Banques : l'UFC-Que Choisir dénonce des tarifs "encore plus illisibles" en 2020

Banques : l'UFC-Que Choisir dénonce des tarifs "encore plus illisibles" en 2020
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Boursier.com, publié le mercredi 26 février 2020 à 14h50

Selon l'association, plus d'un tiers des professionnels ont profité de la mise en place du "document d'information tarifaire" pour "pour accabler encore davantage leurs clients d'une surcharge d'informations".

"Encore un engagement bafoué"... Alors que le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) vient de dévoiler son étude sur les tarifs bancaires en 2020, l'UFC-Que Choisir a souhaité dénoncer la dernière "trahison" par les banques concernant leur engagement sur la lisibilité de leurs brochures.

"Alors que les banques s'étaient engagées à publier un extrait standard des tarifs (EST) regroupant les douze principaux frais bancaires (tenue de compte, cotisation carte de paiement, etc.) dans leur brochure, cette norme est devenue facultative sous prétexte de l'arrivée du nouveau document d'information tarifaire succinct (DIT) imposé par l'Europe", affirme l'association de consommateurs.

Pour rappel, depuis le début de l'année, les banques (ainsi que les banques en lignes, les néobanques et les établissement de paiement) sont tenues de respecter une directive européennes, afin de permettre l'harmonisation de la dénomination des principaux services et frais bancaires.

Cette directive, qui doit faciliter la comparaison des tarifs d'un pays à l'autre, impose alors la mise en place du "document d'information tarifaire" (DIT). Il remplace l'extrait standard des tarifs (EST).

Plus d'un tiers des professionnels "accablent encore davantage leurs clients"

Mais selon l'association de consommateurs, "plus d'un tiers des professionnels (36%) en ont profité pour accabler encore davantage leurs clients d'une surcharge d'informations en y détaillant chacun de leurs packages bancaires". Les tarifs sont donc devenus "encore plus illisibles" en 2020, avec des centaines de tarifs répertoriés ou des prix affichés "sur une base aussi bien annuelle que trimestrielle ou mensuelle".

Par exemple, pour les clients des caisses régionales du Crédit Agricole, les DIT atteignent un volume de huit pages en moyenne, et sont donc "trois fois plus volumineux que ceux de la concurrence".

L'UFC-Que Choisir a ainsi appelé les pouvoirs publics "à créer les conditions d'une saine concurrence, génératrice de modération tarifaire". L'association a souligné notamment la nécessité de légiférer en maintenant les EST, exprimés sur une base annuelle et précisant le plafonnement des frais d'incident de paiement pour les clients bancaires fragiles.

Des tarifs bancaires majoritairement stables

Dans son "Observatoire des tarifs bancaires", le Comité consultatif du secteur financier, qui a comparé les tarifs de 14 services standards de 109 établissements, a par ailleurs relevé que les tarifs bancaires en 2020 sont restés globalement stables. Six tarifs sont restés inchangés, dont deux demeurent gratuits (les prélèvements et virements par internet). Cinq tarifs sont même en baisse.

Dans le détail toutefois, les frais de tenue font figure d'exception. Début 2020, ils ont atteint 20,49 euros en moyenne toutes banques confondues, soit une hausse de 3,17% (ou 0,63 euro). Même si cette augmentation peut paraître négligeable, la moyenne cache des augmentations conséquentes chez certains établissements. En 2020, les frais de tenue (hors gratuité) peuvent aller de 10,50 euros par an au minimum et de 71,80 euros au maximum. Le CCSF a d'ailleurs indiqué que ces deux extrêmes se retrouvent dans les deux filiales d'un même groupe bancaire.

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