6.587 défaillances d'entreprises au 2ème trimestre

6.587 défaillances d'entreprises au 2ème trimestre©Boursier.com

Orange avec Boursier.com, publié le jeudi 08 juillet 2021 à 10h47

Le nombre d'entreprises défaillantes en France ne devrait pas exploser à la fin de l'année mais la flambée des prix des matières premières risque de peser, selon Altares.

Le nombre d'entreprises défaillantes en France ne devrait pas exploser à la fin de l'année mais la flambée des prix des matières premières risque de peser, selon Altares.

Au cours du deuxième trimestre, 6.587 défaillances d'entreprise ont été enregistrées en France, un nombre en hausse de 14,2% comparé au même trimestre l'année dernière, mais qui reste "paradoxalement bas" comparé à la même période pré-pandémie, selon l'étude d'Altares publiée jeudi

Le volume des jugements reste deux fois inférieur au niveau d'avant Covid. Outre les liquidations directes qui restent très fréquentes, des signaux de fragilisation émergent notamment pour les TPE, le secteur du bâtiment et les régions Ile de France et PACA, bien plus durement impactés que la moyenne nationale par un rattrapage des défauts. Les ETI et PME, davantage épargnées qu'au printemps 2020, pourraient quant à elles voir leur reprise contrariée par l'envolée des prix des matières premières, épuisante pour les trésoreries.

Les aides se réduisent

Au printemps 2020, l'économie était à l'arrêt et les défaillances d'entreprises affichaient des reculs historiques dans tous les secteurs. Un an plus tard, les restrictions sanitaires se sont desserrées mais les aides se réduisent. Dans toutes les activités, si les défaillances restent très en-dessous de leurs valeurs de 2019, elles repartent à la hausse

"Comme attendu, les mois d'avril et mai 2021 se sont logiquement inscrits en très forte hausse (respectivement +54% et +35%) par rapport aux mêmes mois de 2020. Période alors marquée par le premier confinement et le déclenchement du 'quoi qu'il en coûte' gouvernemental. Juin est quant à lui à la baisse (-17 %) et les audiences sont encore loin d'avoir retrouvé leur rythme d'avant Covid, analyse Thierry Millon, directeur des études Altares.

Signaux de fragilisation

Mais des signaux sérieux de fragilisation émergent. Le taux des liquidations judiciaires directes (3 sur 4) reste très élevé. Les TPE (+18%) représentent près de 90% des défaillances. En Ile de France, où le nombre de procédures s'envole de 37%, le taux de liquidations directes dépasse 80%.

Le bâtiment enregistre la plus lourde augmentation de défaillances (+37%). Dans le détail, les tendances sont encore plus marquées pour le gros oeuvre (+50 %), notamment en construction de maisons individuelles (+88%).

Le commerce (+10,2%) présente des évolutions très variables dans les activités de détail. Le commerce de véhicules automobiles accuse une dégradation de +52 % et l'entretien et la réparation de +46 %. La situation est également tendue dans les magasins multi-rayons (+74%) c'est-à-dire dans les surfaces d'alimentation générale ou supermarchés. Les tendances sont encore très favorables pour le bricolage & équipement du foyer (-29 %), le sport & loisirs (-24%) et mieux encore l'habillement (-31%).

Le secteur des transports et de la logistique affiche une hausse des défaillances de 29,9%, liée au transport de marchandises (+23%) en particulier en fret interurbain (+49%) tandis que le fret de proximité résiste encore (-3%). Le transport routier de voyageurs dérape de plus de 54% tendance essentiellement due aux taxis (+81%).

Les matières premières inquiètent

La flambée des prix des matières premières, si elle se poursuit au-delà de l'été, risque de peser sur les marges et pourrait "contrarier sérieusement la reprise voire compromettre la pérennité des PME (petite ou moyenne entreprise)et ETI (entreprise de taille intermédiaire) fragile", a-t-il ajouté.

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