Autoroutes : l'augmentation du prix des péages en question

Autoroutes : l'augmentation du prix des péages en question©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 29 janvier 2018 à 00h22

Il s'agit maintenant d'une tradition à laquelle les Français qui empruntent le réseau autoroutier ne dérogent pas ; le prix de péage des autoroutes va grimper au 1er février. Selon les concessionnaires, il s'agirait d'une question de rattrapage... mais pas seulement, puisque cette revalorisation intègre le poids de travaux dont le prix ne serait pas le plus bas selon la haute autorité de régulation.

Rattrapage
Ainsi pour les trois grands réseaux -Vinci, Sanef et APRR-, il faudra compter de 1 à 2% d'augmentation du péage. En revanche, sur les réseaux secondaires, la hausse sera de 3 à 4%. Pourtant ces 10 ans dernières années, le prix des péages a déjà grimpé de quasiment 20%.

Les concessionnaires autoroutiers procéderaient à un rattrapage du gel du prix des autoroutes en 2015 et, cette hausse se prolongerait durant... 20 ans !

Travaux 10% trop chers
Selon l'Autorité de Régulation des Activités Ferroviaires et Routières (Arafer), ce rattrapage n'est pas tout à fait justifié, en particulier pour la part dévolue à la modernisation du réseau. Dans son rapport de juin 2017, la haute autorité des transports rappelait que le plan d'investissement autoroutier porte sur la réalisation de 57 opérations pour un coût global de construction estimé à 803,5 millions d'euros.

Ces investissements sont financés par des hausses de péages (0,1% et 0,4% par an sur les années 2019, 2020 et 2021) et, à hauteur de 220 ME, par des subventions des collectivités locales. Or pour l'Arafer, ces coûts sont supérieurs de 10% aux coûts de référence publics et aux coûts de marchés autoroutiers récents.

Les concessionnaires exagèrent !
Dans son analyse du plan d'investissement autoroutier, l'Arafer a estimé qu'il n'apparaît pas justifié de faire supporter par l'usager de l'autoroute le financement de 23 opérations (représentant environ 34% du coût total de construction du plan) : soit parce que les projets correspondent à des obligations déjà prévues dans les contrats, soit parce qu'il n'est pas établi qu'ils sont strictement nécessaires ou utiles à l'exploitation de l'autoroute, indépendamment d'autres motifs d'utilité.

Selon les conclusions de l'Arafer, "les augmentations des tarifs de péages prévues excèdent le juste niveau qu'il serait légitime de faire supporter aux usagers. Elle estime notamment que le niveau de rémunération des sociétés concessionnaires devrait être plus conforme aux risques supportés".

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