Altice Europe: Patrick Drahi prend le contrôle quasi total, dernier jour de cotation le 26 janvier

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Le fondateur d'Altice Patrick Drahi à Paris, le 9 octobre 2018, lors de l'inauguration du campus d'Altice
Le fondateur d'Altice Patrick Drahi à Paris, le 9 octobre 2018, lors de l'inauguration du campus d'Altice
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© AFP, ERIC PIERMONT

AFP, publié le vendredi 22 janvier 2021 à 11h16

Dernier jour de cotation le 26 janvier pour Altice Europe: le milliardaire Patrick Drahi, fondateur et actionnaire majoritaire du groupe de télécoms et de médias (SFR, RMC, BFMTV...), va détenir 92,02% du capital à l'issue de l'opération de rachat d'actions qu'il avait lancée dans l'objectif de retirer le titre de la Bourse d'Amsterdam. 

"Environ 90,89% des actions qui n'étaient pas encore détenues par l'acheteur ont été remises" lors de cette opération, pour un montant de 3,1 milliards d'euros, indique vendredi Altice Europe dans un communiqué.

Cette opération permet à M. Drahi de contrôler "95,11% des actions cotées et environ 92,02% du capital total d'Altice Europe", précise encore le document.

Le paiement des actions, vendues au prix unitaire de 5,35 euros, interviendra le 26 janvier, ce qui permettra de retirer dans la foulée le titre d'Altice Europe de la Bourse d'Amsterdam, où il était jusqu'à présent coté. Après cette date, "Altice Europe cessera d'exister et sa cotation prendra fin", a indiqué le groupe.

Un temps contesté par certains actionnaires minoritaires, M. Drahi, qui détenait auparavant 77,6% du capital du groupe, avait réussi fin décembre à rallier plusieurs fonds d'investissements en relevant le prix de son offre de 4,11 à 5,35 euros par titre. Avant d'obtenir le feu vert officiel des actionnaires lors d'une assemblée générale extraordinaire (AGE) le 7 janvier.

Lancée officiellement fin novembre, l'opération, approuvée par le conseil d'administration de l'entreprise et validée par le régulateur financier, s'est achevée le 21 janvier.

Parmi les résolutions adoptées lors de l'AGE, outre celles qui concernaient directement les mécanismes de l'opération permettant à Patrick Drahi d'obtenir le contrôle total d'Altice Europe: deux autres résolutions permettaient à deux directeurs du groupe, dont le PDG d'Altice France Alain Weill, d'obtenir des compensations en numéraire pour des titres attribués précédemment.

- Stratégie de long-terme -

Pourquoi réaliser une telle opération? Elle doit permettre au groupe de mettre en place plus facilement sa stratégie et de mieux se concentrer sur des objectifs de long terme, sans avoir ses performances trimestrielles scrutées par les marchés, avait expliqué Patrick Drahi.

"Ne plus être sous le regard quotidien des marchés financiers va lui enlever certainement une forme de pression et de contrainte d'immédiateté pour la gestion de son activité. Cela va lui donner certainement un petit peu plus de latitude, notamment pour gérer sa dette et ses projets stratégiques", avait indiqué à l'AFP Thomas Coudry, analyste télécoms de Bryan, Garnier & Co.

La dette d'Altice, dont les activités européennes et américaines ont été séparées en 2018, a longtemps inquiété les marchés. Celle d'Altice Europe, gonflée par des acquisitions successives, s'affichait à 28,5 milliards d'euros à fin septembre.

Le groupe, qui table toujours sur un chiffre d'affaires et un excédent brut d'exploitation (Ebitda) en croissance pour l'exercice actuel, a assuré qu'aucune ligne de crédit majeure n'arrivera à maturité d'ici 2025.

"Ne plus avoir de minoritaires au capital, c'est aussi pouvoir garder tout le +cash flow+ pour lui, ce qui est un élément important", a encore souligné l'analyste.

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