A Paris, la pollution de l'air coûte 1.602 euros par habitant et par an

A Paris, la pollution de l'air coûte 1.602 euros par habitant et par an
décembre 2016

Boursier.com, publié le mercredi 21 octobre 2020 à 11h01

La pollution de l'air coûte 166 milliards d'euros par an en Europe, selon une étude réalisée par le cabinet CE Delft pour l'Alliance européenne de santé publique...

Combien coûte la pollution de l'air ? En Europe, la facture s'élèverait à 166 milliards d'euros par an, selon la première étude comparative sur le coût de la pollution de l'air dans les grandes villes européennes, réalisée par le cabinet CE Delft pour l'Alliance européenne pour la santé publique (EPHA). Pour arriver à ce résultat, la plateforme d'ONG basée à Bruxelles s'est penchée sur 432 villes réparties dans les 27 pays de l'Union européenne, le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse.

Le calcul prend en compte "la valeur monétaire des morts prématurées, des traitements médicaux face aux affections les plus communes, des journées de travail perdues et des autres coûts sanitaires causés par les trois polluants principaux : les particules (PM), le dioxyde d'azote (NO2) et l'ozone (O3)", précise l'association Respire, qui a relayé ce rapport.

En Europe, Londres arrive ainsi largement en tête des villes où ce coût est le plus élevé (11,4 milliards d'euros par an), devant Bucarest (6,3 milliards d'euros) et Berlin 5,2 milliards d'euros). Paris est en septième position, selon l'étude.

"D'importantes inégalités" en Europe

Mais le tableau le plus parlant reste sans doute celui qui évalue les coûts par habitant. Ainsi, avec 3.004 euros par habitant, Bucarest est la ville européenne où les coûts sont les plus élevés "pour le citadin moyen". Elle se place devant Milan (2.843 euros par habitant), Padoue (2.455 euros), Varsovie (2.433 euros), Bratislava (2.168 euros), Venise (2.106 euros), Brescia (2.106 euros) et Sofia (2.084 euros).

Selon le secrétaire général de l'EPHA Sascha Marschang, cette étude révèle "combien un air toxique est nuisible à la santé mais aussi combien d'importantes inégalités existent entre les différents pays d'Europe".

"La situation peut être améliorée par des politiques publiques en matière de transports et les villes peuvent réduire les coûts en encourageant les mobilités non polluantes. Les gouvernements et l'Union européenne devraient garder à l'esprit ces coûts afin de soutenir les développements post Covid-19", a-t-il estimé.

"La pollution n'est pas réservée aux grandes métropoles"

En France, Paris se place sur la première marche du podium, avec un coût annuel de plus de 3,5 milliards euros, soit 1.602 euros par habitant. Lyon (1.134 euros par habitant) et Nice (1.128 euros par habitant) complètent le top 3. Suivent ensuite Melun (1.015 euros), Douai (992) et Fréjus (990).

Ce classement, qui prend en compte 67 villes françaises, permet de "constater que la pollution n'est pas réservée aux grandes métropoles. Elle a un effet délétère et un coût économique même à Douai, Toulon, Rouen ou Saint-Quentin", a souligné Olivier Blond, directeur de Respire.

"Les municipalités sont concernées au premier plan, d'autant plus qu'en application de la loi d'orientation des mobilités, elles devront, à partir du 1er janvier 2021 mettre en place des Zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) quand elles dépassent de manière régulière les normes de qualité de l'air", a-t-il également fait remarquer.

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