Airbus ne prendra pas d'engagements sur l'absence de départs contraints

Airbus ne prendra pas d'engagements sur l'absence de départs contraints
Guillaume Faury, le successeur de Tom Enders (CEO)

Boursier.com, publié le lundi 03 août 2020 à 17h15

Dans un entretien à 'La Tribune', le PDG du groupe Guillaume Faury a dit ne pas vouloir s'engager sur l'absence de départs contraints au sein du groupe...

Malgré les appels du gouvernement, le PDG d'Airbus Guillaume Faury s'est montré fermé à l'idée de prendre des engagements concernant les départs contraints au sein du groupe, évoquant un manque de visibilité sur un nombre suffisant de candidats volontaires au départ. Le 30 juin dernier, l'avionneur avait pour rappel annoncé la suppression d'environ 15.000 postes, soit 11% des effectifs, dont 5.000 en France.

"Dans un environnement économique aussi difficile, personne ne peut dire aujourd'hui qu'il y aura, parmi les personnels, suffisamment de candidats volontaires au départ", a-t-il expliqué dans un entretien accordé à 'La Tribune'. "C'est une grosse incertitude aujourd'hui et c'est la raison pour laquelle je ne prends pas d'engagements sur l'absence de départs contraints", a-t-il ainsi affirmé.

Le patron d'Airbus a toutefois dit comprendre "que les pouvoirs publics ne voient pas d'un bon oeil les licenciements secs" et assuré faire tout ce qu'il peut "pour trouver des solutions" avec les partenaires sociaux. "Nos gouvernements nous aident. Ils sont des partenaires sociaux extrêmement utiles dans cette crise en nous apportant un soutien très fort", a-t-il poursuivi dans l'édition en ligne du journal économique.

"Zéro départ contraint"

Guillaume Faury a ainsi décidé de ne pas répondre aux demandes du gouvernement, qui estime que le groupe doit viser le "zéro départ contraint". Fin juillet, la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher avait également appelé Airbus à ne pas avoir recours à des départs contraints dans le cadre de son plan social. Elle avait précisé que le gouvernement, qui a débloqué 15 milliards d'euros pour soutenir la filière aéronautique, resterait "vigilant", en suivant "de très près la façon dont l'argent public sera employé".

"Je demande à Airbus et aux gros donneurs d'ordre de prendre leurs responsabilités, ce qui veut dire, au sein de leur entreprise trouver toutes les solutions et mobiliser tous les leviers", avait-elle exhorté en visite à Toulouse (Haute-Garonne), où elle avait rencontré la direction d'Airbus avant de s'entretenir avec les organisations syndicales.

La chaîne d'assemblage de l'A321 à Toulouse ne verra pas le jour

Le patron d'Airbus a tenu à souligner de son côté que "les réductions de postes sont liées à la réduction de l'activité industrielle". "L'activité ne s'invente pas. Si le marché devait repartir rapidement et que nous retrouvons de la visibilité, nous serions ravis d'alléger notre restructuration globale et notre redimensionnement. Mais il faut être réaliste. Quand nous voyons les difficultés des compagnies aériennes, il est peu probable qu'elles aient la capacité de repartir très fortement", a-t-il expliqué.

Interrogé sur la création d'une chaîne d'assemblage de l'A321 à Toulouse, Guillaume Faury a estimé que le groupe n'avait "aucune raison d'investir de l'argent dans des capacités de production pour lesquelles nous n'aurons pas d'avions à produire". Début juin, au moment où l'Etat avait annoncé des mesures de soutien à la filière, des élus locaux avaient demandé à Airbus de ne pas renoncer au projet...

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