Autoroutes : "Il faut renforcer la régulation" des concessions, estime Bruno Le Maire

Autoroutes : "Il faut renforcer la régulation" des concessions, estime Bruno Le Maire
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie

Boursier.com, publié le jeudi 16 juillet 2020 à 17h22

"Le modèle de délégation de service public à des entreprises privées a apporté la preuve de son efficacité mais la condition, c'est que la régulation soit améliorée", a affirmé le ministre de l'Economie...

Après avoir détaillé le futur plan de relance de 100 milliards d'euros et annoncé un possible report de la suppression de la taxe d'habitation pour les plus aisés, Bruno Le Maire aborde désormais le dossier des autoroutes. Devant la commission d'enquête du Sénat ce jeudi, le ministre de l'Economie a plaidé pour un renforcement de la régulation des concessions autoroutières.

"Le modèle de délégation de service public à des entreprises privées a apporté la preuve de son efficacité mais la condition, c'est que la régulation soit améliorée... Si on poursuit les concessions, il faut renforcer la régulation", a estimé le ministre, qui était directeur du cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin, de 2006 à 2007, soit au moment de la privatisation des sociétés d'autoroutes.

Le locataire de Bercy a jugé que l'opération financière réalisée à l'époque avait été "réussie", et que la vente, dans son montant et dans "sa méthode", n'était pas attaquable. Pour rappel, l'Etat avait vendu ses participations dans les sociétés concessionnaires pour 14,8 milliards d'euros.

"Nous avons un des meilleurs réseaux autoroutiers au monde"

Cette somme avait été critiquée par la Cour des comptes, qui la juge sous-évaluée. Dans un rapport publié en 2009, les sages de la rue Cambon estimaient à 24 milliards d'euros la valeur globale des concessions privatisées. Ce que conteste Bruno Le Maire, qui estime en avoir tiré "le meilleur prix". Le ministre dit d'ailleurs s'être inspiré de cette cession pour défendre le projet de privatisation de la société Française des Jeux ou Aéroports de Paris, et répondre à deux objectifs : désendetter l'Etat et investir dans l'avenir.

Selon lui, la qualité de service était là, notamment grâce à 22 milliards d'euros d'investissements réalisés par les sociétés concessionnaires. "Nous avons un des meilleurs réseaux autoroutiers au monde", a-t-il affirmé. Bruno Le Maire reconnaît toutefois une erreur, celle de ne pas avoir anticipé la baisse des taux d'intérêt, "qui a permis aux sociétés concessionnaires de réduire leurs frais financiers, en refinançant leurs dettes à des conditions plus favorables".

Si le ministre admet que les tarifs étaient "chers" pour de nombreux usagers, il affirme qu'ils ne s'étaient pas envolés. Ils ont augmenté "en suivant un rythme proche de celui de l'inflation et conforme aux règles prévues dans les contrats", a-t-il assuré.

"Une renationalisation" serait un "mauvais investissement"

Bruno Le Maire a souligné la nécessité "pour les prochaines concessions de pouvoir réévaluer" ce coût de financement "pour que le concessionnaire ne bénéficie pas d'une surrentabilité". Il a notamment évoqué une réduction de la durée des contrats à 15 ans pour des infrastructures "qui ne nécessitent pas d'investissement massif dans les années à venir". Il propose également l'instauration d'une "clause de rendez-vous tous les 5 ans qui permet de réévaluer les taux de retour sur investissements cibles".

Mais le ministre dit ne pas croire "à l'opportunité d'une renationalisation de ces autoroutes", qui aurait un coût "considérable pour les finances publics", compris entre 45 et 50 milliards d'euros. Il s'agirait d'un "très mauvais investissement", insiste Bruno Le Maire...

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