A Davos, Trump vante son bilan et fustige les "prophètes de malheur"

A Davos, Trump vante son bilan et fustige les "prophètes de malheur"
Donald Trump à Washington, à l'occasion de la cérémonie de signature d'accords commerciaux avec le Japon.

Boursier.com, publié le mardi 21 janvier 2020 à 19h20

Au Forum économique de Davos, le président américain a tancé les militants contre le changement climatique, qualifiés de "prophètes de malheur", et a défendu son bilan économique. Il a aussi réitéré ses menaces de taxer les automobiles européennes.

Le président américain a fait un discours remarqué mardi au forum économique mondial de Davos, défendant son bilan économique, notamment sur le plan énergétique et fustigeant les "prophètes de malheur", allusion à la jeune activiste Greta Thunberg qui elle aussi, s'est exprimée devant les dirigeants invités à Davos...

Lors d'une table ronde, Greta Thunberg a ainsi mis en garde les dirigeants qui "n'ont rien fait pour le climat". Deux heures plus tard, le président américain lui répondait indirectement en affirmant que "nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions de l'apocalypse".

Alors que Greta Thunberg se trouvait dans la salle, le président américain a vanté le "modèle américain", qui "est un exemple pour le monde", et a considéré que le procès en destitution, qui s'est ouvert ce même mardi à Washington, est "juste une farce (...) C'est la même chasse aux sorcières qui dure depuis des années et franchement c'est honteux", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis offrent "un geyser d'opportunités"

Affichant son "optimisme" et sa confiance dans la technologie, il a rappelé que les prévisions de famines mondiales annoncées dans les années 70 ou "la fin du pétrole pour les années 90" ne s'étaient pas réalisés. Sans jamais prononcer les termes de "changement climatique" à la tribune, Donald Trump a tout de même indiqué que les Etats-Unis allait soutenir l'initiative lancée par le Forum économique mondial, consistant à planter 1.000 milliards d'arbres dans le monde d'ici à 2030.

A l'approche de l'élection présidentielle américaine de novembre 2020, Donald Trump a longuement vanté son bilan économique, estimant que l'économie américaine "gagne comme jamais" grâce à un taux de chômage au plus bas depuis 50 ans (à 3,5%), la hausse de la Bourse, la création de "12.000 usines" et une politique "tournée vers les classes moyennes". "J'avais promis le grand 'come-back' de l'Amérique, il est là", a-t-il dit, estimant que son pays offrait "un geyser d'opportunités".

L'automobile européenne toujours dans le collimateur de Trump

Par ailleurs, dans un entretien au 'Wall Street Journal' en marge du forum économique de Davos, le président américain a confirmé son intention de taxer les importations d'automobiles européennes si les Etats-Unis ne parviennent pas à conclure un accord commercial avec l'Union Européenne. "Ils savent que je vais leur imposer des taxes d'importations s'ils n'acceptent pas un accord juste" avec les Etats-Unis, a affirmé Donald Trump.

Le président américain n'a pas voulu donner de date-butoir pour les négociations en cours, affirmant qu'"ils (ndlr : les Européens) connaissent la date butoir", ajoutant que lui-même dévoilerait prochainement publiquement cette date... Le président américain devait aussi s'entretenir mardi avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

La France suspendrait la collecte de la taxe Gafa en 2020

La précédente date-butoir était fixée au 13 novembre 2019. L'administration Trump alors laissé passer cette échéance sans imposer de surtaxes. L'ancienne commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmstrom avait alors estimé que Washington allait renoncer à taxer les automobiles européennes, ajoutant que dans le cas contraire, Bruxelles répliquerait par des surtaxes sur des produits américains.

Dans la même interview, Donald Trump a confirmé avoir conclu un accord avec Emmanuel Macron concernant la taxe Gafa créée par la France depuis janvier 2019. Donald Trump a affirmé que Paris s'était engagé à suspendre cette année la collecte de la taxe Gafa (prévue en avril et novembre), en attendant la conclusion des négociations qui se dérouleront jusqu'à la fin 2020 au niveau de l'OCDE.

En échange de la suspension de la taxe, Washington renonce à taxer à 100% 2,4 milliards de dollars de produits français, dont des fromages et des cosmétiques. "Je ne suis pas amoureux de ces entreprises" a indiqué Donald Trump au sujet des géants d'internet. "Mais si quelqu'un doit les taxer, ce seront les Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Des baisses d'impôts promises au classes moyennes en cas de réélection

Enfin, le président américain a envoyé un message aux électeurs américains à l'approche de l'élection présidentielle de novembre. S'il est réélu et que le parti républicain contrôle le Congrès après 2020, il a promis de réduire les impôts des classes moyennes.

Sans donner de détails sur ce projet, Donald Trump a affirmé : "nous parlons d'une réduction d'impôts assez substantielle pour les classes moyennes" qui est conditionnée au fait que les Républicains regagnent la majorité à la chambre des représentants et que lui-même soit réélu en tant que président. Le projet est en cours d'élaboration, et sera présenté en détail dans un délai de 90 jours, a précisé le locataire de la Maison Blanche.

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