Banque : des frais exorbitants pour les clients les plus fragiles

Banque : des frais exorbitants pour les clients les plus fragiles
carte bancaire interdit

Boursier.com, publié le jeudi 26 octobre 2017 à 15h05

Commissions d'intervention, frais de rejet, lettre d'information pour compte débiteur... Les frais sont lourds pour les clients des banques qui ont du mal à boucler les fins de mois. Le magazine '60 Millions de consommateurs' et l'Union nationale des associations familiales (Unaf) publient une étude jeudi qui dénonce "une ahurissante mécanique de tarification", avec l'objectif d'alerter sur ces pratiques "qui ne font qu'enfoncer les clients dans leurs difficultés financières".

L'étude porte sur l'analyse de centaines de relevés, et montre qu'un client standard verse chaque année 34 euros de frais liés à un solde débiteur. Pour le consommateur en difficulté, la note monte à... 296 euros. L'an dernier, un foyer en difficulté sur cinq a même dû s'acquitter de plus de 500 euros.

Agios porche de l'usure

La punition est "automatisée", estime le magazine, qui observe qu'en cas de découvert, les banques prélèvent des agios proches des taux d'usure (le seuil est actuellement à 13,81% pour les découverts, NDLR). S'y ajoute une commission d'intervention de 8 euros, censée rémunérer l'analyse de la situation par le conseiller - pourtant 54 % affirment ne pas intervenir eux-mêmes pour facturer cette commission.

"La commission d'intervention est fixée partout à sa limite légale de 8 euros, à l'exception de la Banque postale (6,90 euros)", écrivent les auteurs de l'étude. Même 

Les frais de rejet de chèque et de prélèvement sont, eux aussi, identiques et au maximum légal. "Partout, le rejet d'un chèque coûte 30 euros s'il est inférieur à 50 euros et 50 euros s'il est d'un montant supérieur. Partout, le rejet d'un prélèvement de plus de 20 euros est tarifé 20 euros", écrit '60 Millions de Consommateurs', à l'exception notable et la Banque postale.

Pas de concurrence

Conséquence : il n'existe aucune concurrence sur ces prix et il est inutile pour les clients souvent dans le rouge de trouver un établissement moins gourmand.

"La marge des banques est indécente", conclut l'étude, dont les auteurs ont calculé que l'ensemble de ces frais représente 30 à 35% du chiffre d'affaires des banques de détail, soit 6,5 milliards de chiffre d'affaires chaque année. Le résultat net est estimé à 4,9 milliards.

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