Airbnb vise la Bourse en 2020, mais fera-t-il rêver Wall Street ?

Airbnb vise la Bourse en 2020, mais fera-t-il rêver Wall Street ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 19 septembre 2019 à 23h26

Malgré un contexte difficile pour les introductions en Bourse de start-up et de "licornes", Airbnb a annoncé jeudi son intention d'entrer à Wall Street en 2020.

La plate-forme de location touristique entre particuliers Airbnb s'intéresse à son tour à une cotation en Bourse. Fondé en 2008, Airbnb prépare une entrée à Wall Street pour 2020, a annoncé jeudi le groupe américain dans un communiqué, sans donner de précisions supplémentaires.

La société revendique un réseau de six millions de logements dans 100.000 villes et 191 pays. A ce stade, il est difficile de savoir combien les marché sont prêts à payer pour Airbnb. Faut-il la valoriser comme une "techno" ou comme un simple groupe hôtelier d'un type un peu particulier ?

Des marchés boursiers proches de leur zénith

En début d'année, des investisseurs valorisaient l'entreprise à environ 31 milliards de dollars mais ce chiffre pourrait être surévalué car depuis début 2019, plusieurs introductions en Bourse (IPO) de "licornes" de la nouvelle économie ont viré au cauchemar pour leurs actionnaires.

En outre, la Bourse de New York évolue actuellement près de ses plus hauts niveaux historique, au moment précis où l'économie mondiale donne de nets signes de ralentissement. La probabilité d'une correction boursière est assez élevée, et elle frapperait en priorité les sociétés aux cours les plus gonflés, à commencer par les valeurs technologiques et internet au sens large.

Grosse déconfiture boursière pour Lyft et Uber

Ainsi, les deux groupes de VTC Uber et Lyft, introduits en début d'année, ont perdu entre un quart et un tiers de leur valeur depuis leur première cotation à Wall Street.

Introduite à 45$ le 9 mai dernier, l'action Uber s'échange ces jours-ci à moins de 34$, soit un recul de près de 25%. Le leader mondial des VTC qui visait initialement une valorisation proche de 120 milliards de dollars, doit se contenter d'environ 58 Mds$ et accumule les pertes financières.

Quant à son concurrent Lyft, il est valorisé 13,6 Mds$, et a perdu plus de 34% par rapport à son cours d'introduction de 72$ en mars dernier.

WeWork forcé de reporter son IPO

Tout récemment, le groupe d'espaces de co-working WeWork a dû reporter sine die son projet d'IPO en raison du manque d'appétit des investisseurs, qui ont remis en doute son modèle de valorisation. WeWork, en surfant sur la vague des compagnies du numérique, a réussi à être valorisé comme une "techno" lors de tours de tables privés, mais à y regarder de plus près, la compagnie ressemble davantage à une société foncière, gérant un parc de bureaux, dont la valorisation est beaucoup moins généreuse en Bourse.

Valorisée 47 milliards de dollars lors de son dernier tour de table en janvier, WeWork a vu son prix potentiel fondre à 15 Mds$ sur fond de doutes concernant son modèle économique mais aussi sa gouvernance.

Une bulle spéculative

Après avoir été recherchées pendant des années dans le cadre de tours de tables entre investisseurs privés (fonds et grandes banques), les start-up de l'économie numérique et les "licornes" du web ont atteint des valorisations jugées dignes d'un bulle spéculative par de nombreux analystes financiers.

Ces derniers s'interrogent sur le modèle économique de ces sociétés, qui malgré une forte croissance, alignent des pertes depuis leur création et ne parviennent toujours pas à convaincre qu'elles sont capable de devenir rentables en dépit de lourds investissements.

Les comptes détaillés d'Airbnb attendus de pieds ferme

Airbnb assure de son côté avoir dégagé un excédent brut d'exploitation en 2017 et 2018, mais ne communique pas sur son résultat net. Une cotation en Bourse l'obligera à déposer auprès de la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, des comptes de résultat et des bilans détaillés, et à exposer tous les facteurs de risques auxquels s'exposent les investisseurs.

Or, le groupe fait face à de nombreux procès dans le monde, et de nombreuses villes ont banni ou limité son activité en raison de ses effets pervers sur le marché immobilier local (hausse des prix, nuisances...) et sur l'industrie hôtelière classique qui dénonce une concurrence déloyale.

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