Pétrole : rebond technique ou début de reprise ?

Pétrole : rebond technique ou début de reprise ?

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Boursier.com, publié le lundi 12 octobre 2015 à 21h26

Le récent rebond des cours du pétrole sera-t-il durable ? Les experts sont encore divisés sur le sujet, mais ces dernières semaines, les investisseurs sont bel et bien revenus se positionner sur l'or noir, qu'ils avaient matraqué cet été.

Le baril de brut américain WTI a ainsi rebondi de plus de 25% depuis son plus bas annuel inscrit dans les derniers jours d'août, sur fond de surproduction mondiale et de ralentissement chinois plus prononcé que prévu. Ce lundi, il est cependant reparti en nette baisse, le baril WTI abandonnant près de 5% à 47,24$ après avoir pourtant franchi, le 9 octobre, le seuil psychologique des 50$... Pour de nombreux experts, tant que le baril ne parviendra pas à franchir durablement la barre des 50$, la tendance restera très incertaine.

La surproduction mondiale en passe d'être épongée ?

Pendant le week-end, plusieurs pays producteurs ont cependant apporté des signaux positifs. Dimanche, à Koweit City, le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah el-Badri s'est dit confiant "dans le fait que le marché sera davantage équilibré en 2016". "Ces derniers mois, il y a eu une contraction de la production des pays producteurs non-Opep et une augmentation de la demande mondiale", a noté M. el-Badri.

Le ministre de l'Energie du Qatar, Mohammed ben Saleh al-Sada, cité par 'Reuters', a lui estimé que les cours du pétrole ont touché un niveau plancher, et qu'il y a des signes suggérant qu'une reprise interviendra en 2016. La demande pour la production non-OPEP s'est réduite en 2015 et va encore baisser en 2016. En revanche, la demande de pétrole OPEP va passer de 29,3 millions de barils par jour en 2015 à 30,5 mbj en 2016, selon le ministre qatari.

Il a ajouté que le faible niveau actuel des prix a poussé les compagnies pétrolières à réduire leurs investissements de 20% en 2015, alors qu'ils avaient atteint 650 milliards de dollars en 2014. Cette réduction est de nature à faire baisser la production, a conclu Mohammed ben Saleh al-Sada.

Sur les marchés financiers, les prises de positions acheteuses sur les contrats à terme pétroliers cotés aux Etats-Unis ont augmenté de 12% sur la semaine achevée le 6 octobre, selon les données de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), l'organe de régulation des marchés à terme aux Etats-Unis.

Ce retour d'un sentiment haussier coïncide avec la baisse constante du nombre de stations de forage en activité aux Etats-Unis. Ce nombre est tombé à 605 stations au 9 octobre, ce qui représente le chiffre le plus bas depuis 5 ans, selon la société de services pétroliers Baker Hughes, qui publie régulièrement ces statistiques.
La production américaine a désormais reculé de 440.000 barils par rapport à son record de 9,61 mbj en juin dernier, selon l'EIA, l'agence de l'énergie américaine.

L'Arabie saoudite en passe de gagner son pari face aux Etats-Unis ?

De son côté, le patron d'une grande compagnie pétrolière, Royal Dutch Shell, a lui aussi signalé les premiers signes d'une stabilisation des prix. Le 6 octobre, lors d'une conférence à Londres, Ben Van Beurden a cependant estimé que les prix bas allaient persister pendant une longue période, même si le pire semblait désormais passé.

En 2014, les Etats-Unis étaient devenus le premier producteur mondial de pétrole en 2014, devant l'Arabie Saoudite et la Russie, grâce à l'essor de leur production de pétrole de schiste.

En réponse, l'Arabie saoudite a déclenché une guerre des prix officieuse. Malgré la situation de surproduction mondiale, liée en partie au ralentissement économique de la Chine, Riyad a refusé de baisser sa production, ainsi que celle de l'OPEP, dont elle est le membre le plus influent. La production du cartel dépasserait même très régulièrement ses quotas officiels, fixés à 30 millions de barils/jour. Ils seraient en réalité plus proches de 32 mbj, selon la presse spécialisée.

Une réunion prévue le 21 octobre entre producteurs OPEP et non-OPEP

Cette politique semble aujourd'hui commencer à porter ses fruits, mais elle trouve en même temps ses limites... En effet, les économies de nombreux pays producteurs (Venezuela, Iran, Russie...) membres ou non de l'OPEP ont beaucoup souffert ces dernières années de la chute des cours du brut et nombreux sont ceux qui réclament désormais une baisse des quotas de l'OPEP.

Ainsi, à l'initiative du Venezuela, une réunion "technique" des pays exportateurs de pétrole membres ou non de l'OPEP est prévue le 21 octobre, a annoncé vendredi le ministre vénézuélien du Pétrole, Eulogio Del Pino.

M. Del Pino a estimé que cette réunion devait aboutir à un consensus sur la reprise du prix de pétrole, sur la base d'une analyse du "stress financier", qui a affecté les pays les plus fragilisés de l'OPEP, dont le Venezuela et l'Algérie.

Dimanche, le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah El-Badri, s'est dit prêt à coopérer avec les producteurs non-OPEP pour s'attaquer au problème de la surabondance d'offre sur le marché s'ils le souhaitent.

 
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