Airbus vole au secours de Bombardier face à Boeing

Airbus vole au secours de Bombardier face à Boeing©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 17 octobre 2017 à 08h24

 Bombardier a trouvé son chevalier blanc pour son programme CSeries... Et ce sera Airbus! Engagé dans une lutte sans merci avec Boeing  qui l'accuse de vendre ses avions à pertes, le constructeur canadien va donc faire équipe avec le concurrent numéro un de l'avionneur américain.

Airbus va détenir la majorité du programme

Selon les termes de l'accord, Airbus détiendra 50,01% de la structure 'CSeries Aircraft Limited Partnership' (CSALP), l'entité qui fabrique et vend les avions CSeries. Bombardier et Investissement Québec (IQ) détiendront respectivement environ 31% et 19% du capital. Airbus, qui ne va injecter aucun argent frais dans le cadre de cette transaction, ni même éponger une partie de la dette de Bombardier, apportera au programme C-Series son expertise en matière d'achats, de ventes et marketing et de service clients. Airbus aura par ailleurs le droit d'acquérir à l'avenir 100 millions d'actions Bombardier de classe B. Le siège social et la chaîne de montage primaire de CSALP ainsi que les fonctions connexes demeureront au Québec.

L'usine américaine d'Airbus stratégique

Airbus a proposé d'assembler certains des avions monocouloirs CSeries dans son usine de l'Alabama, pour les commandes de compagnies américaines. Une décision qui permettra à Bombardier d'éviter de payer les droits de douane exorbitants décrétés par les autorités américaines le mois dernier. "Cette ligne de production américaine va permettre de soustraire les avions de 110 à 130 sièges à de possibles droits de douane américains de 300%", a déclaré le directeur exécutif de Bombardier, Alain Bellemare, lors d'une conférence de presse. "Réaliser cet accord a une grande valeur stratégique", a-t-il ajouté.

L'avionneur européen réalise un joli coup avec cette opération dans la mesure où son portefeuille s'enrichit d'un appareil de 100 à 150 sièges, fortement complémentaire de sa gamme de monocouloirs actuels, davantage tournée vers des capacités plus importantes de 150 à 240 places.

La transaction, conditionnée aux approbations réglementaires habituelles, devrait être bouclée au cours du second semestre 2018.

Boeing furieux

Boeing n'a pas tardé à réagir à cette annonce via Twitter : "Ça semble être une entente discutable entre deux compétiteurs hautement subventionnés pour contourner les mesures du gouvernement américain. Tout le monde devrait jouer avec les mêmes règles afin que le commerce libre et équitable puisse fonctionner".

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