1er round de discussions sur la réforme de l'assurance-chômage

1er round de discussions sur la réforme de l'assurance-chômage©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 13 décembre 2017 à 10h49

Les syndicats et le patronat ont rendez-vous ce mercredi à 11h30 au ministère du Travail pour une première réunion multilatérale sur la réforme de l'assurance-chômage voulue par Emmanuel Macron, avec notamment une ouverture des droits aux travailleurs indépendants et à davantage de démissionnaires. Il s'agit du quatrième grand chantier social du quinquennat après le Code du travail, la formation professionnelle et l'apprentissage.

Dans un élan peu habituel, les partenaires sociaux ont diffusé mardi un document commun en forme d'avertissement au gouvernement. CFDT, CGT, Force ouvrière, CFTC et CFE-CGC du côté syndical, Medef, CPME et U2P du côté patronal, ont rendu public un document de 15 pages constituant, à leurs yeux, un "socle de réflexion pour une concertation utile".

Des réunions multilatérales

Ils jugent nécessaire de "poursuivre l'évolution" d'une assurance chômage dont ils assurent la gestion paritaire depuis sa création, mais insistent sur la nécessité de préserver le rôle des partenaires sociaux. Ces organisations souhaitent ainsi "que les décisions qui seraient prises le soient sur la base d'un diagnostic et d'objectifs élaborés conjointement avec l'Etat, dans le cadre de réunions multilatérales rassemblant l'ensemble des acteurs". Celles-ci pourront conduire, si les partenaires sociaux le jugent pertinent, à une négociation paritaire, ajoutent-elles.

"L'idée pour nous n'est pas de rester immobile mais bien d'anticiper les évolutions. Nous sommes conscients que le monde du travail change, que le système d'assurance chômage doit désormais mieux accompagner la reprise d'emploi durable, notamment grâce à la formation", a expliqué le président du Medef, Pierre Gattaz, lors d'une conférence de presse.

Peu d'éléments ont pour l'instant filtré sur les intentions du gouvernement. Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, a promis d'ouvrir le dispositif aux indépendants, et "une fois tous les cinq, six ou sept ans" aux démissionnaires, sous réserve que cela permette de développer un "projet".

Inquiétudes

Cette réforme imposerait une refonte de la gouvernance du régime. La ministre du Travail a expliqué dans une interview à Reuters que l'intégration des indépendants, par exemple, n'était pas du ressort des partenaires sociaux. Muriel Pénicaud précise cependant que la gouvernance du dispositif n'est pas un "but en soi" mais seulement une éventualité pour "résoudre les problèmes".

Ces propositions ont suscité de vives inquiétudes chez les partenaires sociaux. L'Unedic, organisme gestionnaire de l'assurance chômage, a prévenu en octobre qu'une ouverture totale aux démissionnaires ne pouvait se traduire que par une baisse des droits des bénéficiaires - ce que le chef de l'Etat ne souhaite pas - ou une augmentation de la dette.

La ministre tient en revanche beaucoup à la mise en place d'un bonus malus pour les entreprises qui ont trop souvent recours aux contrats de travail à durée déterminée (CDD). Selon elle, près de 80% des nouvelles offres d'emplois sont actuellement en CDD ou en intérim en France. Les discussions avec les partenaires sociaux doivent aboutir à un projet de loi en avril 2018. Il intégrera les propositions de réforme sur la formation professionnelle et l'apprentissage, pour une entrée en vigueur dès janvier 2019.

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1 commentaire - 1er round de discussions sur la réforme de l'assurance-chômage
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    ralleur -

    1er round de discussions sur la réforme de l'assurance-chômage
    Donc on va ajouter de nouvelles règles et donc de nouveaux adeptes à ce régime ! C'est bien , mais aura-t-on les réserves nécessaires pour satisfaire tout ce monde ?? Dans 4 ans et des poussières les députés, non réélus devraient eux aussi être considérés comme sans emploi , alors la liste n'est pas prête à raccourcir