Aciérie Ascoval: audience de la dernière chance mercredi

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Des ouvriers d'Ascoval à Saint-Saulve le jour de la décision du tribunal de Strasbourg, le 19 décembre 2018, d'autoriser la reprise de l'usine par Altifort
Des ouvriers d'Ascoval à Saint-Saulve le jour de la décision du tribunal de Strasbourg, le 19 décembre 2018, d'autoriser la reprise de l'usine par Altifort
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© AFP, FRANCOIS LO PRESTI

AFP, publié le mardi 23 avril 2019 à 09h49

Audience de la dernière chance pour l'aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord): le tribunal de grande instance de Strasbourg examine mercredi, en principe une ultime fois, les projets des potentiels repreneurs de ce dossier aux multiples rebondissements, emblématique de la désindustrialisation.

La chambre commerciale du TGI avait accordé le 27 mars un nouveau délai, un mois après le désistement du groupe franco-belge Altifort qui avait fait l'effet d'une douche froide pour les salariés, désormais 270 après une poignée de démissions et des départs en retraite.

Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, cette aciérie qui fabrique des tubes d'aciers spéciaux attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, auquel le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60% de l'usine, tout en conservant 40% des engagements de commandes.

- Quatre offres -

Mi-décembre, le tribunal de Strasbourg avait mis fin à un long suspense en validant la reprise de l'usine par Altifort. Mais, à la surprise générale, le projet avait échoué en février, le groupe franco-belge n'ayant pas réussi à réunir les 35 millions d'euros qu'il s'était engagé à apporter. Le tribunal de Strasbourg avait alors accordé un nouveau sursis d'un mois à l'aciérie.

Mercredi, la justice examinera chacune des quatre offres déposées depuis, celles du sidérurgiste britannique Bristish Steel, du fabricant italien d'aciers spéciaux Calvi Networks, du fonds Secufund Industry et de l'industriel régional Pascal Cochez.

Depuis le 27 mars, seul British Steel a déposé une offre améliorée, qui "se distingue" et "tient la corde" alors que Calvi et l'ancien patron d'Ascometal Franck Supplisson, qui porte le projet du fonds SecuFund Industry, ont maintenu la leur sans revoir leur copie, selon des sources concordantes.

"Industriellement, c'est une offre qui est solide et, financièrement, elle tient aussi la route", a déclaré à l'AFP une source proche des discussions, alors que Calvi aurait "besoin de plus de temps".

Le jugement devrait être mis en délibéré la semaine prochaine et ainsi mettre fin à ce feuilleton devenu un marqueur de la politique industrielle du quinquennat Macron.

- Les plus crédibles -

"C'est British Steel qui aurait le plus de chances de remporter le marché", a affirmé à l'AFP Fabien Roussel, député de l'arrondissement et secrétaire national du PCF. 

Les offres de British Steel et Calvi ont la préférence de la direction et des syndicats, lesquels remettront un avis à l'administrateur judiciaire mardi à Paris.

"Elles sortent du lot. Ce sont les dossiers les plus crédibles, parce qu'ils maintiennent l'effectif contrairement aux autres et ce sont des sociétés du métier", a souligné Nacim Bardi, délégué CGT. "Pour moi, on sera repris".

Selon lui, British Steel anticipe le Brexit et les économies de taxe carbone qu'elle pourrait réaliser avec cette aciérie tournant à l'électricité par rapport aux hauts fourneaux d'outre-Manche, tandis que Calvi aurait besoin d'une aciérie pour posséder une filière intégrée.

Pour les syndicats, l'audience de mercredi sera celle de la dernière chance, alors que le moral des salariés est miné par les multiples rebondissements qu'a connus le dossier.

"Côté salariés, c'est très difficile, il y a encore des traces dans leur mémoire (du défaut d'Altifort, ndlr). Notre avenir, c'est tout le temps un grand point d'interrogation", a-t-il rapporté. Certains ont démissionné pour trouver ailleurs une "situation professionnelle plus stable".

Faute de nouvelles commandes, l'aciérie est en sous-activité depuis fin mars, mais Ascoval compense la perte de salaire engendrée par le chômage technique, a assuré à l'AFP une source proche de la direction.

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