Apprentissage: le gouvernement dévoile aides et nouveau financement

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 La ministre du Travail Muriel Penicaud et Edouard Philippe à Matignon à Paris le 9 février 2018

La ministre du Travail Muriel Penicaud et Edouard Philippe à Matignon à Paris le 9 février 2018

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© AFP, STEPHANE DE SAKUTIN

AFP, publié le vendredi 09 février 2018 à 21h29

Barrière d'âge repoussée à 30 ans, financement simplifié et garanti, aide au permis de conduire... le gouvernement a dévoilé vendredi 20 mesures pour attirer davantage de jeunes en apprentissage, misant sur les branches professionnelles pour en faire "une voie d'excellence". 

Jusqu'au bout, cette réforme aura donné lieu à d'intenses batailles, notamment entre le Medef et les régions. Ces dernières ont immédiatement condamné un projet qui selon elles ne répond pas "aux véritables enjeux".

Cette réforme destinée à relancer une filière qui "patine" et "s'embourbe" selon les mots d'Edouard Philippe, consacre la liberté de création des Centres de formation des apprentis (CFA), en dépossédant les régions. 

"Les CFA pourront développer rapidement et sans limite administrative les formations correspondant aux besoins en compétences", a ainsi expliqué le ministère du Travail. 

En revanche, les régions se voient confier "la responsabilité de l'orientation", actuellement du ressort quasi exclusif de l'Education nationale. Mais les modalités restent à définir.

Le Premier ministre Edouard Philippe n'a d'ailleurs pas caché au cours d'une conférence de presse qu'il y avait "encore beaucoup de choses à affiner", reconnaissant une "discussion animée" depuis l'automne. 

"Personne ne remet en cause l'importance des régions dans le dispositif de l'apprentissage", a-t-il assuré. Critiquant ce qu'il a qualifié de "postures", il a préféré insister sur l'"envie commune d'avancer". 

- Satisfaction du patronat -

Néanmoins, les discussions promettent d'être maintenant animées entre les Régions et l'Éducation nationale.

Matignon a précisé que seraient prises d'ici quelques jours "des initiatives pour trouver un mode de travail avec les régions" et organiser cette "responsabilité d'orientation". 

Au sortir de la présentation, Jean-Claude Mailly (FO), s'est dit "opposé" à ce transfert, "pas complètement tranché".

Présent à la conférence de la presse, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education, a acté ce changement mais en évoquant une "coopération" avec les régions en vue d'une "orientation efficace". 

Il a par ailleurs insisté sur "la fluidité" des parcours, assurant qu''il n'y avait pas d'opposition à faire entre les lycées professionnels et les CFA". 

Le Medef a salué de son côté une "réforme ambitieuse qui clarifie la responsabilité des acteurs" et la CPME une "mini-révolution" par laquelle "l'entreprise est clairement replacée au coeur du dispositif". 

L'U2P (artisans) a attiré l'attention sur la nécessité de "procédures simples et sécurisées" dans les secteurs de l'artisanat, du commerce de proximité et de l'hôtellerie-restauration, très pourvoyeurs d'apprentis. 

"Aux entreprises maintenant de jouer le jeu. On verra dans un an si il y a plus d'apprentis avec des parcours de qualité", a lancé Laurent Berger (CFDT). 

- Aide au permis de conduire -

Parmi les mesures: ouverture jusqu'à l'âge de 30 ans, revalorisation de grille de salaire, en particulier pour les plus jeunes. Et une aide de 500 euros pour le permis de conduire. 

Pour les apprentis mineurs, dans le bâtiment ou la boulangerie et pâtisserie, la durée de travail hebdomadaire pourra être rallongée (jusqu'à 40H dans le bâtiment), une revendication de longue date de ces secteurs. 

Le financement des CFA sera désormais dépendant du nombre de contrats. Va être mis en place une "contribution alternance" de 0,85% de la masse salariale pour remplacer la taxe d'apprentissage et la cotisation destinée aux contrats de professionnalisation. 

Son produit devrait avoisiner les 4 milliards d'euros, a précisé le ministère du Travail. 

Les régions, qui réclamaient une part de cette contribution, devraient en recevoir 250 millions d'euros. Elles estiment que le compte n'y est pas et qu'il subsiste "un risque de véritables fractures territoriales". 

Autre nouveauté: les partenaires sociaux vont désormais intervenir dans l'écriture des diplômes professionnels.

Alors que le chômage des jeunes reste très élevé et que certains métiers manquent de bras, l'objectif de 500.000 apprentis, fixé il y a des années, n'a jamais été atteint, malgré les mesures de soutien prises par les gouvernements successifs. On dénombrait 421.700 apprentis en 2017.

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81 commentaires - Apprentissage: le gouvernement dévoile aides et nouveau financement
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    MicM -

    Depuis le temps que les gouvernements successifs nous dévoilent des nouveautés pour l'apprentissage, on a un doute sur la bonne fin des opérations......
    On est loin de ce que fait l' Allemagne par exemple en la matière....

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    MicM -

    Depuis le temps que les gouvernements successifs nous dévoilent des nouveautés pour l'apprentissage, on a un doute sur la bonne fin des opérations......
    On est loin de ce que fait l' Allemagne par exemple en la matière....

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    Mariejolie52 -

    Il y a longtemps que cette réforme aurait dû se faire !!!
    Qui mieux qu'une région connait les besoins en termes de compétence?
    L'éducation nationale en termes d'orientation a TOUT FAUX depuis des décennies : décisions unilatérales, commissions d'orientations tronquées postes manquants , dévalorisation du travail manuel, et j'en passe...
    il y a depuis toujours opposition d'une logique humaine à une logique de chiffres et de " fric".
    Combien de déceptions, combien d'orientations douloureuses devront nous encore assumer?
    Il est grand temps de réagir.
    Les Régions ont dans cette réforme un challenge à réussir face au Mammouth qu'est l'éducation nationale ,
    L'éducation nationale doit aussi accepter qu'elle n'a plus le monopole de la formation et de l'éducation de nos enfants.
    On n'est plus au temps des hussards de la République, l'avenir est au temps du Partage, de la mutualisation des savoirs et des savoir faire pour le bien et le meilleur pour nos jeunes en devenir.

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    pajopi -

    Pourquoi les patrons ne prennent pas d'apprentis plus agés...parcequ'il faut les payer et un apprenti n'est pas rentable puisqu'il apprend. Donc, il faudrait que les gens qui veulent rentrer en apprentissage même à 30 ans puissent le faire et trouver un système de rémunération.

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    chocolat70 -

    on va augmenter la CSG pour offrir cette prime de 500 euros ,que de gaspillage ,on ne dirait pas que nous sommes endettés

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