Assurance-chômage : le patronat claque la porte des négociations !

Assurance-chômage : le patronat claque la porte des négociations !
la baisse de la tva a permis la création d'emplois dans le secteur de la restauration au second semestre 2009.

Boursier.com, publié le lundi 28 janvier 2019 à 19h41

Le patronat a suspendu lundi sa participation à la négociation sur l'assurance-chômage. A l'origine de ce mouvement de mauvaise humeur, la réaffirmation par Emmanuel Macron de sa volonté de mettre en place bonus-malus sur les contrats courts.

L'idée d'un bonus-malus sur les contrats courts ne passe décidément pas auprès du patronat. Lundi, les organisations patronales (Medef, CPME et U2P) ont leur annoncé la suspension de leur participation à la négociation sur l'assurance-chômage. Elles exigent une clarification du gouvernement sur le bonus-malus sur les contrats courts.

Jeudi dernier, Emmanuel Macron avait réaffirmé sa détermination à mettre en place ce système de bous-malus destiné à décourager le recours excessif aux contrats de courte durée. "Aujourd'hui il y a une négociation sur toute la réforme du chômage. On a mis la proposition bonus-malus et moi je souhaite qu'on aille au bout, branche par branche, parce que c'est vertueux", a-t-il dit lors d'un débat avec des citoyens à Bourg-de-Péage (Drôme).

Le patronat dénonce les pressions de l'exécutif

Le patronat a peu apprécié cette intervention dans les négociations... "Le président de la République vient d'intervenir publiquement, semblant indiquer que le bonus-malus se mettra en place, et ce quel que soit le résultat de la négociation", a ainsi déclaré lundi le Medef dans un communiqué.

"Dans ces conditions, le Medef constate qu'il n'est pas en situation de poursuivre la négociation sans une clarification préalable du gouvernement sur la suite qui serait donnée à un accord entre partenaires sociaux", a ajouté l'organisation.

Le bonus-malus, une nouvelle forme de taxation ?

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a quant à elle expliqué qu'elle "se refuse à cautionner une nouvelle forme de taxation des entreprises qui créent des emplois". Pour sa part l'U2P (artisans), a déploré que "les dernières déclarations du chef de l'Etat laissent à penser que le bonus-malus n'est pas négociable".

De leur coté, les syndicats ont critiqué la décision du patronat de claquer la porte des discussions. La CFDT a estimé s'il ne changeait pas d'avis, "le patronat portera la responsabilité de l'échec de cette négociation". Et FO a souligné le risque de voir le gouvernement "reprendre la main sur la convention d'assurance-chômage".

Bruno Le Maire appelle les partenaires sociaux à s'accorder

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a tenté de calmer le jeu, lundi, en marge de ses voeux aux acteurs économiques. Il a indiqué que "le président de la République, le Premier ministre, ont indiqué à plusieurs reprises que nous laissions la main aux partenaires sociaux et que si les partenaires sociaux n'arrivaient pas à se mettre d'accord, c'est l'Etat qui devrait reprendre la main et qui prendrait ses responsabilités".

"Ce qui compte à mes yeux, comme ministre de l'Economie, c'est que cette réforme de l'assurance-chômage ait lieu en 2019", a-t-il ajouté. "C'est un élément-clé de la bataille contre le chômage que nous menons en France."

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