ArcelorMittal mise sur l'acier recyclé à Fos, avec une aide de l'Etat de 15 millions d'euros

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors d'une visite sur le site d'ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, près de Marseille, le 26 mars 2021
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors d'une visite sur le site d'ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, près de Marseille, le 26 mars 2021
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© AFP, Christophe SIMON

AFP, publié le vendredi 26 mars 2021 à 13h28

ArcelorMittal, qui vise la neutralité carbone d'ici à 2050, va augmenter significativement ses capacités de production d'acier recyclé sur son site de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), un investissement de 63 millions d'euros avec 15 millions d'aide de l'Etat.

ArcelorMittal, qui vise la neutralité carbone d'ici à 2050, va augmenter significativement ses capacités de production d'acier recyclé sur son site de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), un investissement de 63 millions d'euros avec 15 millions d'aide de l'Etat.

"Nous croyons dans l'avenir de l'industrie lourde en France et en Europe. Mais pour cela, il y a une condition, c'est faire le choix stratégique de la décarbonation de notre industrie", a expliqué vendredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, en visite sur le site.

Mais "cette décarbonation n'a qu'un seul défaut, elle coûte très cher", a-t-il poursuivi, rappelant que l'aide de 15 millions d'euros de l'Etat devait permettre de faire de Fos "un site exemplaire" en la matière. Une aide de 500.000 euros sera également versée pour la numérisation.

"Nous attendons de ce plan de relance que les aides soient destinées exclusivement aux développements de nos capacités industrielles et aux développements d'emplois pérennes et à statuts de haut niveau", réagit la CGT dans un communiqué.

"Grâce à cet investissement, nous allons multiplier par cinq notre quantité d'acier recyclé d'ici 2025", de 100.000 à 500.000 tonnes par an, s'est félicité le PDG d'ArcelorMittal Méditerranée Bruno Ribo.

Récupéré des déchets ménagers mais aussi de navires hors d'usage ou de wagons démantelés, l'acier recyclé permet de consommer moins de minerai de fer, moins de charbon et donc d'émettre moins de gaz à effet de serre.

Mais pour M. Le Maire, "ça n'a de sens" de produire de l'acier "propre" en Europe que si "on n'importe pas à un coût beaucoup plus réduit de l'acier sale venant d'autres nations", notamment de la Turquie ou la Chine.

Aussi "la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'Union européenne" sera "une priorité absolue" de la présidence française de l'UE au premier semestre 2022, a-t-il rappelé.

Le groupe sidérurgique mondial s'est fixé pour objectif une réduction de ses émissions de CO2 de 30% d'ici à 2030, et vise la neutralité carbone d'ici à 2050. Sur son site de Dunkerque, il vient d'annoncer une autre stratégie: un partenariat avec Air Liquide pour produire de l'acier bas carbone à partir de  technologies innovantes.

Le ministre de l'Economie devait poursuivre son déplacement dans le Sud dans le Var vendredi après-midi chez Cnim (Constructions navales et industrielles de la Méditerranée) qui a connu des menaces de démantèlement désormais dépassées. Il y annoncera l'octroi d'un prêt de 40 millions d'euros.

"Cnim est définitivement sauvée, l'entreprise ne sera pas démantelée et elle a de belles perspectives devant elle, en particulier grâce à ces 40 millions d'euros de prêt direct de l'État", s'est félicité Bruno Le Maire dans le quotidien régional Var Matin.

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