5G : la France prête à accorder son feu vert à Huawei ?

5G : la France prête à accorder son feu vert à Huawei ?
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Boursier.com, publié le vendredi 13 mars 2020 à 11h26

Le géant des télécoms chinois pourrait être admis dans la course au déploiement de la 5G en France, malgré les appels de Washington à le bannir.

La France va autoriser les opérateurs télécoms à utiliser une partie des équipements de Huawei pour déployer la 5G, malgré les appels du gouvernement américain à bannir l'équipementier chinois, selon des informations obtenues par l'agence de presse Reuters.

Paris s'apprête à accorder ses premiers feux verts aux demandes d'équipements formulées par les opérateurs qui ont le choix entre les groupes européens Nokia et Ericsson et Huawei pour le déploiement de la dernière génération de technologie mobile. Si officiellement aucun équipementier n'est frappé d'interdiction dans l'Hexagone, certains acteurs du secteur craignent que Huawei ne soit "de facto" banni du marché de la 5G.

Sortir des coeurs de réseau

Selon les deux sources de Reuters, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), chargée du contrôle des équipements télécoms 5G, va approuver des équipements Huawei, mais seulement pour les parties non sensibles du réseau, comme les antennes, considérée comme posant moins de risques en termes de sécurité.

"Ils ne veulent pas interdire Huawei mais le principe est : 'il faut les sortir des coeurs de réseau'", a expliqué l'une des sources. Le coeur de réseau est considéré comme stratégique dans une infrastructure mobile, notamment parce qu'il est équipé de logiciels traitant de données sensibles dont celles des usagers.

Le verdict de l'Anssi est crucial pour les opérateurs SFR (Altice) et Bouygues Telecom (Bouygues) dont une importante partie du réseau est déjà équipée de matériels Huawei. Le numéro un Orange et Free (Iliad ILD.PA) ont fait, eux, le choix d'équipementiers européens pour la 5G.

Polémique

Huawei est au coeur d'une polémique alimentée par les Etats-Unis, qui accusent le groupe d'activités d'espionnage pour le compte de Pékin. Cette controverse pourrait remettre en cause les autorisations du groupe pour mettre en place les réseaux 5G en France et sur tout le continent - l'Europe ne s'est pas encore positionnée.

La France emboîte le pas de la Grande-Bretagne qui a autorisé fin janvier l'équipementier chinois à jouer un rôle limité dans la mise en place de la 5G. Les fournisseurs "à haut risque" y seront autorisés à jouer un rôle dans les domaines "non sensibles" du réseau 5G, leur implication sera limitée à 35% et ils seront exclus de tous les réseaux et lieux sensibles.

Première usine hors de Chine

Les autorisations de l'Anssi étaient initialement attendues en février mais ses experts ont posé de nombreuses questions aux opérateurs, selon les sources.

Fin février, Huawei a annoncé vouloir construire en France sa première grande usine en dehors de la Chine, ce qui pourrait permettre de créer environ 500 emplois directs.

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