Matières premières : le rebond actuel va faire "pshitt", prévient Goldman Sachs

Matières premières : le rebond actuel va faire "pshitt", prévient Goldman Sachs©Boursier.com
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Boursier.com, publié le mardi 08 mars 2016 à 20h16

Les experts de Goldman Sachs ne croient pas à un rebond durable des cours du pétrole et des autres matières premières, qui ont flambé ces dernières semaines. Pour l'équipe de recherche de GS sur les matières premières, pilotée par Jeffrey Currie, le rebond actuel est un "faux départ", dans la mesure où les marchés mondiaux restent fondamentalement caractérisés par un excès de l'offre sur la demande de matériaux.

Le pétrole resterait confiné dans un large couloir de 20$ à 40$

Le pétrole aurait ainsi désormais atteint un plafond, à l'approche des 40$, selon les analystes de la banque, pour qui l'excédent actuel de la production mondiale devrait maintenir les cours de l'or noir entre 20$ et 40$ pendant l'année à venir.

Après avoir chuté sous les 27$ le 11 février dernier, le baril de brut léger américain WTI a regagné environ 40% pour frôler les 38$ lundi. Le baril de Brent a lui aussi rebondi dans les mêmes proportions depuis la fin janvier, et a même dépassé lundi les 40$, au plus haut depuis début décembre 2015. Mardi cependant, le pétrole a fait l'objet de dégagements, après la publication de l'étude de GS (-3% à 36,73$ pour le WTI en soirée).

De manière générale, les analystes de Goldman estiment, dans leur note publiée lundi, que toute hausse des prix des matériaux de base entraînera à son tour une hausse de l'offre sur le marché, ce qui déprimera à nouveau les prix. Or, seule une réduction des capacités de production permettra aux prix de se reprendre durablement, un mouvement qui n'est pas encore enclenché malgré les tous premiers efforts des pays producteurs de pétrole.

Ce scénario est prévisible notamment pour le minerai de fer, dont le prix a flambé de 19% mardi pour atteindre 63,74$ pour la tonne de minerai importée et livrée sur le port de Qingdao, en Chine. Ce minerai, considéré comme la référence mondiale, est ainsi remonté au plus haut depuis juin 2015.

Propulsé près de 64$ la tonne par la Chine, le minerai de fer devrait retomber à 35$

Pour Goldman Sachs, mais aussi pour la banque Citigroup, ce rebond ne sera que temporaire, et résulte en grande partie de rachat de positions à découvert après les dernières déclarations des autorités chinoises.

Cette flambée du minerai de fer, matériau indispensable à la production de l'acier, est en effet intervenue alors que Pékin a écarté ce week-end tout atterrissage brutal de son économie. Les autorités chinoises ont laissé entendre qu'elles prendraient cette année de nouvelles mesures de soutien de l'économie, un soutien qui devrait profiter au secteur de la construction et des infrastructures, selon les observateurs.

Cependant, "nous pensons que la probabilité d'une amélioration durable de la demande chinoise en 2016 et 2017 est basse", affirme Goldman Sachs. En outre, pour les analystes, les capacités de production des groupes miniers mondiaux pourront facilement satisfaire toute hausse passagère de la demande chinoise, et celle-ci ne sera donc pas de nature à soutenir les prix durablement.

La banque anticipe même une forte rechute des cours du minerai de fer, et maintient son objectif de prix à 35 dollars la tonne pour la fin 2016. Pour GS, "les fondamentaux du marché sont inchangés et le "rally" actuel n'est qu'un répit. Des réductions de production dans les mines à coûts élevés seront indispensables pour faire place à producteurs à bas coûts", première étape vers un rééquilibrage de l'offre et de la demande.

La banque Citigroup a aussi indiqué mardi qu'elle conservait son opinion baissière sur le minerai de fer, tandis que le géant minier BHP Billiton, s'est également montré méfiant du récent rebond, affirmant que celui-ci ne remettait pas en cause ses prévisions prudentes à moyen et long terme.

Concernant les autres matières premières, le regain de vigueur de l'or observé depuis le début 2016, suscite aussi le scepticisme de Goldman Sachs. La banque conseille en outre à ses clients de prendre des paris baissiers sur le cuivre et l'aluminium.

Pour les experts de GS, "les prix des métaux exigeant des dépenses en capital élevées devraient rester sous pression cette année, en raison de nombreux facteurs : les restructurations en cours en Chine et dans d'autres pays émergents, un dollar durablement fort, les efforts pour faire baisser les coûts de production et la hausse de l'offre liée aux lourds investissements des années passées"...

 
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