Autolib' : la ville de Paris confrontée à un énorme déficit

Autolib' : la ville de Paris confrontée à un énorme déficit
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Boursier.com, publié le vendredi 01 juin 2018 à 07h27

Il n'y a pas que les Velib' qui empoisonnent le quotidien d'Anne Hidalgo ! La maire de Paris aurait un autre dossier très épineux à traiter, celui des Autolib'. Le service de voitures en libre-service, déployé depuis 2011 sur Paris et 97 autres communes d'Ile-de-France, pourrait en effet lui coûter très cher...

D'après les informations du 'Monde', Vincent Bolloré, le propriétaire des petites voitures grises, aurait lancé l'alerte à propos d'un "trou financier considérable", qu'il ne compte pas payer seul...

Dans un courrier envoyé le 25 mai dernier, il demande aux villes une somme de 40 millions d'euros par an jusqu'au terme de la délégation de service public, en 2023.

240 millions à verser

"Le contrat négocié en 2011 entre Bertrand Delanoë et Vincent Bolloré se révèle redoutable pour les collectivités. Il impose à l'industriel de ne prendre en charge les pertes que jusqu'à 60 millions d'euros. Au-delà, les communes sont tenues de lui régler le reste de l'ardoise", explique le quotidien.

La facture pourrait s'élever à 240 millions d'euros, les villes étant censées mettre la main à la poche au prorata du nombre de stations Autolib' sur leur territoire. Paris serait donc en première ligne, devant Issy-les-Moulineaux, Nanterre, et Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, très équipées en bornes Autolib'.

Mauvaise rotation

Quel est le problème ? Malgré un nombre d'abonnés en hausse constante (153.542 en avril 2018), la rentabilité n'est pas bonne, à cause du nombre de locations et de leur durée. "Elles n'ont jamais atteint le niveau suffisant pour couvrir les charges. Pis, leur nombre décroît depuis quelques années. En 2016, il y avait 15.745 locations en moyenne chaque jour, contre 13.251 en 2017. Soit une baisse de 16%", écrit 'Le Monde'...

Car Autolib' est victime d'une mauvaise rotation de ses véhicules, souvent utilisées par les habitants de banlieue le soir pour rentrer chez eux, ce qui prive les Parisiens de voitures pour circuler dans la capitale. Ils se tournent donc vers les VTC, comme Uber, qui constituent une concurrence non négligeable.

Des pistes ?

Bolloré a proposé plusieurs pistes, comme la fermeture de 200 stations, notamment en banlieue ou dans les quartiers populaires. L'industriel Breton a également demandé que ses Bluecar circulent sur les voies de bus.

Le syndicat mixte Autolib' Vélib' Métropole (SAVM), chargé du suivi de la délégation de service public confiée à Bolloré et la ville de Paris lui ont répondu non. De leur côté, ils reprochent au groupe de ne pas assez entretenir les voitures, parfois en mauvais état, ce qui dissuaderaient les conducteurs...

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