Assurance chômage : coup d'envoi des discussions

Assurance chômage : coup d'envoi des discussions©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 09 novembre 2018 à 10h38

C'est le premier round vendredi en début d'après-midi pour les partenaires sociaux : ils assistent à leur première séance de négociation pour réformer l'Assurance chômage. Emmanuel Macron a demandé aux patrons et aux syndicats de changer les règles susceptibles de décourager le retour à l'emploi et de trouver un mécanisme permettant d'éviter un recours excessif aux contrats de travail de courte durée. Objectif : économiser 3 à 3,9 milliards d'euros d'économies sur trois ans. L'endettement de l'Assurance chômage atteindrait 35 milliards d'euros en 2019 si rien n'est fait.

Les contrats à durée déterminée et l'intérim sont dans la ligne de mire, puisqu'ils représentent environ 40% des dépenses d'indemnisation de l'Assurance chômage, selon l'Unédic, son gestionnaire, et leur part dans le nombre d'embauches ne cesse de croître.

Un bonus-malus pour freiner les contrats courts ?

Mais le patronat s'oppose à la création d'un bonus-malus pour les entreprises qui en abusent. L'idée serait de moduler les cotisations patronales en fonction du recours à des contrats courts - Emmanuel Macron avait promis de mettre en place un tel dispositif durant la campagne présidentielle. Il augmenterait fortement le coût du travail et nuirait à la compétitivité des PME, explique la CPME. Selon le Medef, il faut plutôt travailler sur la "permittence", la possibilité pour un demandeur d'emploi de cumuler des indemnités et des revenus d'un emploi précaire, qui décourage, selon l'organisation patronale, le retour à un emploi durable.

Vendredi, les partenaires sociaux examineront des sujets touchant au sens et à l'architecture de l'Assurance chômage, comme l'opportunité de conserver un régime assurantiel - c'est-à-dire principalement financé par les salariés - alors que les financements proviennent de plus en plus de l'impôt.

Ils aborderont aussi la future convention tripartite qui se négociera en 2019 entre l'Etat, Pôle emploi et l'Unédic pour discuter de l'accompagnement des chômeurs.

Les intermittents également au programme

Pour les prochaines séances, il s'agira de savoir si les intermittents du spectacle, dont le régime d'indemnisation est financé par l'Unédic, doivent participer à l'effort d'économie, un sujet sensible auquel la CGT s'est dite très attentive. Les travailleurs du spectacle ont déjà répondu qu'ils avaient négocié en 2016 un accord pour réaliser 185 millions d'euros d'économies en année pleine - un chiffre que l'Unédic juge surévalué.

Les questions des règles d'indemnisation et des contrats courts ne seront abordées qu'en fin de négociation. Au total, huit séances de négociation prévues jusqu'au 15 janvier.

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