Appel à la grève à BFMTV et RMC contre des suppressions de postes

Appel à la grève à BFMTV et RMC contre des suppressions de postes
Une grève mercredi à BFMTV/RMC a été votée en AG

AFP, publié le mardi 23 juin 2020 à 17h29

Le vaste plan d'économies à BFMTV et RMC fait des remous: les salariés ont approuvé mardi un appel à une grève de 24 heures mercredi sur les antennes du groupe NextRadioTV, contre les suppressions de postes prévues par la filiale d'Altice, ce qui menace la diffusion d'un ultime débat avant le second tour des municipales à Paris.

La filiale de médias du groupe Altice (BFMTV, RMC, RMC Sport, BFM Business, RMC Découverte, RMC Story...) avait dévoilé le 17 juin un vaste plan d'économies et "de reconquête" pour faire face à l'impact de la crise du Covid-19 et à une concurrence accrue (notamment dans le sport).

Elle prévoit dans ce cadre de supprimer "330 à 380 CDI et jusqu'à 200 pigistes et intermittents", soit environ un tiers des effectifs, sur un total de 1.600 salariés, selon l'intersyndicale.

Un plan que les syndicats avaient aussitôt dénoncé, jugeant "cette coupe drastique incompréhensible" au sein d'un groupe structurellement bénéficiaire. Et ils avaient convoqué mardi une assemblée générale au siège du groupe, à Paris, qui a rassemblé de nombreux salariés et approuvé le principe d'un arrêt de travail.

"Cette action de grève, votée très massivement, débutera dès demain à 00H00 et s'étendra toute la journée", a précisé à l'AFP un membre de l'intersyndicale (CFDT, CGT, SNJ, FO, CFTC et UNSA), qui préfère rester anonyme.

Ce mouvement social menace la diffusion mercredi soir d'un important rendez-vous avant le 2e tour des élections municipales. BFMTV et BFM Paris ont en effet programmé un débat à partir de 20H45 entre les trois candidates à la mairie de Paris qualifiées pour le second tour, Agnès Buzyn (LREM), Rachida Dati (LR) et la maire sortante Anne Hidalgo (PS).

Cette soirée est censée être l'ultime débat dans la capitale (après un autre organisé la semaine dernière sur le service public) avant le second tour, ce dimanche.

- Traitement de choc -

La mobilisation des salariés vise à défendre trois revendications, selon le syndicaliste joint par l'AFP: "pas de départs contraints, refus de diviser par 2 le nombre de pigistes et d'intermittents et une vraie politique sociale du groupe", notamment en matière de salaires.

"Pour nous, il n'y a aucune raison au niveau économique de faire un plan d'une telle ampleur", alors que NextradioTV avait dégagé "77 millions d'euros de bénéfices" l'an dernier, a-t-il ajouté.

La direction d'Altice avait justifié ce traitement de choc par la crise exceptionnelle que traverse le secteur des médias, avec l'effondrement du marché publicitaire entraîné par la récession, mais aussi une très mauvaise passe pour le sport à la télé, entre l'arrêt des compétitions pendant plusieurs mois et la concurrence qui va encore s'aviver en août avec le lancement de Téléfoot, la chaîne du groupe sino-espagnol Mediapro qui diffusera les meilleurs matches de Ligue 1.

Dans un message adressé lundi aux salariés et consulté par l'AFP, les dirigeants de NextradioTV ont défendu "la nécessité de cette inéluctable transformation", face notamment à la crise du marché publicitaire et à la concurrence des plateformes numériques. Et tout en disant comprendre "votre inquiétude, vos doutes, et parfois votre colère", ils ont appelé à "la responsabilité" de tous, et se sont dits ouverts au dialogue.

De leur côté, dans un communiqué publié lundi, les sociétés des journalistes (SDJ) de BFMTV, RMC Info, BFM Paris, RMC Sport et la rédaction de BFM Business, ont exprimé leurs "vives inquiétudes" concernant le "maintien de l'exigence et la qualité éditoriale" des antennes du groupe.

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