Aérien : l'incroyable succès des vols "pour nulle part"

Aérien : l'incroyable succès des vols "pour nulle part"
Boeing

Boursier.com, publié le lundi 21 septembre 2020 à 14h44

La compagnie aérienne australienne Qantas Airways a proposé un vol au départ de l'aéroport de Sydney le 10 octobre avec retour au même endroit après sept heures de vol au-dessus de l'Australie. Les billets se sont vendus en l'espace de dix minutes...

Les "globe trotters" en mal de voyage dans les airs semblent y trouver un palliatif... Plusieurs compagnies aériennes, dont les avions restent cloués au sol, pandémie de coronavirus oblige, ont fait une proposition inédite ces dernières semaines : mettre en vente des vols de plusieurs heures, pour "aller nulle part", et seulement retrouver le plaisir de voler.

La compagnie aérienne australienne Qantas Airways a proposé un vol au départ de l'aéroport de Sydney le 10 octobre avec retour au même endroit après sept heures de vol au-dessus de l'Australie. Les billets se sont vendus en l'espace de dix minutes, malgré des tarifs élevés, entre 500 et 2.300 euros.

Des vols à thème

Mais Qantas n'est pas la première à avoir eu cette idée. EVA Air, basée à Taiwan, a déjà effectué des vols aller-retour sur le thème du personnage japonais "Hello Kitty" au départ et à destination de Taipei en août.

La compagnie japonaise ANA a de son côté offert un bref vol touristique au-dessus de Tokyo en août, sur les avions qu'elle utilise normalement pour aller à Honolulu. Elle affirme que 300 passagers "ont profité d'une expérience de vacances hawaïennes à l'aéroport et à bord".

Singapore Airlines, de son côté, étudie la question... La compagnie envisage elle aussi de se lancer dans ces vols "pour aller nulle part", afin de garder contact avec ses passagers.

De petits profits ?

Problème : les coûts de ces vols sont importants pour des compagnie aériennes mises à terre par la crise sanitaire et les restrictions de déplacement. Les experts du secteur estiment qu'elles pourraient atteindre le seuil de rentabilité, voire réaliser de petits profits, même s'il ne faut pas attendre de miracle de ces nouvelles formules.

Sans compter sur les critiques des défenseurs de l'environnement, alors que les émissions de carbone provoquées par le transport aérien pèsent très lourd dans le réchauffement climatique. La compagnie Qantas a promis de payer des compensations de carbone pour atténuer l'impact de son vol de sept heures.

Situation catastrophique

Selon les chiffres de l'Association internationale du transport aérien (IATA), la perte de revenus pour le secteur aérien devrait s'élever en 2020 à 419 milliards de dollars, soit un plongeon de 50%.

La demande devrait chuter sur l'année de 54%, avec 7,5 millions de vols annulés. Environ 25 millions d'emplois sont menacés...

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