Aides sociales : le gouvernement tente de calmer le jeu

Aides sociales : le gouvernement tente de calmer le jeu©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 23 mai 2018 à 16h48

Le gouvernement a tenté mercredi de désamorcer les inquiétudes croissantes sur la perspective d'une baisse des prestations sociales. Les questions s'enchaînent, dans l'opposition mais aussi au sein de la majorité, après un rapport de la direction du Budget révélé par 'le Monde' qui va dans ce sens, et de déclarations de Bruno Le Maire sur les aides à l'emploi.

Interrogé sur ce rapport proposant de réduire les prestations sociales, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux a expliqué que ce "document de travail" ne préjugeait pas des orientations de l'exécutif. "C'est le rôle de l'administration" de faire "des notes" mais "c'est le politique qui prend les décisions et qui tranchera", a-t-il déclaré lors du compte rendu du conseil des ministres.

Le marché du travail va mieux

Selon lui, "rentrer sur la question des prestations sociales par un angle strictement budgétaire n'est pas la bonne manière de procéder" et il faut mener "une réinterrogation complète de notre modèle social (que le gouvernement a) déjà engagée".

Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin avait précisé sur BFM TV et RMC que son collègue à Bercy Bruno Le Maire avait eu "raison" en évoquant dimanche une baisse des aides sociales à l'emploi conditionnée à l'amélioration de la situation du marché du travail.

Il a ainsi cité l'exemple de la prime d'activité, dont le montant global - passé de quatre milliards d'euros en 2016 à six milliards en 2018 en lien avec la reprise économique - sera "sans doute baissé", avec pourquoi pas des critères d'attribution "un peu plus sérieux, un peu plus efficaces, on y travaille".

"Ne pas toucher aux prestations"

"Pour autant, on ne touchera pas les prestations sociales des gens", a insisté Gérald Darmanin en revendiquant une "sensibilité différente" de celle du ministre de l'Economie et des Finances.

"Je pense qu'il faut faire des réformes importantes dans le domaine social, il y a évidemment des économies à faire (...) mais il ne faut pas toucher aux prestations sociales individuelles", a-t-il expliqué.

Critiques

Les réactions négatives se sont enchaînées lundi, après les déclarations du patron de Bercy Bruno Le Maire au cours du weekend. Le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière (La France insoumise) a dénoncé sur CNEWS des "méthodes de voyou" et estimé que toutes les annonces du gouvernement visaient "à raboter les aides sociales, à supprimer de la solidarité".

Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, a évoqué sur RTL "une politique inégalitaire", en faveur des "10%, 5% de premiers de cordée" qui ont selon lui "coupé la corde depuis bien longtemps".

Les critiques se sont également pas fait entendre au sein de la majorité, par la voix de la députée du Pas-de-Calais Brigitte Bourguignon, ex-socialiste et figure de l'aile "sociale" de La République en Marche. "C'est une mauvaise idée, c'est une idée de Bercy et nous ne sommes pas là pour traduire uniquement les idées de Bercy", a-t-elle estimé sur France Info.

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