Benalla : la belle affaire ?

Benalla : la belle affaire ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 21 février 2019 à 13h08

François Bayrou veut sortir de l'affaire "par le haut" afin d'en tirer toutes les conséquences qui s'imposent pour mieux protéger les institutions...

Le rapport d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla qui dénonce les problèmes d'organisation au sein même de l'Elysée a fait vivement réagir le pouvoir en place ces dernières heures... François Bayrou, principal allié d'Emmanuel Macron, estime quant à lui qu'il convient de s'appuyer sur ce document pour sortir de l'affaire "par le haut" et d'en tirer toutes les conséquences qui s'imposent pour mieux protéger les institutions.

"C'est une affaire qui révèle un certain nombre de fragilités dans l'organisation de l'Etat à la française", a estimé l'ex-ministre de la Justice sur BFM TV, en soulignant que ces déficiences ne dataient pas du quinquennat d'Emmanuel Macron...

Après 6 mois de travaux, la commission des Lois du Sénat a rendu mercredi soir un rapport à charge sur Alexandre Benalla et l'exécutif en place, lequel a répliqué en dénonçant de nombreuses "contre-vérités"...

"Toute puissance"

Selon François Bayrou, il faut au contraire se servir du rapport pour plancher sur ce qui doit être corrigé "dans la manière dont sont organisées les institutions et leurs pratiques". Pour le président du MoDem, l'affaire Alexandre Benalla tire son origine du sentiment de "toute-puissance" de l'Elysée, qui serait "monté à la tête" de cet ex-chargé de mission recruté sous l'ère François Hollande.

"C'est la raison pour laquelle il faut un équilibre des pouvoirs dans notre pays", a poursuivi François Bayrou qui a parallèlement rejeté la thèse de l'affaire d'Etat... "Le Sénat ne doit pas s'arroger ou revendiquer le droit de mettre en cause l'organisation de l'Elysée", a-t-il par ailleurs mis en garde , qui a également raillé la "délectation" avec laquelle les sénateurs auraient pointé du doigt les dysfonctionnements de l'Elysée.

Intrusion ?

Loin des affaires des "Ecoutes de l'Elysée" ou du "Rainbow Warrior" qui avaient marqué l'époque Mitterrand, ou de l'affaire Cahuzac sous Hollande, qualifiées de "vraies affaires d'Etat", d'autres observateurs soulignent que la "partie russe" du dossier Benalla qui n'a pas encore été démêlée pourrait aller dans le sens d'une tentative d'intrusion de Moscou dans les affaires françaises via le "maillon faible" qu'a pu constituer Alexandre Benalla dans l'entourage d'Emmanuel Macron...

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