Accord UE/Mercosur: pour la France, "à ce stade, le compte n'y est pas"

Accord UE/Mercosur: pour la France, "à ce stade, le compte n'y est pas"

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert lors d'une conférence de presse le 16 janvier 2018 à Paris

AFP, publié le mercredi 31 janvier 2018 à 18h21

Le ministre de l'Agriculture français, Stéphane Travert, a déclaré mercredi devant l'Assemblée nationale que dans les négociations commerciales UE/Mercosur, "à ce stade, le compte n'y est pas".

"La France souhaite avancer avec le Mercosur, mais dans le contexte politique actuel, il est essentiel d'aboutir à un résultat équilibré et à ce stade, le compte n'y est pas", a déclaré le ministre.

"Pour ce qui concerne le boeuf, le volume de contingent doit s'écarter le moins possible du volume jusqu'ici présenté dans l'offre européenne", a prévenu M. Travert.

"Il s'agit d'une ligne rouge que le président de la République a rappelée à Jean-Claude Juncker", a affirmé le ministre, précisant que ce volume doit être "déclaré finement et encadré afin d'établir l'équité des conditions de concurrence avec les producteurs du Mercosur".

"En matière d'indication géographique, nous devons obtenir un résultat cohérent avec l'effort de montée en gamme de nos différents producteurs", a ajouté le ministre, quelques heures à peine après la présentation en conseil des ministres d'un projet de loi qui doit permettre de mieux rémunérer les agriculteurs français sur le marché français.

Il espère que ce résultat "contribue(ra) à étendre au continent américain l'approche Indication géographique et la reconnaissance du patrimoine agrolimentaire européen qu'elle incarne".

M. Travert a également mentionné la mise en oeuvre des "engagements sanitaires" du Mercosur, faisant notamment référence au scandale de la viande avariée au Brésil, et les ouvertures attendues en matière de droits de douanes, qui n'ont "pas été faites".

"Nous sommes très vigilants sur les conditions dans lesquelles l'accord du Mercosur se conduira dans les prochaines semaines", a assuré le ministre.

La réponse de M. Travert fait suite aux sévères critiques du président de la Fédération nationale bovine (FNB), Bruno Dufayet, à l'encontre des nouvelles propositions européennes dans la négociation commerciale avec les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Il a estimé mercredi que les consommateurs européens seraient "bernés" et "sacrifiés" si l'Europe devait recevoir 99.000 tonnes de viande sans droits de douane de ces pays.

"Antibiotiques, activateurs de croissance, farines animales, OGM, tout ce qui est interdit chez nous est autorisé dans ces pays-là" dans les méthodes d'élevage, a déclaré M. Dufayet au micro de RMC mercredi matin, en rappelant que "80% de la déforestation est liée à l'élevage bovin" au Brésil.

Le consommateur sera d'autant plus "berné", selon lui, que l'essentiel de la viande Mercosur serait utilisé "dans la transformation", c'est-à-dire l'industrie agroalimentaire, les plats préparés, les surgelés, la restauration rapide et collective, sans étiquetage ni mention de la provenance.

"On est en train de sacrifier l'alimentation des Français et des Européens pour pouvoir envoyer des voitures et sans doute autre chose" dans ces pays, a ajouté M. Dufayet, lui-même éleveur de vaches Salers dans le Cantal. 

Il a espéré une intervention d'Emmanuel Macron pour empêcher un tel accord qui menace, selon lui, "plus de 30.000 éleveurs".

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2 commentaires - Accord UE/Mercosur: pour la France, "à ce stade, le compte n'y est pas"
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    Naturalibus -

    La majorité des citoyens est favorable à l'Europe (monnaie commune, aller d'un pays à l'autre sans frontières, ...) mais votent pour des (ultra-)libéraux. De plus, les dirigeants européens, Juncker en tête, sont des (ultra-)libéraux.
    Nos dirigeants, irresponsables pourritiques, scient la branche sur laquelle nous sommes assis.
    "Le commerce et la finance d'abord !" est la politique qu'ils appliquent.
    Nous, citoyens, devons nous battre, non contre les pays étrangers qui nous proposent leur m..., mais contre nos propres dirigeants qui acceptent voire demandent cette m...
    Actuellement, malheureusement, nous méritons nos dirigeants.
    A bon entendeur, ...

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    WOODCOCK62 -

    On va ,c'est sûr ,encore se faire baiser par l'Europe ,car nos dirigeants ,nos députés européens ne font pas leur travail à Bruxelles,ils sont juste élus pour passer à la caisse ,se remplir les poches sans payer d'impôts et c'est tout ! Voyez la pêche électrique qu'ils ont laissé faire et met sur la paille aujourd'hui nos bateaux pendant que les hollandais pillent la mer du nord ! L' Europe interdit même à un simple citoyen pêcheur, à la côte (surf casting), de prendre un bar jusqu'en 2020,mais ou va t'on ! pendant ce temps les professionnels en rejettent des tonnes à la mer car les quotas sont dépassés. Cette merde d'Europe des technocrates va tous nous faire mourir par son incompétence et sa corruption orchestrée par les lobbies financiers .Voila ce qu'on accepte ,nous français ,de la part de l'Europe ,c'est une honte pour nos parlementaires !

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