Automobile : en 2030, 21 millions de voitures électriques seront vendues dans le monde

Automobile : en 2030, 21 millions de voitures électriques seront vendues dans le monde
En vue de la mise en service du projet "autolib" en septembre 2011, la mairie de Paris vient de retenir quatre candidats ...

Boursier.com, publié le lundi 02 juillet 2018 à 12h09

Alors que les services de mobilité durable explosent, 95% des véhicules électriques sont vendus dans seulement 10 pays, ce qui confirme l'évolution de 'business models' à deux vitesses. En 2030, ce sont 21 millions de voitures électriques qui seront vendues dans le monde... "Cet engouement pour les solutions de mobilité alternatives témoigne de l'évolution du rapport à la propriété, notamment chez les jeunes qui y sont bien moins attachés que leurs aînés". C'est un des enseignements que souligne Mazars, groupe international d'audit et de conseil, qui publie les résultats d'une enquête réalisée avec IHS Markit sur l'impact de la mobilité durable sur la transformation de l'industrie automobile mondiale...

La mobilité partagée finira par devenir la norme, comme en Chine où le taux de possession est pour l'instant faible (194 voitures pour 1.000 habitants, contre 590 en France et 910 aux États-Unis), et le recours aux VTC continuera d'être monnaie courante dans les grandes villes.

Les investissements en 'R&D' et la signature de partenariats stratégiques, clés de la réussite

Les investissements dans la recherche et le développement (R&D) et la signature de partenariats devraient permettre aux acteurs de l'industrie automobile de négocier le virage de la mobilité durable en toute sécurité...

Sans surprise, les acteurs traditionnels investissent déjà de manière significative dans la R&D, Volkswagen a ainsi annoncé un investissement de 35 milliards de dollars dans les solutions technologiques de mobilité, soit 70% de sa dépense en R&D.

Le secteur automobile met aujourd'hui davantage l'accent sur l'innovation et la sécurité logicielle que sur l'ingénierie traditionnelle ; la diversité des profils dorénavant recherchés, notamment en R&D, témoigne des nouvelles compétences vitales pour l'industrie. Des recrutements massifs d'experts en data scientists, en impression 3D, justifiés par la nécessité pour l'industrie d'embrasser la disruption et de s'en servir comme d'un levier commente Grégory Derouet, Associé secteur automobile groupe Mazars.

Réglementation : la souplesse américaine et chinoise face à la rigueur européenne

Certains pays ont adopté une position plus libérale que d'autres quant à la réglementation de la mobilité durable, en particulier sur la question du déploiement des véhicules autonomes. C'est en Californie que la réglementation est la plus indulgente : 50 entreprises y ont l'autorisation de tester cette innovation, contre 10 en Chine et une poignée en Europe.

La lente évolution de la réglementation européenne est due à la singularité d'un marché régi en partie par l'État, quand les cadres réglementaires américains et chinois sont bien plus influencés par les entreprises. A la différence des autres continents, l'Europe semble affirmer sa volonté de déployer un système de mobilité durable public, d'où la nécessité pour les gouvernements du Vieux-Continent de trouver un terrain d'entente avec les acteurs du secteur privé.

Ce nouvel environnement réglementaire ne constitue pas un risque réel pour l'industrie automobile qui, de tous temps, a été strictement encadrée et a toujours su s'adapter aux évolutions du marché...

La France en pole position

Avec 36.835 véhicules électriques vendus en 2017, soit une progression de 26,2% par rapport à 2016, la France se positionne au pied du podium européen derrière la Norvège, l'Allemagne et le Royaume-Uni. La forte implication du gouvernement en faveur de l'innovation, caractérisée notamment par la création de l'Institut PRAIRIE comme centre d'excellence consacré à l'intelligence artificielle à Paris, devrait insuffler une nouvelle dynamique sur le paysage de la mobilité durable français.

Par ailleurs, l'Hexagone a considérablement développé ses infrastructures en installant, en 2017, près de 12.000 bornes de charge pour véhicules électriques. Le manque d'infrastructures restant le plus gros frein au décollage de la mobilité durable à l'échelle mondiale, la France a ainsi éliminé un facteur dissuasif majeur à la fois pour les consommateurs et les investisseurs.

