Bankia et CaixaBank veulent créer un géant bancaire en Espagne

Bankia et CaixaBank veulent créer un géant bancaire en Espagne
Les logos de Bankia et de CaixaBank, deux banques espagnoles qui envisagent de fusionner. Image du 5 octobre 2017 pour la Caixa et du 23 août 2018 pour Bankia

AFP, publié le vendredi 04 septembre 2020 à 13h51

Bankia et CaixaBank ont annoncé discuter d'une fusion qui donnerait naissance à un mastodonte du secteur bancaire en Espagne dans un contexte économique sombre en raison de la pandémie de Covid-19. Une opération suivie de près par l'Etat qui a sauvé Bankia de la faillite en 2012.

Cette annonce, synonyme de séisme pour le secteur bancaire espagnol, est tombée dans la nuit de jeudi à vendredi. 

Dans un communiqué, Bankia a indiqué "confirmer des contacts avec CaixaBank (...) en vue d'analyser l'éventuelle opportunité d'une opération de fusion entre les deux entités". CaixaBank a précisé de son côté qu'"aucun accord n'avait été scellé pour le moment au-delà de la signature d'un accord de confidentialité afin d'échanger des informations destinées à évaluer l'opération".

A la Bourse de Madrid, les titres des deux banques s'envolaient. Bankia prenait 28% à 1,33 euro vers 11H15 GMT tandis que CaixaBank grimpait de 14% à 2,08 euros.

- Plus grosse banque en terme d'actifs -

Une telle fusion donnerait naissance à la plus grande banque du pays en terme d'actifs en Espagne, devant Santander ou BBVA qui sont en revanche plus fortes à l'international.  

Selon les calculs des analystes de Renta 4 Banco, ces actifs s'élèveraient à environ 664 milliards d'euros.

L'annonce de ces discussions entre les deux banques intervient dans un contexte économique très sombre en Espagne. C'est l'un des pays les plus touchés en Europe par la pandémie de Covid-19, qui fera inévitablement augmenter les créances douteuses pour les banques et donc les provisions.

Sous l'effet de l'un des confinements les plus stricts au monde, le PIB espagnol a plongé de 18,5% au deuxième trimestre, période durant laquelle plus d'un million d'emplois ont été détruits.

Pour l'ensemble de l'année, le gouvernement table sur un repli de 9,2% mais la Banque d'Espagne estime que la baisse devrait atteindre 15%.

Cette opération est suivie de près par le gouvernement espagnol qui devra donner son feu vert alors que l'Etat avait sauvé Bankia de la faillite en 2012 en y injectant 22 milliards d'euros à la suite de l'aggravation de la crise financière en Espagne. Il détient toujours 61,8% de son capital. 

Le gouvernement examinera tout projet de fusion sous l'angle "de la génération de valeur et de l'optimisation de récupération des aides" d'Etat, a souligné le ministère des Affaires économiques.

Depuis 2012, l'Etat tente de se défaire de sa participation mais le contexte financier n'a jamais été propice.

Il a pour le moment seulement récupéré 3,3 milliards en vendant une partie du capital sur le marché.

Selon Nicolas Lopez, directeur de l'analyse chez MG Valores, l'Etat espagnol voit dans cette opération "une façon d'améliorer la valorisation de son investissement dans Bankia" et de récupérer "un peu plus que s'il était resté seul" à la tête de l'actionnariat.

Mais, selon M. Lopez, il ne pourra pas espérer récupérer une grande partie de ses 22 milliards alors que le marché "n'a rien à voir" avec les niveaux de valorisation antérieurs.

Selon plusieurs analystes, l'Etat devrait conserver 14% du capital après une éventuelle fusion entre les deux entités.

Une telle opération devrait avoir des conséquences sociales, selon la presse, alors que les deux banques devront éviter les doublons en fermant des agences.

Le président de Bankia, José Ignacio Goirigolzarri, pourrait occuper la même fonction au sein de l'entité fusionnée tandis que le directeur général devrait être Gonzalo Gortázar, qui occupe ce poste au sein de CaixaBank.

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