Assurance-chômage : le gouvernement reprend la main

Assurance-chômage : le gouvernement reprend la main
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Boursier.com, publié le mardi 26 février 2019 à 12h30

La ministre du Travail commencera cette semaine de larges consultations avec les partenaires sociaux et au-delà, a expliqué Edouard Philippe.

Le gouvernement a dû reprendre en main le dossier de l'assurance-chômage, après l'échec la semaine dernière des discussions des partenaires sociaux. Le Premier ministre a donc dévoilé mardi ses premiers objectifs pour ce texte, qui sera présenté au printemps. La réforme à venir conservera l'objectif d'économies qui avait été fixé aux partenaires sociaux, soit 3 à 3,9 milliards d'euros sur trois ans, a indiqué Edouard Philippe. C'est justement cette enveloppe, considérée comme très élevée, qui est présentée par les syndicats et le patronat comme une des raisons de leur déconvenue.

"Je regrette évidemment très profondément qu'un accord n'ait pu être trouvé. J'ai parfaitement conscience qu'il n'était pas facile d'obtenir cet accord, parce que c'est toujours difficile de remettre à l'endroit un système qui s'est constitué par une sédimentation de règles année après année", a-t-il dit.

Larges consultations

La ministre du Travail commencera cette semaine de larges consultations avec les partenaires sociaux et au-delà, a expliqué le chef du gouvernement. Elles seront suivies de la présentation des paramètres et mesures au printemps, puis de l'élaboration d'un décret pour une mise en oeuvre à l'été, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Matignon.

Le gouvernement ne compte pas lâcher la question des contrats courts. Prié de dire si le bonus-malus refusé par le patronat, et qui a beaucoup freiné lui aussi les négociations, serait mis en oeuvre, il a répondu : "personne ne nous a proposé à ce stade une meilleure solution que celle du bonus-malus, donc l'instrument est sur la table".

Et le chômage des cadres ?

Edouard Philippe a ajouté qu'il fallait parallèlement revoir le système permettant aux personnes percevant des salaires élevés d'avoir des niveaux d'indemnisation bien plus élevés qu'ailleurs en Europe. "Nous devons revoir notre système qui permet d'obtenir des niveaux d'indemnisation pour les salaires élevés qui sont trois fois supérieurs à ce qui se passe chez nos voisins", a-t-il dit.

Le quotidien 'Les Echos' affirme que le chômage des cadres est dans le viseur de l'exécutif. Deux pistes sont sur la table, selon le journal : la dégressivité des indemnités pour les hauts salaires ou l'abaissement du plafond actuel d'indemnisation. Seule une infime minorité des indemnisés (environ 0,03%, selon l'Unedic) atteignent le plafond actuel de quelque 7.700 euros bruts par mois. Abaisser ce plafond à 5.775 euros permettrait d'économiser 137 millions d'euros par an, selon l'Unédic.

Le vocabulaire employé par Edouard Philippe semble montrer que l'exécutif privilégie une baisse du plafond d'indemnisation maximale à la création d'un dispositif controversé de dégressivité des indemnités. La dégressivité n'est pas totalement exclue du champ de possibilités et n'est pas forcément aussi toxique que ne le dénoncent certains économistes, a précisé une source citée par l'agence de presse Reuters.

Plus rémunérateur d'être au chômage

Les cas, minoritaires, dans lesquels il est plus rémunérateur d'être au chômage que de travailler doivent être corrigés, a encore déclaré Edouard Philippe. Dans la ligne de mire de l'exécutif, des modifications des règles d'indemnisation ces dernières années, qui ont rendu plus attractive la "permittence" - des allers-retours entre les périodes de travail et de chômage.

Le Premier ministre a précisé que la question de la gouvernance de l'Unédic n'était pas dans le champ de la concertation à venir, de même qu'elle ne figurait pas dans la lettre de cadrage adressée aux partenaires sociaux avant leur négociation. "Nous ne posons pas la question de la gouvernance de l'Unédic", a-t-il dit, une déclaration qui signifie que l'exécutif ne prévoit pas de mettre un terme à la gestion par les partenaires sociaux de cet organisme qui gère l'assurance chômage

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