La France a récemment assisté à la formation de méga-partenariats Ces associations devraient inspirer l'ensemble de l'industrie automobile et permettre à ses multiples acteurs de gagner des parts de marché, chacun dans leur spécialité. En outre, les batteries des voitures électriques nécessitant une quantité importante de nickel, de lithium et de cobalt pour fonctionner, il devient urgent de mesurer avec davantage de précision leur impact environnemental estime Jérôme de Pastors, Associé secteur automobile chez Mazars.

La mobilité durable au sein des 6 autres pays phares de l'industrie automobile

La Chine, stratège, mise sur les partenariats et les investissements

En matière de mobilité partagée, la Chine est incontestablement en tête du classement, avec des nouveaux acteurs comme Didi qui ont 400 millions de clients dans 400 villes. Si le pays n'a pas encore introduit sur le marché international une marque de véhicule forte et reconnue, il a considérablement investi et racheté des firmes de renom comme Volvo, aujourd'hui détenu par l'équipementier chinois Geely. La transition vers les véhicules électriques étant une des priorités du gouvernement, la Chine se donne les moyens de ses ambitions et dispose aujourd'hui de solides compétences en intelligence artificielle. Cette volonté gouvernementale relève à la fois de la nécessité, au vu de la densité de population, mais aussi et surtout de l'ambition de la Chine, de dominer l'industrie automobile mondiale.

Le Royaume-Uni encourage l'achat de véhicules électriques via des aides

Le gouvernement britannique incite les foyers à renoncer à l'achat d'un second véhicule au profit de l'acquisition d'une seule voiture, électrique... Là où le Royaume-Uni se démarque, c'est dans les possibilités de financement qu'il propose aux aspirants propriétaires de véhicules électriques : l'achat de ce type de voiture ouvre, sous certaines conditions d'éligibilité, le droit à une subvention gouvernementale à hauteur de 35% du prix d'achat du véhicule dans un maximum de 4.500£ ainsi que le droit à une déduction d'impôts. Le manque de bornes de charge reste néanmoins un frein majeur à l'achat Outre-Manche.

Face aux SUV / Crossovers, la voiture électrique peine à séduire les Américains

Les Etats-Unis sont les pionniers de la mobilité durable et abritent les géants que sont Tesla, Uber et Google. Pourtant, le classique moteur à combustion est toujours plébiscité par les Américains dont les besoins et attentes sont étroitement liés à la singularité géographique du pays, rural à 97%. Les grandes villes côtières, où les petits véhicules sont nombreux et les distances parcourues plus courtes qu'ailleurs sur le territoire, sont aujourd'hui la cible principale du marché de la mobilité durable : les véhicules hybrides pourraient, dans un premier temps, être un bon compromis pour les Américains dont 80% vivent en ville...

L'Allemagne rattrape son retard et mise tout sur la 'R&D' !

Après avoir tardé à rejoindre le mouvement de la mobilité durable, l'Allemagne dépasse aujourd'hui la France en matière de ventes de véhicules électriques, probablement grâce à l'installation rapide de 12.000 bornes de charge. L'État a également récemment autorisé les villes à interdire leur accès aux voitures diesel. Un tiers de la dépense mondiale dans la 'R&D' provient de l'Allemagne et les recrutements y ont été massifs ces dernières années : le pays compte plus de 800.000 salariés dans l'industrie automobile dont 110.000 dans la 'R&D'. Le grand défi que s'est fixé l'Allemagne ? Améliorer la performance des batteries, point faible de l'ensemble des véhicules électriques, toutes marques confondues...

Un pays spécialiste de l'IT qui s'adapte en un temps record

Aussi habile qu'ambitieuse, l'Inde ne doit pas être sous-estimée : la firme Tata Motors a récemment créé une batterie dotée d'une autonomie de 300km, une performance comparable à celle de la Nissan Leaf. Cela démontre l'aptitude de l'industrie indienne à s'adapter à son marché et à mettre ses compétences en IT au service du développement des infrastructures, grand défi de ce pays en très forte croissance.

La Pologne cherche à maintenir ses relations historiques

A l'heure de la mobilité durable et de la connectivité, la priorité de la Pologne est de réussir à maintenir ses relations de longue date développées avec les grandes firmes automobiles. C'est pourquoi le gouvernement a mis en place des mesures en faveur de l'implantation d'entreprises étrangères sur son territoire et incite, parallèlement, le retour de ses ouvriers qualifiés expatriés...

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