Michel Combes évincé d'Altice, Patrick Drahi reprend les commandes

Michel Combes évincé d'Altice, Patrick Drahi reprend les commandes©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 10 novembre 2017 à 06h38

Les investisseurs sentaient bien que quelque chose clochait chez Altice, au-delà de résultats décevants sur neuf mois. Depuis la publication des chiffres il y a une semaine, le titre est passé de 16,16 à 10,66 euros, avec deux séances particulièrement difficiles, vendredi dernier (-22,6%) et hier (-9,7%). Les dissensions internes sont apparues au grand jour avec la démission hier de Michel Combes, l'ancien patron d'Alcatel-Lucent, à qui Patrick Drahi avait donné de larges pouvoirs, de la direction générale d'Altice NV, la filiale européenne de son groupe, à la présidence de SFR en passant par un poste de directeur d'Altice USA. Il paie les mauvais résultats de l'opérateur de téléphonie mobile français, dont la stratégie ne convainc ni les analystes... ni les clients ! Michel Combes et Patrick Drahi ont beau déclarer dans le communiqué diffusé hier soir qu'ils se quittent bons amis, personne n'est dupe.

Reprise en main

Patrick Drahi va reprendre la présidence d'Altice NV et prévoit de fixer un cadre stratégique et un agenda pour la reprise en main des affaires, notamment chez SFR. Il a rappelé sa garde rapprochée : Dexter Goei, qui reste aux commandes de la division américaine, prend aussi la direction générale européenne. Le directeur financier d'Altice, Dennis Okhuijsen, devient cumulard avec le poste de CEO d'Altice Europe. Armando Pereira va se concentrer sur les télécoms avec son nouveau rôle de chef des opérations (COO) de la division, tandis qu'Alain Weill devient PDG (président et CEO) de SFR Group, et COO d'Altice Media en plus de son rôle de CEO de SFR Media. Enfin, Jérémie Bonnin arrive au poste de secrétaire général d'Altice. La nouvelle organisation "aligne davantage les intérêts des fondateurs et du management", peut-on lire dans le communiqué.

Cette reprise en mains musclée intervient dans une période de doute marquée sur les performances opérationnelles du groupe. Or le doute n'a pas sa place dans un modèle économique qui s'appuie très largement sur l'endettement. Le bilan d'Altice est très lourd, notamment après son développement aux Etats-Unis, qui semble très bien fonctionner. Les ressources pour y faire face sont là, mais le management ne peut s'offrir le luxe de laisser planer un doute sur les capacités financières de la structure, au risque de susciter la défiance des investisseurs. Cela suffira-t-il à apaiser les craintes ? Premiers éléments de réponse à 9h00, au lancement des échanges sur les bourses européennes.

 
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