Au tournant d'une nouvelle direction, la Caisse des dépôts temporise

Au tournant d'une nouvelle direction, la Caisse des dépôts temporise
Eric Lombard, le nouveau directeur de la Caisse des dépôts présente les résultats 2017 du groupe à Paris, le 12 avril 2018

AFP, publié le jeudi 12 avril 2018 à 12h15

En pleine transition avec l'arrivée fin 2017 d'un nouveau patron, la Caisse des dépôts, qui signe des résultats annuels solides, a mis l'accent jeudi sur la réforme de son fonctionnement sans se prononcer très avant sur l'avenir de ses participations.

"Cette année, je pense que l'Etat était content de nous avoir dans le paysage", puisque la Caisse va lui reverser 1,9 milliard d'euros, s'est félicité Eric Lombard, nouveau directeur de l'institution, lors d'une conférence de présentation des résultats pour 2017.

Le bras financier de l'Etat a signé un bénéfice net du même montant, soit une hausse de 7%, à l'aide notamment du bond des résultats de sa principale filiale, la banque publique Bpifrance, aux revenus gonflés par la vente à plusieurs centaines millions d'euros de sa part dans le groupe de BTP Eiffage.

Hors de ses filiales, la Caisse des dépôts profite de deux autres cessions importantes: sa part dans l'exploitant d'autoroutes Sanef et des titres de la maison de couture Christian Dior. Elles ont respectivement dégagé des plus-values de quelque 250 et 400 millions d'euros.

Mais M. Lombard a plutôt insisté sur "de bons résultats opérationnels", le bénéfice d'exploitation signant aussi une hausse, après avoir ouvert sa conférence sur un ton réformiste.

"C'est une maison qui pourrait être plus transparente et va devenir plus transparente", a-t-il promis.

Nommé fin 2017 à l'issue d'une procédure de sélection particulièrement longue, M. Lombard, qui a notamment dirigé la filière d'assurances de BNP Paribas, met pour l'heure l'accent sur le fonctionnement du bras financier de l'Etat plutôt que des décisions plus stratégiques.

Il a, à ce titre, détaillé son premier grand projet: la création d'une "banque des territoires", qui vise à créer un accès unique à la Caisse entre organismes du logement social, collectivités locales et autres acteurs.

Depuis son arrivée, M. Lombard a beaucoup insisté sur le rôle de la Caisse, qui finance les logements sociaux à partir de l'argent des Livrets A et d'autres placements réglementés, dans la réduction de la "fracture territoriale": c'est largement en ce sens que les instances de direction ont été réformées fin mars.

Au sujet du logement, sur l'ensemble des 17 milliards de nouveaux prêts accordés l'an dernier par la Caisse - un montant stable -, une quinzaine ont été alloués au secteur du logement social.

- Pas de cession d'Icade -

Reste que la banque des territoires "est un projet managérial", a insisté M. Lombard, circonscrivant ainsi le périmètre de ses annonces.

Car, du côté très surveillé des participations de la Caisse, M. Lombard, qui avait promis une "revue" lors de sa nomination, joue largement la montre, ironisant sur "un sujet qui suscite parfois (l')intérêt" des médias.

En plus de Bpifrance, la Caisse détient de multiples participations majoritaires ou minoritaires, de l'assureur CNP à l'opérateur de transports Transdev, et plusieurs font l'objet de spéculations sur des cessions.

Seule annonce claire jeudi, M. Lombard a exclu de céder la foncière Icade, alors qu'elle était régulièrement cité comme vente potentielle.

"Icade n'est pas à vendre", a-t-il déclaré.

En revanche, rien de nouveau n'a été annoncé sur Transdev, qui fait l'objet de spéculations semblables, ou le groupe de tourisme La Compagnie des Alpes, dont l'ouverture du capital au chinois Fosun traîne depuis bientôt deux ans.

Enfin, M. Lombard s'est abstenu de tout commentaire sur le cas de CNP, seconde participation de la caisse après Bpifrance, alors que fleurissent depuis de longs mois des rumeurs sur un rapprochement de sa structure avec la Poste. 

La Banque postale est actionnaire de CNP aux côtés de la Caisse, qui détient elle-même une part minoritaire de la Poste, actuellement directement contrôlée par l'Etat.

"Par rapport à des idées qui ont été évoquées à droite et à gauche", notamment des rumeurs de presse sur une prise de contrôle de la Poste par la Caisse, "nous travaillons dans le calme et nous travaillons sans urgence", a éludé M. Lombard.

"Si quelque chose se fait, ce sera décidé avant" l'expiration fin 2019 d'un pacte d'actionnaire avec le géant bancaire mutualiste BPCE "et fait après", a-t-il conclu.

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