Blanchiment d'argent : la Banque Postale durcit ses modalités de versements de liquidités

Blanchiment d'argent : la Banque Postale durcit ses modalités de versements de liquidités
Banque postale guichet

Boursier.com, publié le mardi 25 février 2020 à 11h26

En décembre 2018, la filiale de La Poste s'est vue infliger une amende record de 50 millions d'euros, pour des manquements dans son dispositif de lutte contre le financement du terrorisme.

La Banque Postale semble avoir retenu la leçon... Après avoir été sanctionnée fin 2018 pour des manquements à son dispositif de lutte contre le financement du terrorisme, la filiale du groupe La Poste a décidé d'encadrer plus strictement les dépôts de liquidités de ses 10,3 millions de clients.

Ainsi, depuis lundi, tout versement en liquide inférieur ou égal à 1.500 euros cumulés sur 30 jours doit faire l'objet d'une "déclaration de l'origine des fonds" en plus de la pièce d'identité jusqu'à présent nécessaire, comme le révèle ' Le Parisien'. Pour ceux compris entre 1.501 et 10.000 euros, le client devra fournir un justificatif de l'origine des fonds, comme une "facture, lettre notariée dans le cas d'une succession... ", précise la banque.

Les versements cash entre 1.501 euros et 10.000 euros sur 30 jours glissants doivent, de leur côté, être obligatoirement accompagnés d'un "justificatif de l'origine des fonds", un "document probant" comme une "facture, lettre notariée dans le cas d'une succession... ". Enfin, les versements supérieurs à 10.000 euros sur un mois ne sont tout simplement plus autorisés.

"Mieux maîtriser les risques de fraude"

"Ces nouveaux seuils nous permettent de mieux maîtriser les risques de fraude et de renforcer notre lutte", estime la banque française, qui précise que les clients seront bientôt informés de ces prochaines règles. A noter également que ces mesures ne concernent que les versements aux guichets de la Banque Postale, qui en dénombre 17.000. Pour les contrôles des dépôts d'argent via les automates, ils "se feront a posteriori en fonction du comportement habituel du client".

Ces mesures interviennent alors que la réglementation concernant la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme a été renforcée par une ordonnance publiée le 12 février dernier au Journal officiel. A cet effet, "les obligations de vigilance à l'égard de la clientèle" doivent être renforcées par "les entités assujetties à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme".

Amende record de 50 millions d'euros

Ces nouvelles règles sont également une manière pour la Banque Postale de prouver qu'elle est bien déterminée à s'engager dans la lutte contre la blanchiment d'argent, alors qu'en décembre 2018, la banque s'est vue infliger une amende record de 50 millions d'euros, pour des manquements dans son dispositif de lutte contre le financement du terrorisme. Elle n'avait pas suffisamment contrôlé les opérations de transferts d'espèces grâce à des "mandats cash". A noter qu'il s'agit de la plus lourde sanction pécuniaire décidée à l'encontre d'une banque par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). L'appel de la banque auprès du Conseil d'Etat avait, par la suite, été rejeté.

En juin dernier, alors que des affaires de blanchiment d'argent avaient éclaboussé de nombreuses banques européennes, le président de l'ACPR, François Villeroy de Galhau, avait relevé des "carences significatives" de la part des établissements financiers, évoquant même un "risque mortel" pour le secteur. Selon un rapport annuel de l'institution, le montant cumulé des sanctions infligées aux banques a frôlé les 70 millions d'euros en 2018.

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