Amazon : la justice donne raison à un ex-salarié "Gilet jaune" ayant appelé au blocage

Amazon : la justice donne raison à un ex-salarié "Gilet jaune" ayant appelé au blocage©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 20 octobre 2020 à 15h52

Licencié en novembre 2018 après avoir appelé sur Facebook à bloquer les entrepôts du groupe, un ancien agent d'exploitation a obtenu gain de cause devant le conseil des prud'hommes d'Orléans...

Victoire pour cet ex-salarié du site Amazon de Saran, dans le Loiret... Licencié pour "faute grave" en novembre 2018 pour avoir lancé un appel aux "Gilets jaunes" pour bloquer les entrepôts du géant du e-commerce, l'ancien agent d'exploitation a obtenu gain de cause face à son employeur, le conseil des Prud'hommes d'Orléans ayant jugé le licenciement "sans cause réelle et sérieuse", a appris 'franceinfo' par son avocat.

"Je pense en effet qu'Amazon a voulu, dès le début du mouvement des 'Gilets jaunes', faire un exemple. Le problème, c'est qu'en voulant donner l'exemple, cela s'est retourné contre eux jusqu'au point où aujourd'hui, au contraire, ils ont été condamnés et qu'ils vont devoir indemniser le salarié", a expliqué ce mardi son avocat Me Avi Bitton.

"Il n'est pas fautif de la part d'un salarié d'appeler à manifester devant l'entreprise", a-t-il poursuivi, rappelant qu'il s'agissait d'un appel à manifester "sur la voie publique qui n'est pas un lieu privé et qui n'appartient pas à Amazon".

21.000 euros de dommages et intérêts et indemnités

Le 18 novembre 2018, l'ancien employé avait publié un message sur le groupe Facebook baptisé "Nous Gilets Jaunes", suivi par plusieurs milliers de personnes, suggérant le "blocage de l'entrepôt" à la veille d'une période où l'entreprise est habituellement au maximum de ses capacités.

"Pour frapper un grand coup et nuire à l'économie, blocages des entrepôts Amazon. La semaine du Black Friday commence demain et c'est encore les plus aisés qui vont en profiter", avait alors écrit l'ancien agent d'exploitation d'Amazon, qui touchera des dommages et intérêts et indemnités à hauteur de 21.000 euros, selon les informations de 'France Bleu'.

Une volonté de "nuire à l'économie"

Pour avoir lancé cet appel, l'homme de 37 ans avait alors été mis à pied trois jours plus tard puis licencié pour faute grave. A l'époque, Amazon avait également envoyé une dizaine de "notifications" de licenciements à des salariés de plusieurs sites français. 'Le Parisien' avait publié des extraits de ces lettres, qui évoquaient notamment un "comportement en opposition totale aux valeurs de l'entreprise" de certains employés.

Or, selon le jugement que 'franceinfo' a pu se procurer, la justice a estimé que le message posté sur Facebook par l'ex-salarié, qui avait d'ailleurs demandé à réintégrer l'entreprise lors d'une conciliation devant les prudhommes, avait "une portée générale", avec la volonté de "nuire à l'économie", et non à l'entreprise.

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