Assurance chômage: les négociateurs s'accordent une séance supplémentaire

Assurance chômage: les négociateurs s'accordent une séance supplémentaire

Les partenaires sociaux réunis au Medef pour une séance de négociations sur l'assurance chômage, le 11 janvier 2018 à Paris

AFP, publié le jeudi 15 février 2018 à 21h31

Les partenaires sociaux jouent les prolongations : syndicats et patronat ont fixé jeudi une séance de négociation supplémentaire pour résoudre le casse-tête des contrats courts, condition préalable à tout accord sur l'assurance chômage.

Négociateurs syndicaux et patronaux se sont donné rendez-vous le jeudi 22 février.

Ils se donnent une dernière chance, après une réunion censée être conclusive, qui s'est finalement avérée infructueuse. Une séance "consternante" pour Véronique Descacq (CFDT), "tendue, crispante" pour Eric Courpotin (CFTC).

Principale pomme de discorde : la lutte contre les contrats courts, dont les abus coûtent cher à l'assurance chômage.

Les syndicats ont jugé insuffisant le geste de "bonne volonté" fait par le patronat dans son nouveau texte. 

Il propose désormais que "l'ensemble des branches" professionnelles soient "invitées" à "ouvrir des négociations" sur les moyens de réduire la précarité, alors qu'il refusait jusqu'à présent d'aller au-delà des quatre secteurs les plus gourmands en contrats de moins d'un mois , à savoir l'intérim, le spectacle, l'hébergement-restauration et l'hébergement médico-social.

Pour les syndicats, il faut prévoir une sanction financière pour les branches qui ne négocieraient pas ou aboutiraient sur un accord jugé insuffisant.

Face à eux, Alexandre Saubot (Medef) a une nouvelle fois dénoncé "l'inanité d'une incitation financière".

Et pour lui, la menace d'une sanction est déjà sur la table, le gouvernement ayant promis de mettre en place un système de bonus-malus si le dispositif proposé par les partenaires sociaux ne lui convenait pas. 

Mais les syndicats doutent de la volonté du gouvernement de mettre sa menace à exécution.

Pour s'en assurer, ils demandent unanimement que l'exécutif s'exprime sur la question avant la prochaine séance. "Il faut que le gouvernement prenne la parole, qu'il affirme qu'en tout état de cause, il mettra en place le bonus-malus" si les branches échouent, a exhorté Mme Descacq.

"Le gouvernement doit nous rassurer", de préférence "par écrit", a abondé Michel Beaugas (FO). "Moi, je ne suis pas sûr que le gouvernement soit prêt", "Jupiter a parfois des failles", a-t-il ironisé.

- 'Déshabiller Pierre pour habiller Paul' -

La question de l'indemnisation des démissionnaires est aussi en suspens.

Cette fois, c'est l'articulation avec l'autre négociation en cours, celle sur la formation professionnelle, qui pose problème. Les deux textes prévoient des mécanismes de reconversion : d'un côté, il s'agit d'indemniser les salariés qui démissionnent pour concrétiser un projet professionnel ; de l'autre, il s'agit d'incorporer à l'intérieur du compte personnel de formation (CPF) le congé individuel de formation (CIF), un dispositif dédié à la reconversion qui ne nécessite pas de démissionner.

La négociation sur la formation doit aboutir vendredi, ou au plus tard le mercredi 21, et les syndicats veulent, avant de signer un accord sur l'assurance chômage, vérifier l'équilibre global du système.

Jean-François Foucard (CFE-CGC) redoute qu'on ne "déshabille Pierre pour habiller Paul", sachant que le patronat propose pour l'instant réduire drastiquement les fonds qui seraient affectés au dispositif qui succédera au CIF. Il craint "qu'on se retrouve dans un système où tout salarié qui veut faire une reconversion serait obligé de démissionner".

L'indemnisation des démissionnaires pose aussi des questions financières, alors que la dette de l'assurance chômage dépasse les 30 milliards d'euros. D'après des chiffrages de l'Unédic, le dispositif pourrait coûter entre 140 et 680 millions d'euros par an, en fonction des critères d'éligibilité retenus.

Selon la CFE-CGC et la CGT, le patronat tablerait, pour l'heure, sur une enveloppe de 150 millions d'euros.

Les partenaires sociaux ont désormais une semaine pour résoudre le casse-tête. Et le patronat a prévenu : cette fois, "il n'y aura pas d'autre réunion que celle de jeudi prochain".

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