Au poste-frontière avec la Jordanie, militaire russes et syriens exultent

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Des soldats syriens brûlent un drapeau des rebelles après la prise du poste-frontière de Nassib avec la Jordanie, dans le sud de la province syrienne de Deraa, le 7 juillet 2018
Des soldats syriens brûlent un drapeau des rebelles après la prise du poste-frontière de Nassib avec la Jordanie, dans le sud de la province syrienne de Deraa, le 7 juillet 2018
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© AFP, Youssef KARWASHAN

AFP, publié le samedi 07 juillet 2018 à 19h52

A quelques pas du poste-frontière de Nassib entre la Syrie et la Jordanie, des soldats du régime syrien hilares brûlent un drapeau de la rébellion qu'ils viennent de chasser de ce passage stratégique pour le commerce moyen-oriental.

"L'Etat a mis la main sur une installation économique importante, qui relie la Syrie à d'autres pays, notamment la Jordanie et les pays du Golfe", se réjouit une source militaire syrienne.

D'autres soldats font le V de la victoire près d'un tank décoré d'un portrait du président Bachar al-Assad tandis que des agents de la police militaire russe se tiennent arme à la main, près d'un camion surmonté d'un drapeau aux couleurs de la Russie, allié indéfectible du régime syrien dans sa guerre contre les insurgés.

Après avoir déchaîné un déluge de feu sur la province méridionale de Deraa depuis le 19 juin, le régime syrien et les Russes ont fait plier les rebelles.

A l'issue d'un accord, ces derniers leur ont entre autres cédé vendredi le contrôle de ce poste-frontière stratégique avec la Jordanie dont ils s'étaient emparés il y a trois ans.

Autrefois vital pour le transit de marchandises au Moyen-Orient, Nassib, appelé Jaber du côté jordanien, porte les stigmates de la guerre qui ravage la Syrie depuis mars 2011.

- Arche écroulée -

Une des arches sous lesquelles passaient les véhicules est en partie écroulée, avec des blocs de béton maintenus précairement dans les airs par des barres de fer désarticulées.

Entravant le passage sur plusieurs voies, deux porte-conteneurs gisent renversés, sous une pancarte sur laquelle on peut lire "douanes" en anglais.

Malgré ces destructions, le régime syrien espère que la reconquête de ce passage frontalier va permettre de relancer les échanges commerciaux et l'économie du pays.

C'est en effet par là que transitaient les marchandises produites dans le secteur gouvernemental syrien, à destination de la Jordanie puis du Golfe.

Avant le conflit, des centaines de camions transitaient quotidiennement via la zone franche de ce poste-frontière, transportant les importations et les exportations de la Jordanie et assurant aussi la connexion entre le royaume hachémite et l'Europe, via la Turquie.

En reprenant Nassib, le régime contrôle désormais près de la moitié des 19 postes-frontières officiels avec les pays voisins: Liban, Irak, Turquie, Jordanie.

Fort du soutien militaire de ses alliés indéfectibles, Russie et Iran en tête, le régime de Damas est plus que jamais déterminé à asseoir son pouvoir sur l'ensemble de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés.

Multipliant les victoires face aux rebelles et aux jihadistes à travers un pays morcelé, il contrôle déjà plus de 60% du territoire.

Dans la province méridionale de Deraa, considérée comme le "berceau de la révolte syrienne" contre le pouvoir d'Assad, les bombardements meurtriers ont fini par contraindre les rebelles à accepter un accord négocié par Moscou.

Il instaure un cessez-le-feu, prévoit le désarmement des insurgés de Deraa et le retour des institutions de l'Etat dans la région.

A Nassib, un des soldats apparaît soudain, tongs aux pieds. "Ne me filmez pas, c'est la première fois que je les porte. Je n'avais pas enlevé mes bottes depuis 20 jours".

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