Billets: la Banque de France lance une nouvelle restructuration de son réseau de caisses

Billets: la Banque de France lance une nouvelle restructuration de son réseau de caisses
La Banque de France a lancé un nouveau plan de restructuration de son réseau fiduciaire, qui va passer par la fermeture de 14 caisses de tri des billets

AFP, publié le mercredi 20 janvier 2021 à 18h46

La Banque de France a lancé mercredi un nouveau plan de restructuration de son réseau fiduciaire, qui va passer par la fermeture de 14 caisses de tri des billets, a fait savoir l'institution à l'AFP.

La gouvernance de l'institution monétaire a présenté en interne ce plan mercredi matin lors d'un comité social et économique.

"Nous allons passer de 37 caisses actuellement à 23. Nous fermons donc 14 activités de caisses, l'idée étant de réaliser cette évolution d'ici fin 2022", a déclaré à l'AFP Erik Lacourrège, directeur général des services à l'économie et du réseau de la Banque de France.

Ces caisses sont chargées du tri et de la remise en circulation des billets.

"Les caisses fermées vont être remplacées par des stockages auxiliaires de billets dont la gestion va être confiée aux sociétés de transport de fonds privées", a détaillé la secrétaire générale CGT de la Banque de France, Fabienne Rouchy.

"Elles vont trier jusqu'à 60% du nombre de billets. On leur sert sur un plateau notre activité", déplore-t-elle, dénonçant un choix qui "conforte la privatisation de tout un pan" de la Banque de France. 

Cela fait en outre "courir des risques à la stabilité de la filière, les deux sociétés de transport de fonds privées (Loomis et Brinks) opérant sur le marché français étant en situation de fragilité financière", a écrit l'intersyndicale (CGT, CFE-CGC, FO, SNABF) dans un communiqué.

Les caisses concernées par une fermeture sont celles "dont l'activité est la plus faible aujourd'hui. Elles sont réparties sur tout le territoire. (...) L'idée est que nous gardions entre une et trois caisses par région, ce qui veut dire que nous supprimons une caisse, voire deux, par région. Il n'y aura pas de zones blanches", a assuré M. Lacourrège, précisant que l'organisation permettra de garantir "le maillage et l'alimentation du territoire en espèces".

Du point de vue de l'emploi, "nous allons assurer un reclassement à tous nos collègues. Tous seront gardés. On va leur proposer un repositionnement dans une autre caisse ou sur un autre métier au sein de la Banque de France. Il n'y aura pas de départ contraint. Ça concerne 134 salariés, moins de 1% de l'effectif total", a précisé M. Lacourrège.

La CGT de son côté table plutôt sur environ 200 suppressions de postes. Et l'intersyndicale alerte sur un projet de la direction annoncé fin décembre de "600 suppressions de postes supplémentaires dans les autres secteurs d'activité, à l'horizon 2024".

"Le réseau des caisses de la Banque de France sera ainsi passé de 210 implantations à 23 en 40 ans", dénonce l'intersyndicale.

Depuis plusieurs années, la Banque de France constate d'un côté une demande croissante et régulière d'espèces de la part du public, mais de l'autre une diminution de leur usage pour le paiement du quotidien. 

Ce qui veut dire que de plus en plus de pièces et de billets servent à garnir matelas et bas de laine.

"Sur la décennie 2010-2020, on a constaté une division par deux des billets qui reviennent à nos caisses. Ça entraîne un problème logistique. La configuration de nos caisses était basée sur un volume qui est aujourd'hui divisé par deux. Nous sommes donc en surcapacité du fait de ce mouvement", a expliqué M. Lacourrège.

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