Agriculture : "déclin" attendu de l'Europe occidentale dans les dix ans à venir

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Vue aérienne de l'irrigation d'un champ de blé à Wolfgantzen, dans l'est de la France, le 24 juin 2018
Vue aérienne de l'irrigation d'un champ de blé à Wolfgantzen, dans l'est de la France, le 24 juin 2018
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© AFP, SEBASTIEN BOZON

AFP, publié le mardi 03 juillet 2018 à 18h42

L'agriculture devrait décliner en Europe occidentale dans les dix ans à venir, selon les prévisions de l'OCDE et de la FAO, les surfaces de prairies et de cultures se réduisant alors qu'elles augmentent sur le continent américain et en Asie du sud-est.

La part des pays d'Europe occidentale (UE, Norvège et Suisse) dans la production mondiale d'orge, de seigle, de colza, de tournesol, de blé, de lait et de viande, "devrait chuter au fur et à mesure que les autres pays et régions vont voir leur croissance s'accélérer", indique le rapport "Perspectives agricoles 2018-2027" présenté mardi par les deux institutions internationales.

Dans le même temps, la Russie va, elle, rester première exportatrice mondiale de blé.

Le "déclin" européen "sera plus particulièrement marqué pour le biodiesel", réalisé à partir de colza ou de tournesol, dont la production devrait baisser de 4% en dix ans à la suite d'un recul de la demande de diesel, souligne le rapport.

L'Europe occidentale restera néanmoins le deuxième producteur mondial de biodiesel, mais une "inconnue majeure" repose sur la "possible révision à la baisse" du taux d'incorporation obligatoire, qui pourrait "engendrer une baisse radicale de la production", avertissent les auteurs.

Au global, dans cette zone du monde, les surfaces de prairies devraient diminuer à 80,58 millions d'hectares en 2027 contre 81,91 M ha en 2015-17, et les surfaces consacrées aux cultures végétales (céréales, oléagineux..) devraient tomber à 94,85 millions d'hectares contre 97,22, selon le rapport.

Dans le même temps, en Amérique du nord et du sud, les surfaces herbagères consacrées à l'élevage devraient augmenter à 870,41 millions d'hectares en 2027 contre 860,89 Mha en 2015-17, quand celles consacrées aux cultures s'étaleront sur 368,73 millions d'hectares contre 366,22 M ha en 2015-17.

En Asie du sud-est, les "produits végétaux" couvriront 506,56 millions d'hectares en 2027 contre 496,8 millions en 2015-17, tandis que les surfaces de prairie diminueront très légèrement à 585,8 millions d'hectares contre 586,1 Mha.

- Plaidoyer pour des marchés ouverts -

La Fédération de Russie - qui a "supplanté l'Union européenne" en tête du classement mondial des exportateurs de blé en 2016 - devrait "conserver cette place en 2027", avec "une part des exportations mondiales de 20%", indique le rapport.

Sur le marché du blé, la part de marché des pays exportateurs développés - principalement les Etats-Unis, le Canada et l'Australie - "pourrait bien diminuer" tout en conservant les marchés de blé de qualité supérieure à teneur en protéines élevée, indique le document.

Ce rapport analyse produit par produit la production, la consommation, et la demande d'ici dix ans, en tenant compte de la volatilité des marchés, des impacts climatiques, et de l'évolution de la population notamment.

L'OCDE et la FAO s'inquiètent par ailleurs d'une politique de l'eau "de moins en moins durable" au Moyen-Orient et en Afrique du nord, zone du monde qui dépendra de plus en plus des importations de produits de base, et où la production agricole totale devrait baisser de 21% d'ici la fin du siècle par rapport à 2000.

Dans un contexte d'accélération des guerres commerciales, le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria a plaidé en faveur d'une "politique commerciale ouverte et prévisible" surtout pour les pays dépendant des importations pour se nourrir, au cours d'une conférence de presse à Paris.

"La fermeture des frontières posera une menace sur la sécurité alimentaire" a-t-il ajouté.

Les deux organisations ont prévu une "forte croissance" de la production agricole en Afrique sub-saharienne au cours des dix ans à venir, mais M. Gurria a prévenu qu'il ne fallait pas attendre de "changement magique" dans cette région du monde, loin d'être autosuffisante pour son alimentation.

"Il y a un grand potentiel, mais rien n'arrive par magie, il faut des politiques publiques délibérées qui appuient la production", a-t-il dit.

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