Après les défis diplomatiques, place à l'urgence climatique au sommet du G7

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Le président américain Joe Biden discute avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa lors du sommet du G7 à Carbis Bay le 12 juin 2021
Le président américain Joe Biden discute avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa lors du sommet du G7 à Carbis Bay le 12 juin 2021
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© AFP, Leon Neal, POOL

AFP, publié le dimanche 13 juin 2021 à 04h33

Unis face aux défis de la Chine et de la Russie, décidés à remettre d'équerre la planète après la pandémie, les dirigeants des grandes puissances du G7 s'attellent dimanche à l'urgence climatique, au troisième et dernier jour de leur sommet en Angleterre.

Unis face aux défis de la Chine et de la Russie, décidés à remettre d'équerre la planète après la pandémie, les dirigeants des grandes puissances du G7 s'attellent dimanche à l'urgence climatique, au troisième et dernier jour de leur sommet en Angleterre.

Leur intense journée samedi, où sessions de travail et discrètes rencontres en aparté se sont enchaînées, s'est achevée par un moment de détente - immortalisé par une nouvelle photo de famille - autour de marshmallows grillés et d'un rhum chaud sur le sable blond de la station balnéaire de Carbis Bay, en Cornouailles.

Accompagnés de chants marins et d'un survol par la patrouille acrobatique de la Royal Air Force, ces instants de convivialité avaient été précédés par l'annonce d'initiatives communes face aux grands défis de la planète, de la pandémie à la diplomatie en passant par la Russie et la Chine, lors du premier sommet en personne en presque deux ans. 

Cette image de bonne entente a toutefois été écornée par les dissensions, exposées au grand jour, entre Européens et Britanniques sur le Brexit et le dossier épineux de l'Irlande du Nord.

Rassembler ses alliés britannique, français, allemand, italien, japonais et canadien face à Moscou et Pékin est un objectif majeur de la tournée européenne du président américain Joe Biden, son premier déplacement à l'étranger qui marque le retour des Etats-Unis sur la scène internationale après l'isolement de l'ère Trump. 

Dimanche, le sommet met les pleins feux sur le climat, un enjeu de taille pour le Royaume-Uni qui accueille en novembre la grande conférence de l'ONU (COP26). 

Les dirigeants du G7 entendent enrayer le recul de la biodiversité d'ici 2030, en protégeant au moins 30% des terres et des mers, tandis que Londres va lancer un fonds de 500 millions de livres (plus de 582 millions d'euros) pour la préservation des océans et des écosystèmes marins dans des pays comme le Ghana ou l'Indonésie.

- Décennie cruciale -

"Protéger notre planète est la chose la plus importante que nous puissions faire pour nos peuples en tant que dirigeants. Il y a une relation directe entre la réduction des émissions, la restauration de la nature, la création d'emplois et le garantie d'une croissance économique à long terme", a déclaré Boris Johnson. 

Les dirigeants vont réitérer aussi leur engagement à réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 et à cesser dès cette année les aides publiques aux centrales à charbon. 

L'objectif est de limiter l'augmentation des températures en dessous de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que le changement climatique deviendra incontrôlable.

"Les décisions que nous prenons durant cette décennie (...) sont parmi les plus importantes de l'histoire humaine", a prévenu le naturaliste star britannique David Attenborough, 95 ans.

Pour les militants écologistes, ces annonces sont trop molles: ils veulent plus d'actes et moins de mots, comme ils l'ont rappelé bruyamment et de manière cocasse lors de manifestations en Cornouailles.

Le G7 va aussi se pencher sur le volet climatique du vaste plan mondial d'infrastructures présenté samedi pour les pays défavorisés en Afrique, Asie ou Amérique latine, pour encourager la croissance verte en favorisant les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies propres, selon Downing Street. 

Lancé à l'initiative de Joe Biden, pour qui la Chine représente une priorité, ce projet doit concurrencer les "Nouvelles routes de la soie", ces investissements d'envergure mis en place par Pékin pour accroître son influence à l'étranger. 

Baptisé "Reconstruire le monde en mieux", il devrait aider ces pays à se relever de la pandémie, en se focalisant sur le climat, la santé, le numérique et la lutte contre les inégalités.  

Sur le front de la pandémie, après la promesse de partager un milliard de doses de vaccins anti-Covid aux pays pauvres, à la traîne dans leurs campagnes d'immunisation, le G7 a adopté un plan de bataille afin de prévenir de futures pandémies.

Après le communiqué final et les traditionnelles conférences de presse, Joe Biden prendra le thé avec la reine Elizabeth II au château de Windsor. Il retrouvera ensuite ses principaux alliés lors d'un sommet de l'Otan à Bruxelles, avant une rencontre très scrutée avec le président russe Vladimir Poutine mercredi à Genève.

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