Après les salmonelles, Lactalis affronte des accusations fiscales

Après les salmonelles, Lactalis affronte des accusations fiscales©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 01 février 2018 à 20h42

Le groupe laitier, sous le feu des projecteurs dans l'affaire des salmonelles dans les produits pour bébés, est également mis en cause ces derniers jours sur le front fiscal par plusieurs articles de presse.

En réponse à des rumeurs d'évasion fiscale, le groupe a publié jeudi un communiqué pour "démentir fermement les attaques portées à son encontre sur de prétendues pratiques fiscales illégales". Lactalis a réaffirmé qu'il "exerce ses activités internationales dans le plein respect de la loi fiscale française et de chacun des pays où il est implanté".

"Lactalis et la famille Besnier paient leurs impôts en France"

Fin janvier, plusieurs articles de presse affirmaient que le géant laitier mayennais aurait profité de conditions fiscales très favorables accordées aux multinationales par le Luxembourg et la Belgique. Le groupe aurait économisé des millions d'euros en impôt en profitant de montages financiers.

"Lactalis et la famille Besnier ont depuis toujours payé leurs impôts en France", a répliqué le groupe dans son communiqué, précisant que "le groupe est présent en Belgique et au Luxembourg où il gère des activités industrielles, logistiques et commerciales". Dans ces deux pays-là, Lactalis "dispose également de sociétés de financements pour accompagner son développement et l'investissement à l'international. Ces filiales sont transparentes vis-à-vis des autorités locales depuis leur création" et les comptes des sociétés mentionnées dans les articles de presse "sont déposés au Registre de commerce des sociétés concernées, les délibérations sociales font l'objet d'une publication aux journaux officiels et l'intégralité de ces documents est consultable via internet", a encore affirmé la société française.

Des montages financiers complexes

La quasi-totalité des résultats avant impôts de BSA International, basée à Bruxelles, et d'Ekabe, basée au Luxembourg, cités dans les différents articles, "sont constitués de la remontée des dividendes de leurs filiales ayant déjà acquitté leurs impôts localement", a précisé Lactalis.

Pour sa part, le site internet d'information 'Mediapart' a qualifié BSA International de "bras armé de Lactalis à l'étranger". Le média d'investigation ajoutait que BSA international "a vu ses fonds propres passer de 100 millions d'euros en 2005 à 1,2 milliard en 2006 puis à 2,1 milliards en 2014". Un choix qui lui aurait permis de n'acquitter que 7,23 millions d'impôts au fisc belge entre 2004 et 2014", affirmait le journal.

De son côté, le magazine 'ebdo' a affirmé qu'une opération a porté entre 2016 et 2017 sur 2 milliards d'euros, aboutissant au transfert de 1 milliard de plus-values vers BSA International et 1 autre milliard vers Ekabe International, une autre société de Lactalis basée au Luxembourg.

La crise de salmonelles coûtera des centaines de millions à Lactalis

Ces informations interviennent alors qu'un débat est en cours sur la non publication des comptes détaillés annuels des groupes agroalimentaires, qui ne sont pas cotés en Bourse, ce qui réduit leurs obligations de communication financière. Lactalis, qui emploie 75.000 salariés dans 85 pays, et annonce un chiffre d'affaires annuel de 17,3 milliards d'euros, justifie son refus de divulguer des détails sur ses comptes par le secret des affaires, qui l'incite à ne pas informer ses concurrents sur ses données financières.

Par ailleurs, le patron du groupe, Emmanuel Besnier a affirmé dans un entretien publié jeudi par 'Les Echos' que la crise du lait contaminé aux salmonelles allait coûter "plusieurs centaines de millions d'euros" à Lactalis. "Cette affaire peut aussi nous coûter l'agrément à l'exportation sur une période qu'on ne peut pas estimer. C'est la plus grande crise que j'ai eu à affronter dans ma vie de manager", a-t-il ajouté.

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