Pétrole : le baril frôle les 30$, tensions au sein de l'Opep

Pétrole : le baril frôle les 30$, tensions au sein de l'Opep©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 12 janvier 2016 à 19h55

Les cours du pétrole ont encore plongé, mardi, tombant tout près des 30$ le baril, leur plus bas niveau depuis 12 ans. En soirée, le baril de brut américain WTI cédait 3,8% à 30,20$, tandis que le Brent de la Mer du Nord perdait 3,2% à 30,53$ sur fond de tensions entre les membres de l'Opep, le cartel de 13 pays qui contrôle environ 35% des exportations mondiales.

Les cours du brut ont perdu plus de 30% en 2015 et plus de 15% supplémentaires depuis le début de l'année. Certains analystes, notamment ceux de Morgan Stanley, n'écartent plus un retour du prix du pétrole sur les 20$....

Cette situation a laminé les comptes des compagnies pétrolières et parapétrolières, les obligeant à réduire de façon drastique leurs investissements ainsi que leurs effectifs. La compagnie britannique BP a été la dernière en date à annoncer ce mardi des coupes claires, avec la suppression de 4.000 postes supplémentaires d'ici à 2 ans.

Pour de nombreux pays producteurs, le reflux de la manne pétrolière a des effets dévastateurs sur les finances publiques, notamment au Venezuela, en Algérie et en Russie (non membre de l'Opep). Mais les appels de certains à une baisse concertée de la production afin d'éponger les excédents, s'est heurtée jusqu'ici au refus de l'Arabie saoudite, le principal exportateur mondial, et de ses alliés du Golfe.

Le Nigéria réclame en vain une réunion extraordinaire de l'Opep en mars

Mardi, le ministre nigérian du pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu, qui assurait la présidence de l'Opep jusqu'au 31 décembre dernier, a appelé à la tenue d'une réunion extraordinaire du cartel de l'Opep début mars. "Nous avions dit que si le (prix) atteignait 35 (dollars le baril), nous commencerions à examiner la convocation d'une réunion extraordinaire", a-t-il souligné lors d'un forum à Abou Dhabi (Emirats arabes unis).

Cependant, deux représentants de l'OPEP, dont le ministre de l'Energie des Emirats arabes unis, ont immédiatement rejeté ce scénario et ont affirmé que le prochain sommet ministériel de l'Opep ne se tiendra pas avant en juin, à Vienne, comme prévu.

La dernière réunion de l'OPEP, le 4 décembre dernier, s'est soldée par la décision de maintenir la production pétrolière au niveau actuel de 30 millions de barils par jour, ce qui avait déclenché la dégringolade des cours.

Selon les observateurs, il est clair que l'Arabie Saoudite, dont les prix de revient sont très bas, entend persister dans sa politique actuelle d'ouverture des vannes afin de conserver ses parts de marché face à l'essor de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis et face au retour programmé de l'Iran sur le marché mondial. Riyad a fait le pari que face à la chute des cours, de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis et la Russie, devront baisser leur production plutôt que de produire à perte, et qu'à terme, le marché se corrigera de lui-même.

Dans ce contexte, les investisseurs guetteront particulièrement mercredi les dernières statistiques du département américain de l'Energie (DoE) sur l'état des réserves américaines de brut. Une première estimation de ces dernières est attendue mardi soir après la clôture des échanges américains par l'association professionnelle American Petroleum Institute (API).

 
1 commentaire - Pétrole : le baril frôle les 30$, tensions au sein de l'Opep
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    stic52 -

    En France, ce n'est pas le pétrole qui coûte cher mais toutes les taxes diverses et variées que nos Gouvernements de tous bords appliquent sur ce produit afin de tenter de dégager des recettes supplémentaires sur les Citoyens qui utilisent la voiture pour se rendre au travail....

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