Bercy enquête sur les prix chez Leclerc

Bercy enquête sur les prix chez Leclerc©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 31 janvier 2018 à 15h15

Les distributeurs sont décidément dans le collimateur du gouvernement, alors qu'est présenté ce mercredi le projet de loi Alimentation, qui prévoit notamment de limiter les remises promotionnelles et de relever le seuil de revente à perte. Bercy a indiqué hier se pencher sur la promotion lancée par Intermarché sur ses potes de Nutella, vendus avec un rabais de 70% la semaine dernière dans plusieurs magasins. D'après les informations de RMC, le groupe Leclerc est également visé.

Selon un document de la répression des fraudes datant du 21 novembre 2017, le groupe de Michel-Edouard Leclerc fait l'objet d'une enquête sur ses pratiques particulièrement agressives en matière de prix, malgré la signature de la charte des Etats généraux de l'alimentation, signée en amont de la loi. Le distributeur serait de plus en plus gourmand : il demanderait des baisses de prix de plus de 5% à ses fournisseurs, soit beaucoup plus qu'il y a un an, où ces replis se limitaient à 1 voire 2%.

Les négociations hors des frontières

L'autre problème selon les enquêteurs, c'est que Leclerc délocaliserait les négociations avec les fournisseurs, de manière à contourner la loi. "Il a créé, en 2016, avec un autre distributeur allemand, une centrale d'achat, Eurelec, située en Belgique. Celle-ci négocie déjà les contrats, les prix avec une dizaine de très gros fournisseurs dont Nestlé et Danone", explique BFM, qui a eu accès à une note de la répression des fraudes.

"Je tiens ma parole, j'en suis sûr", s'est défendu Michel-Edouard Leclerc sur BFMTV. "Nous avons demandé des baisses, mais pas sur les produits agricoles français. Nous travaillons au contraire à la hausse. Des produits comme les galettes Saint Michel ou les brioches Pasquier ont demandé des hausses tarifaires et nous avons accepté", a-t-il poursuivi.

Vente à domicile

Le numéro un de la distribution alimentaire en France, proposera dans les prochains mois un service de vente à domicile à Paris. "Nous allons, avant la fin de ce printemps, lancer la vente à domicile à Paris", a-t-il dit sur BFMTV. "Ça va s'appeler 'Leclerc chez moi', ça va être notre enseigne de proximité pour les Parisiens qui vont découvrir des prix 15% à 20% moins chers, livrés à domicile, des produits alimentaires, des produits frais et aussi des drives piétons."

Le groupe, qui prévoit également de créer 2.500 emplois en 2018, commencera par une période de test sur certains quartiers parisiens puis déploiera son service sur l'ensemble de la capitale au cours des trois ans à venir, a ajouté Michel-Edouard Leclerc.

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