Après les annonces de Macron, les gilets jaunes préparent leur acte 24

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Des "gilets jaunes" manifestent à Saint-Denis le 20 avril 2019
Des "gilets jaunes" manifestent à Saint-Denis le 20 avril 2019
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© AFP, Anne-Christine POUJOULAT

AFP, publié le vendredi 26 avril 2019 à 17h58

Deux jours après les annonces d'Emmanuel Macron, les "gilets jaunes" battront à nouveau le pavé samedi pour l'acte 24 de leur mouvement, à Strasbourg, où un appel "international" a été lancé, mais aussi à Toulouse ou Paris, avec une fois encore la crainte de débordements.

Opération escargot sur le périphérique lyonnais, "marche sur les médias" à Paris ou marche nocturne à Cambrai... Dans toute la France, des "gilets jaunes" toujours combatifs invitent à se joindre à des manifestations, pour montrer au président de la République que ses annonces de jeudi ne font pas retomber leur colère.

L'accès au sommet de la Roche de Solutré a été interdit pour samedi par la préfecture de Saône-et-Loire, mais le déploiement d'un "gilet jaune géant" sur la célèbre falaise est toujours prévu par les organisateurs de cette action. 

Emmanuel Macron a tenté de tendre la main aux "gilets jaunes" lors de sa conférence de presse à l'Elysée en saluant les "justes revendications à l'origine" de ce mouvement qui, depuis le mois de novembre, a profondément changé la tournure de son quinquennat. Le tout assorti de la promesse de déployer "plus de fonctionnaires sur le terrain", de réduire "significativement" l'impôt sur le revenu ou de supprimer l'ENA. 

Samedi, l'ampleur de la mobilisation permettra de mesurer la réaction de la rue. Le 20 avril, les "gilets jaunes" étaient 27.900 dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, 100.000 selon leur propre décompte. 

"27/04 manif 01/05 manif 04/05 manif 08/05 manif 11/05 manif 18/05 manif 25/05 manif", a listé dans un tweet lapidaire en forme d'avertissement l'une des figures des "gilets jaunes", Priscillia Ludosky, peu après la conférence de presse présidentielle.

A Strasbourg, le mouvement a lancé sur les réseaux sociaux un appel dit "international" à manifester à partir de 13H00 en direction du Parlement européen, à un mois des élections européennes. La page Facebook dédiée rassemblait vendredi 3.500 personnes intéressées, les organisateurs espérant attirer aussi des manifestants allemands et belges. 

La préfecture a interdit toute manifestation dans certains secteurs de l'île formée par le centre-ville historique, le parvis de la gare ainsi que les abords des institutions européennes. 

- "Rituel de la violence" -

"On est sur un niveau de vigilance très importante", confie une source policière, tout en soulignant que, vendredi à la mi-journée, il n'y avait "pas de mouvement structuré de l'étranger annoncé". 

Jusqu'à présent, les manifestations des "gilets jaunes" sont restées d'une ampleur modérée dans la capitale alsacienne. 

En Lorraine, des covoiturages sont organisés pour rejoindre la manifestation strasbourgeoise.

A Toulouse, épicentre d'un acte 23 du mouvement émaillé d'échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre, il sera à nouveau interdit de manifester sur la place du Capitole de 10H00 à 21H00 mais un appel des "gilets jaunes au centre" à néanmoins été lancé pour le début d'après-midi.

A Lille, Rennes ou encore Rouen, les manifestations seront également interdites dans le centre-ville. A Paris, le périmètre prohibé comprendra les Champs-Elysées, l'Elysée, les abords de l'Assemblée nationale et de Notre-Dame.

Alors que certains groupes de "gilets jaunes" se concentrent sur l'organisation de la journée du 1er mai, des convergences entre syndicalistes et gilets jaunes sont déjà prévues ce samedi. 

A Paris, une manifestation partira du quartier de Montparnasse sous le mot d'ordre de "Riposte générale", à l'appel notamment de la CGT. Elle devrait opérer une jonction avec les "gilets jaunes". 

A Nice, "le grand rendez-vous pour tout le monde, c'est au 1er mai", avance Alex, "gilet jaune" et ancien chauffeur en cours de reconversion dans le BTP. "(Emmanuel Macron) nous a fait son grand blabla, il va avoir sa réponse", prévient-il.  

Alors que l'épisode 23 du mouvement avait été marqué par les "suicidez-vous" lancés aux policiers par certains manifestants, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé "un rituel de la violence".

"Il s'agit de mettre en cause le président de la République, de façon systématique, ils n'ont pour seul désir que de faire tomber nos institutions", s'est-il indigné à la veille de la 24e journée de mobilisation.

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