Air France: "Un patron, une stratégie", et seulement après une possible évolution du capital, selon Philippe

Air France: "Un patron, une stratégie", et seulement après une possible évolution du capital, selon Philippe
Avions Air France à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle en juin 2018

AFP, publié le vendredi 15 juin 2018 à 09h37

Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé vendredi que la priorité pour Air France-KLM était de "trouver un patron", qui devra définir "une stratégie" pour le groupe, avant que les "questions capitalistiques" ne soient posées.

"Un patron, une stratégie, et ensuite on en tire les conséquences capitalistiques. On ne fait pas les choses à l'envers", a résumé M. Philippe sur Radio Classique.

"Il faut trouver un nouveau patron pour l'entreprise. Il faut une réflexion opérationnelle et industrielle pour permettre à l'entreprise de repartir, et ensuite, simplement ensuite, on se posera les questions capitalistiques, de éventuellement cession ou modification", a-t-il développé.

"Il y a peu de sujets qui sont totalement tabous dans mon esprit", a-t-il ajouté à ce propos.

Trouver un patron est "la première priorité" fixée par l'Etat actionnaire à Anne-Marie Couderc, présidente non-exécutive du groupe depuis le départ de Jean-Marc Janaillac, a-t-il ajouté.

Mme Couderc a indiqué jeudi que le nouveau PDG d'Air France-KLM devrait être choisi "dans l'idéal" avant le 15 juillet.

Interrogé par ailleurs pour savoir s'il appelait les Français à voyager avec la compagnie nationale, le Premier ministre a estimé qu'"en toute matière il est toujours bon, lorsqu'on peut, de consommer français".

Il a remarqué que "la grève a fait perdre beaucoup d'argent à Air France, c'est incontestable, et a privé probablement Air France de ce surcroît d'activité (observé dans le secteur du transport aérien, NDLR) qui aurait permis à l'entreprise d'aborder la suite de l'année, et probablement les années suivantes, dans de meilleures conditions".

Dans ce contexte, "est-ce que ça veut dire que l'année est perdue? Je ne crois pas. Est-ce que ça veut dire que chacun doit prendre ses responsabilités ? J'en suis certain. Est-ce que ça veut dire que si les Français considèrent qu'il y a là un enjeu qui serait plus qu'un enjeu économique ou un enjeu de service, mais une forme d'enjeu national, ils veulent en tirer les conséquences? je les y invite", a-t-il dit. 

Quinze journées de grève entre fin février et début mai ont coûté entre 300 et 350 millions d'euros à la compagnie selon Mme Couderc.

L'intersyndicale a annoncé un nouveau préavis de grève pour les salaires, du 23 au 26 juin.

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