A Singapour, même les petites bourses peuvent se parer d'or

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Victor Foo présente à la presse un lingot d'or d'un kilo, le 15 septembre 2020 à Singapour
Victor Foo présente à la presse un lingot d'or d'un kilo, le 15 septembre 2020 à Singapour
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© AFP, Martin ABBUGAO

AFP, publié le vendredi 18 septembre 2020 à 18h45

Faire de l'or un "marché de masse": c'est le pari fait par un cambiste de Singapour, qui veut élargir sa clientèle en proposant de petites quantités du précieux métal, en échange d'une somme plus raisonnable que d'ordinaire.

"Quand nous avons lancé notre affaire il y a dix ans, clairement, nous attirions les élites, les gens qui avaient de l'argent", se souvient Victor Foo, le fondateur et patron du Singapore Precious Metals Exchange (SGPMX).

Pour l'heure, 80% de sa clientèle reste d'ailleurs très fortunée, et le produit le plus prisé -- un lingot d'or d'un kilo proposé à plus de 60.000 dollars américains -- se distingue toujours par sa cherté.

"Mais nous aspirons à être en mesure de toucher un marché de masse", souligne-t-il pour l'AFP. 

Pour conquérir une clientèle moins nantie, le SGPMX commercialise le métal au gramme: pour environ 70 dollars, l'amateur d'or repartira avec une plaque dorée de la taille d'une carte SD.

Des mini-lingots de cinq, dix, cinquante et cent grammes sont également disponibles à la vente.

En plus des petites quantités, M. Foo mise sur le contexte pour séduire les acheteurs. En temps de pandémie, l'or est une valeur refuge et la demande augmente en conséquence. Début août, l'once (environ 28 grammes) s'échangeait pour la première fois au-dessus de la barre des 2.000 dollars sur les marchés.

Les transactions se font sur une application mobile, mais les investisseurs peuvent venir admirer leur or quand ils le souhaitent, assure l'entreprise.

Le trésor du SGPMX est stocké dans une chambre forte ultra-sécurisée, située non loin du principal aéroport de la cité-Etat. Derrière les lourdes portes de métal et les murs épais, qui bloquent même le signal des réseaux mobiles, sont aussi abrités des collections d'art privées et des trésors des quatre coins du monde.

Pandémie oblige, les visiteurs se font rares, en tout cas en provenance de l'étranger. En temps normal, les Japonais sont parmi les plus réguliers à venir inspecter leurs investissements.

"Ils viennent une fois par an, regardent leur marchandise, font des photos, puis s'en vont", raconte M. Foo.

Pour le reste, les investisseurs sont principalement Européens et Américains. M. Foo s'attend à ce que sa clientèle asiatique progresse au cours des prochaines années.

Reste à convaincre ces derniers, réputés plus friands de bijoux que de lingots et de pièces d'or, que le métal doré s'apprécie aussi à l'état brut, ou presque.

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