations élevées et de la "pause" actuelle, la maison de gestion suisse estime qu'il faut continuer à être constructif sur les places boursières même s'il va falloir être patient et ne pas exclure quelques éventuelles secousses à court terme.

Une pause avant de repartir?

Lors du traditionnel point presse de mi-année organisé ce vendredi matin par PictetWM, Christophe Donay, Responsable de l'allocation d'actifs et de la recherche macroéconomique chez Pictet Wealth Management a rappelé que le marché boursier américain avait progressé de 35% en rythme annualisé entre l'élection de Donald Trump et début mars. Un rythme trois fois supérieur à la moyenne historique ! Depuis, Wall Street a clairement marqué un arrêt. En Europe, le marché s'est comporté de la même manière même s'il a fallu attendre le mois de mai et l'issue des élections, en France notamment, pour que le répit intervienne. Quid des six prochains mois ? Pour l'expert, la situation pourrait s'inverser par rapport au premier semestre avec une poursuite de la pause dans les mois à venir avant une reprise de la hausse.

Pas de momentum au niveau de la croissance

Les investisseurs ne pourront d'abord pas compter sur un momentum favorable au niveau de la croissance américaine. Cette dernière devrait rester relativement stable sur les prochains trimestres et atteindre péniblement 2% cette année et 2,3% en 2018. Très loin de l'objectif de 3% clairement affiché par l'administration Trump. Un écart que le gérant justifie par la politique fiscale promise par le nouveau Président lors de sa campagne qui n'a toujours pas vu le jour... L'expert fait par ailleurs remarquer que le cycle actuel challenge les cycles les plus longs depuis l'après-guerre mais est également le plus 'mou'. Selon lui, la stratégie fiscale doit ainsi permettre de faire encore durer ce cycle mais également de l'accélérer. Le PIB américain serait aujourd'hui 3.000 milliards de dollars plus élevé si l'activité avait été aussi dynamique que sous Reagan !

La réforme fiscale américaine tant attendue

Mais selon Christophe Donay, il n'y a rien à espérer sur ce point avant la fin d'année au minimum. Pour que cette politique tant attendue soit mise en place il faudra réconcilier les voix dissidentes au sein des Républicains au Congrès (les partisans de Paul Ryan), ce qui, à l'heure actuelle, est loin d'être une formalité. Ce manque de cohérence bloque la politique économique et empêche la croissance d'accélérer... Ce qui explique in fine la répit des marchés. Pour le spécialiste, le marché est en mode 'pause' mais pas en mode déception. Tant que les opérateurs croiront à cet axe fiscale favorable, les indices ne baisseront pas. En revanche, si le jour où l'on ne parle plus de baisses d'impôts arrive, les actions risquent de chuter... Le marché ne peut d'autant pas être déçu que les valorisations sont déjà très élevées avec un PER de 2 à 3 points supérieur à la moyenne historique.

Des politiques monétaires à bout de souffle

Christophe Donay souligne également que la politique monétaire n'a plus aucun intérêt aujourd'hui, sauf en cas d'erreur majeure (relèvement trop rapide des taux, réduction trop forte du bilan...). Ces dernières sont à bout de souffle, elles perdent en efficacité au fur et à mesure. Si elles ont été nécessaires, en 2009 notamment avec le QE, pour éviter une dépression économique, elles ont aussi échoué tant sur l'inflation (toujours loin des 2%) que sur la dynamique économique (rythme de reprise inférieur à la moyenne des précédentes). Ce qui est quelque part normal dans le sens où la politique monétaire ne peut pas résoudre tous les problèmes et doit être accompagnée d'un soutien budgétaire ou fiscale. Pour éviter de se retrouver sans munitions lors de la prochaine crise, les banques centrales sont ainsi entrées dans un cycle de normalisation de leur stratégie. Les BC ont ainsi besoin d'un relais pour relancer l'économie, en l'occurrence l'Etat via un soutien budgétaire ou fiscale. Sans ce relais, les marchés manqueront de visibilité et ne pourront pas voir plus haut.

La hausse des bpa en soutien

La croissance des bénéfices semble aujourd'hui être le seul soutien aux actions. Après trois années de déceptions sur les bpa (début d'année où l'on attendait une hausse de 12% avant de terminer à 0), la croissance des profits devrait être à 2 chiffres cette année et en 2018. Christophe Donay souligne que les bourses européennes et américaines affichent d'ailleurs une hausse d'environ 10% depuis le premier janvier, soit la progression attendue des bpa. Si les profits grimpent à nouveau de 10% en 2018, les marchés pourraient prendre 10% supplémentaires. Mais le gérant rappelle que les investisseurs anticipent généralement la croissance des profits de l'année suivante lors du dernier trimestre de l'exercice précédent. Une raison de plus de justifier le répit actuel...

Seul le moteur technologique semble pouvoir permettre aux actions de poursuivre leur progression à court terme. Le choc de l'innovation capte la valeur ajoutée au niveau macro, ce qui se reflète sur le marché via les technos. Ce choc est parti pour durer et les sociétés devraient continuer à en profiter, GAFA en tête, malgré des valorisations très élevées (on n'est pas encore dans une bulle mais on s'en approche selon Christophe Donay). Si ces valeurs disruptives continuent à monter graduellement, elles peuvent alors tirer l'ensemble du marché vers le haut sans que la pause ait lieu.

 
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